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Les chefs des institutions créancières arrivent en Grèce, dans un climat politique tendu




Les responsables des institutions créancières de la Grèce étaient attendus à Athènes mercredi pour discuter du troisième plan d'aide au pays, dans un climat politique tendu par le désaccord de l'aile gauche de Syriza avec les conditions de ce renflouement.
Les discussions, sur la mise en place de la nouvelle aide, estimée à 82 à 86 milliards d'euros lors de la signature de l'accord consécutif au sommet de Bruxelles du 12 juillet, ont débuté au niveau technique depuis le début de semaine, sans difficulté manifeste.
Le travail de ces équipes techniques devrait s'achever d'ici à vendredi soir, estime Athènes.
Mercredi étaient attendus les responsables de la mission de négociation, qui n'ont plus mis les pieds en Grèce depuis l'année dernière, sous l'ancien gouvernement de coalition droite-socialistes d'Antonis Samaras.
Declan Costello continuera à représenter la Commission européenne, en revanche les autres sont des nouveaux venus, Rasmus Rüffer pour la Banque centrale européenne (BCE), Delia Velculescu pour le Fonds monétaire international (FMI) et Nicola Giammarioli pour le Mécanisme européen de stabilité (MES), nouvelle entité à la table des négociations.
Selon le quotidien Kathimerini, les créanciers pensent que le PIB grec va reculer de 2 à 3% cette année, contre une prévision de croissance de 0,5%, et que les finances publiques connaîtront un déficit primaire (hors charge de la dette) de 1% contre une prévision d'excédent de 1%. Le tout constituant une perte de 3,6 milliards d'euros par rapport aux prévisions.
Ce retournement de conjoncture est dû principalement aux atermoiements entre la Grèce et ses créanciers, qui font tourner le pays au ralenti depuis que Syriza est arrivé au pouvoir en janvier, et au contrôle des capitaux qui s'est abattu sur le pays le 29 juin, une décision qu'a dû prendre le gouvernement d'Alexis Tsipras pour éviter l'effondrement des banques.
Ce contrôle s'est très modérément assoupli depuis, mais reste bel et bien en vigueur, limitant notamment les retraits bancaires à 420 euros par semaine.
La bourse d'Athènes est fermée depuis la même date. On a appris mardi que la BCE avait autorisé sa réouverture, mais il n'y a toujours pas de décret gouvernemental pour en préciser les modalités ni la date. 
Malgré l'ambiance moins tendue qu'auparavant entre Athènes et ses créanciers, un point contentieux pourrait surgir. Il semble que certains créanciers, notamment le FMI, souhaiteraient qu'Athènes fasse adopter par le Parlement un nouveau train de réformes, après celles déjà votées les 15 et 22 juillet.  Le Premier ministre Alexis Tsipras pourrait éclaircir certains de ces points lors d'une interview attendue à la mi-journée sur la radio "Kokkino" (Rouge).

Libé
Jeudi 30 Juillet 2015

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