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Les chiffres qui en cachent d’autres


Les sacs en plastique sont toujours parmi nous. La polémique aussi



Qu’en est-il de la loi 77-15 interdisant la fabrication, l’importation, l’exportation, la commercialisation et l’utilisation des sacs en plastique, entrée en vigueur il y a plus d’un an ? 11.142 PV ont été dressés et  1.800 poursuites ont été engagées donnant lieu à 562 jugements qui ont drainé 4,5 millions de DH dans les caisses de l’Etat et engendré la saisie de 456 tonnes de sachets interdits et 53 tonnes de caisses de contrebande confisquées  au niveau des postes frontières et des axes routiers.
Un communiqué du ministère de l'Industrie, du Commerce, de l'Investissement et de l'Economie numérique a indiqué dans ce sens que 57 entreprises ont aujourd’hui une capacité de production annuelle de 8 milliards de sacs en papier, 100 millions de sacs tissés et 1,8 million de sacs non tissés et que le Fonds de re-transformation a permis l’accompagnement de 24 projets d’investissement présentés par les entreprises concernées par la loi 77-15. Ces entreprises ont créé 640 postes d’emploi en précisant que ce soutien financier s’est élevé à 64,7 millions de DH. Un bilan en nette progression par rapport à celui dévoilé en janvier dernier qui a indiqué que 15.000 opérations de contrôle ont été réalisées et ont conduit à la saisie de 135,5 tonnes de sacs tout en précisant que les 20 procès-verbaux dressés ont généré 2,7 millions de DH. Le ministère de l'Industrie a également fait savoir que sur les 72 demandes d'éligibilité aux 200 millions de DH pour l'accompagnement des opérateurs, 16 dossiers ont été retenus et que 45% du chiffre d'affaires projeté dans ce cadre portent sur l'activité plastique, ce qui permettra la création de 509 nouveaux postes d’emploi d'ici 2021.
Des résultats que certains professionnels du secteur remettent en cause. « Il est vrai que ce sont des chiffres officiels mais certains d’entre eux sont absurdes. Tel est le cas pour celui afférent aux unités de  production. A ma connaissance, il y a eu création de 9 entreprises de production des sacs  non tissés seulement et ces dernières n’emploient que  20 personnes  par unité, soit 180 employés au  total. Ceci d’autant plus qu’il n’y a pas eu création jusqu’ici d’unités de production de sachets tissés », nous a confié une source sous le sceau de l’anonymat. Et de poursuivre : « La réalité, c’est qu’il y a eu 6.000 à 7.000 pertes d’emploi ». 
Concernant le volet accompagnement des opérateurs et mise en place d’un fonds d’accompagnement de 200 millions de dirhams pour aider les fabricants à se reconvertir dans d’autres types de sacs plus écologiques, notre source nous a indiqué qu’aucune personne n’a touché ne serait-ce qu’un seul centime et que le nombre des chefs d’entreprise qui ont demandé l’accompagnement a été minime vu que la majorité des unités de production n’ont pas les moyens requis pour investir. « Beaucoup d’opérateurs sont aujourd’hui au chômage et nombreux sont les salariés qui ont changé de métier. Les discours et les promesses de soutien financier et d’accompagnement se sont volatilisés. Personne n’a touché le sou et il n’y a même pas de service spécialement dédié à l’accompagnement dont il a été fait mention», nous a déclaré notre source. 
Les doutes des professionnels concernent également les quantités des sacs en plastique saisis. « On se demande  si le chiffre de 11.142 PV dressés est vrai ou non puisqu’avant l’interdiction des sachets en plastique, il y avait seulement 250 unités de production et, du coup, les PV en question ont-ils été dressés contre des entreprises ou des personnes ? », s’est interrogée notre source. En fait, la loi a édicté que seuls les fabricants devront payer une amende de 200.000 à 1 million de dirhams s’ils contreviennent à la loi. Idem pour les distributeurs qui risquent de débourser entre 10.000 et 500.000 dirhams. Ne sont épargnés par les autorités compétentes que les sacs isothermes ou de congélation, les sacs destinés au secteur agricole et industriel ou encore à la collecte des déchets ménagers, qui doivent cependant obéir à des mesures de conformité devant être précisées ultérieurement par voie réglementaire.  
 

Hassan Bentaleb
Lundi 17 Juillet 2017

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