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Les blouses blanches broient du noir


Le SNMSL s’insurge contre le ministère de tutelle et le lobbying



La santé ici-bled, et plus précisément à Dar El Beïda, semble bien peu se porter au regard du mécontentement de sa raison d’être, le corps médical. Selon son syndicat, le SNMSL (Syndicat national des médecins du secteur libéral) du Grand Casablanca, inquiet voire furieux quant à une autorisation délivrée par le ministère de la Santé permettant aux médecins étrangers d’exercer au Maroc, tout porte à croire que l’on se dirige vers un bras de fer et très certainement une crise ouverte dans le secteur. 
Les médecins qui n’ont aucun grief envers les décrets régissant ladite autorisation, s’insurgent, cependant, pour pointer du doigt d’autres composantes, nouvellement arrivées sur la scène médicale, les investisseurs et autres lobbys qui, d’une influence autre, peuvent exploiter la loi à d’autres fins.
En effet, les blouses blanches craignent que, pour une raison ou pour une autre, ces derniers aient recours aux étrangers en cas de différends mais aussi au cas où un médecin national déciderait de ne pas s’engager avec l’investisseur. 
Pour attirer l’attention sur cette situation, le SNMLS a convoqué une assemblée générale samedi après-midi au complexe sis au Bd Anoual pour en tracer horizons et objectifs, selon le communiqué parvenu à Libé. Le syndicat dénonce par ailleurs et toujours selon l’avis public, l’objectif que cherche le lobbying, à savoir le profit, et ce à travers ‘’ l'augmentation des tarifs et la réduction des frais de soins même si c'est aux dépens des médecins marocains et abstraction faite de la compétence’’. 
Le syndicat, tout en tirant la sonnette d’alarme quant à la libéralisation aveugle du secteur, met aussi en avant la dangerosité de l’application de la loi en soulignant  que ‘’ les récents décrets 2/15/447 constituent un danger pour la santé des citoyens.  La porte n’en sera que plus grande ouverte aux médecins étrangers afin d'exercer au Maroc, et ce sans équivalence de diplôme ou sans même une  formation pour  réadaptation afin assurer la sécurité des patients’’ .
Tout en déplorant l’état des lieux de l’infrastructure hospitalière dans le Royaume, il ajoute que ‘’les souffrances des citoyens lors d'une demande de soins sont la plus grande preuve de l'échec du ministère de la Santé dans la gestion de ce secteur’’. En outre, poursuit-il, ‘’le ministère de la Santé sous couverture du partenariat public-privé qui est mal interprété, a délégué la plupart des services publics à des prestataires privés, y compris le ramassage ambulancier. Une telle ingérence va entraîner le secteur privé  vers le même sort que connaît le secteur public ».
« L'absence de politique de santé et de stratégie réfléchie afin de préserver la santé des citoyens va inévitablement conduire à l'effondrement du reste du système de santé comme en témoigne la triste réalité’’, conclut-il.
 

Mohamed Jaouad Kanabi
Vendredi 15 Avril 2016

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