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Les associations amazighes critiquent le chauvinisme de Benkirane en matière d’enseignement

Pour le bureau exécutif de la FNAA, l’Exécutif louvoie en matière d’opérationnalisation des dispositions constitutionnelles




La politique d’arabisation et de la langue ou des langues d’enseignement dans les écoles marocaines fait toujours débat et fait couler beaucoup d’encre surtout depuis le geste théâtral du chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, sous la Coupole au début du mois courant. Face aux élus de la Nation, il a  critiqué le projet de son ministre de l’Education nationale, Rachid Belmokhtar, visant à soi-disant «franciser» l’enseignement des matières scientifiques dans les lycées.
Le bureau exécutif de la Fédération nationale des associations amazighes au Maroc (FNAA) a qualifié l’ordre donné par Benkirane à son ministre de revenir sur son projet de «décision autoritaire», affirmant que le chef du gouvernement «s’obstine à poursuivre la politique chauviniste d’arabisation sous prétexte que c’est le Roi du Maroc qui l’a nommé à son poste», selon un communiqué de presse de la Fédération.
«La décision d’arabiser le système éducatif, précise la même source, n’a été pratiquement appliquée qu’aux classes populaires qui n’avaient pas les moyens pour financer les études de leurs enfants, contrairement à la classe aisée dont la descendance fréquente les bancs huppés des missions américaine, française ou anglaise ou les écoles marocaines privées qui bénéficient d’autorisations gouvernementales les exonérant d’arabiser » leurs cursus.
Mais ce qui a irrité le plus les associations amazighes, c’est l’empressement dont Benkirane a fait montre pour casser une décision d’un membre de son gouvernement, alors que l’Exécutif louvoie depuis près de cinq ans pour opérationnaliser les dispositions constitutionnelles concernant l’amazigh qui, selon l’article 5 de la Loi suprême, «constitue une langue officielle de l’Etat, en tant que patrimoine commun à tous les Marocains sans exception ». Jusqu’à ce jour, le gouvernement n’a même pas proposé une loi organique relative au processus de mise en œuvre du caractère officiel de cette langue, ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et aux domaines prioritaires de la vie publique, et ce afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle.
Le bureau exécutif de la FNAA a critiqué également la décision du chef du gouvernement d’interdire l’enseignement de l’amazigh dans certaines délégations du MEN.
Il a, par ailleurs, exprimé son refus à la politique menée par l’Etat dans l’enseignement surtout en ce qui concerne les langues d’enseignement, estimant que la crise de ce secteur ne peut être résolue que par l’adoption de l’anglais comme langue d’enseignement des matières scientifiques à l’instar de ce qui se passe dans plusieurs pays en Europe, en Afrique du Nord ou encore au Proche-Orient.

T. Mourad
Mercredi 23 Décembre 2015

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