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Les chambres magmatiques plus promptes à se réveiller que prévu




Un modèle théorique développé par un chercheur de l’Institut des Sciences de la Terre d’Orléans et un chercheur américain, dévoilé dans la revue Nature mercredi, révèle que le “réveil” d’une chambre magmatique pourrait s’opérer en quelques mois seulement.
Une fois refroidie, on pensait que la chambre magmatique d’un volcan restait des siècles en sommeil avant de pouvoir être ranimée par de la lave fraîche. Les volcanologues imaginaient que lorsque le volcan n’était pas en éruption, cette chambre magmatique se refroidissait en une pâte très visqueuse, jusqu’à ce qu’une nouvelle lave montant des entrailles de la Terre la réveille. La taille importante d’une chambre magmatique (de quelques dixièmes à plusieurs centaines de kilomètres cubes) expliquait pourquoi il fallait plusieurs centaines voire milliers d’années pour que la chaleur se transmette à l’intégralité du réservoir, sortant ainsi le volcan de sa léthargie.
Cette hypothèse est aujourd’hui remise en cause par les travaux d’Alain Burgisser (CNRS/Universités d’Orléans et de Tours) et de son collaborateur américain. Selon leur modèle mathématique, le réchauffement se déroulerait en trois étapes. En remontant des profondeurs jusque sous la chambre magmatique, la lave fraîche et chaude ferait fondre la lave visqueuse qui constitue les racines du réservoir ; elle deviendrait ainsi légère et remonterait à travers la chambre forçant le reste de la pâte visqueuse à se mélanger. Ce processus de mélange permettrait alors à la chaleur de se diffuser cent fois plus vite dans la chambre que les volcanologues ne le prévoyaient. Quelques mois peuvent alors suffire à réveiller la chambre magmatique d’un volcan.
Le CNRS explique que ce modèle a été vérifié lors de l’éruption du Pinatubo aux Philippines en mars 1991 et celle, en cours, du volcan de Monserrat dans les Caraïbes. Dans les deux cas, des secousses sismiques précédant l’éruption avaient indiqué l’arrivée de lave chaude sous le réservoir refroidi. En prenant en compte divers paramètres physiques (température des laves, taille du réservoir...), les scientifiques sont parvenus à reproduire approximativement les durées entre ces signaux d’alarme et les éruptions. Ainsi, pour le Pinatubo, le modèle mathématique avait prédit que 20 à 80 jours suffisaient pour réveiller la chambre magmatique, alors que la théorie classique envisageait, elle, 500 ans. Dans les faits, deux mois avaient séparé les secousses de l’éruption du volcan.
Ce nouveau modèle pourrait alors être d’une grande aide pour les scientifiques. Il sera peut-être possible un jour, grâce à lui, d’estimer combien de temps après avoir frissonné, un volcan va exploser.

Maxisciences
Lundi 7 Mars 2011

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