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Les argentiers du G7 réunis au Japon pour parler croissance et monnaies

Financement du terrorisme, évasion fiscale, ralentissement de l’économie, des sujets brûlants qui font aussi l’objet d’une attention particulière




Sujets incontournables, le ralentissement de l'économie mondiale et les monnaies seront au cœur des discussions du G7-Finances qui se réunit en fin de semaine au Japon, avec une question qui fait débat : comment soutenir la croissance?
Quand l'archipel a accueilli son dernier G7 en 2008, la planète traversait une des plus graves crises financières de l'après-guerre. Huit ans plus tard, la tempête est passée, la croissance de retour mais sans élan et exposée à de nombreuses menaces.
Depuis, le G20, auquel participent aussi les pays émergents, a pris de l'importance, devenant la principale instance de coopération économique et financière. Mais le G7 continue à tenir des débats informels, sans même plus inviter la Russie en raison de sa mainmise en 2014 sur la Crimée.
Le Japon, qui a cédé en 2010 la deuxième place économique mondiale à la Chine, a donné rendez-vous aux grands argentiers des pays industriels les plus avancés (Etats-Unis, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Canada) dans la région de Sendai (nord-est), dévastée il y a cinq ans par un terrible tsunami et encore en reconstruction.
Dans une ville connue pour ses sources d'eau chaude (onsen), Akiu, les ministres des Finances vont débattre de "la revitalisation de l'économie mondiale", selon le ministère japonais des Finances, citant l'essoufflement de la Chine, le risque d'un Brexit, l'afflux de réfugiés en Europe.
Les banquiers centraux sont aussi attendus, dont Mario Draghi (Banque centrale européenne), Janet Yellen (Réserve fédérale américaine) et Haruhiko Kuroda (Banque du Japon), ainsi que la directrice générale du FMI Christine Lagarde.
Cette réunion précède d'une semaine le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, organisé les 26 et 27 mai à Ise-Shima (centre).
"De nombreuses incertitudes économiques demeurent dans le monde. La façon de coordonner nos efforts sera au centre des débats", a expliqué mardi le ministre japonais des Finances, Taro Aso, alors que l'archipel lui-même affiche une petite forme.
L'expansion est "trop faible" et les pays du G7 ont "la responsabilité particulière de soutenir la croissance", a renchéri le Trésor américain.
La croissance est "repartie en Europe mais encore à un rythme insuffisant" et elle présente au niveau mondial "des signes contradictoires", avait de même souligné le président français François Hollande, à l'occasion d'une visite à Paris du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, début mai.
Si tous deux ont plaidé pour un certain expansionnisme budgétaire, l'Allemagne a fait entendre une voix discordante, réclamant à ses partenaires des réformes de fond. Les politiques monétaires ultra-accommodantes dans la zone euro et au Japon inquiètent également Berlin.
"La stratégie de stimulation de l'économie via le crédit atteint vite ses limites, tel un feu de paille", a averti le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, au quotidien économique japonais Nikkei. "Il est important de promouvoir des réformes structurelles et de réduire la dette publique", a-t-il insisté.
Les divergences portent également sur les changes: Berlin comme Washington ont appelé à la prudence après des déclarations de Tokyo sur une possible intervention face à la hausse du yen.
"La relative stabilité des monnaies les unes par rapport aux autres est un acquis précieux, et nous ne pouvons certainement pas résoudre les problèmes de l'économie européenne par des courses à la valeur de la monnaie la plus basse", a récemment lancé la chancelière allemande Angela Merkel.
Dans le même sens, le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew, a mis en garde le Japon qui "ne peut pas s'appuyer seulement sur un levier", le levier monétaire de nature à affaiblir le yen, "il doit les utiliser tous".
Cette semaine cependant, la pression est retombée alors que le yen se repliait face au dollar. Le G7-Finances "devrait réaffirmer l'engagement du G20 d'éviter les dévaluations compétitives", a promis le Japon.
Autres sujets brûlants, l'évasion fiscale remise sur le devant de la scène par le scandale des Panama Papers. Mi-avril, le G20-Finances réuni à Washington avait réaffirmé "l'importance prioritaire accordée à la transparence financière".
La lutte contre le financement du terrorisme, qui s'est intensifiée depuis les attentats de Paris du 13 novembre, fera aussi l'objet d'une attention particulière.

Jeudi 19 Mai 2016

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