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Les anti-ceinture de sécurité sévissent en toute impunité

Les proprios des autocars se joignent aux taxi-drivers pour que l’hécatombe des routes continue de plus belle




La ceinture de sécurité est obligatoire dans les autocars conformément à l'arrêté du ministre de l'Equipement et des Transports N°2851.10 du 25 décembre 2010 relatif à l'homologation desdites ceintures et des véhicules qui en sont équipés.
Le responsable du Centre national d'essai et d'homologation Issam Benchaaboun en a réitéré l’urgence et l’obligation dans une lettre destinée aux directeurs des réseaux des Centres de contrôle technique. «J'ai l'honneur de vous demander de contrôler l'existence, l'état, la fixation et le fonctionnement des ceintures de sécurité des véhicules lors de tout type de contrôle technique des véhicules de catégorie M (véhicules à moteur ayant au moins quatre roues et affectés au transport de personnes), de catégorie N (véhicules à moteur ayant au moins quatre roues et affectés au transport de marchandises). Aussi je tiens à vous rappeler que ces défauts liés aux ceintures de sécurité sont soumise à un contrôle complémentaire, que ces véhicules doivent être équipés en ceinture de sécurité aux places avant et arrière, et que les véhicules destinés au transport en commun de personne type autocar articulé doivent être équipés d'une ceinture de sécurité pour chaque siège », a-t-il précisé dans sa lettre circulaire.
 « A priori, le port de la ceinture de sécurité doit réduire le risque des blessés graves et des morts mais nous pensons que le ministère doit s’atteler d’urgence à des questions tout aussi prioritaires », nous a, pour sa part, affirmé le secrétaire général d’un syndicat des transporteurs sous le sceau de l’anonymat.
De fait, force est de rappeler qu’une étude du Comité national de prévoyance des accidents de la circulation (CNPAC) datant de 2009 est on ne peut plus  éloquente: la moitié des conducteurs ne portent pas de ceinture de sécurité, 21% des conducteurs de deux-roues et 76% de leurs passagers ne portent pas de casque, 85% des conducteurs grillent des stops, 79% ne respectent pas la priorité à droite et 9% ne s’arrêtent pas au feu rouge (29% pour les deux-roues).
Des chiffres qui ont d’ailleurs été raillés par la presse tant ils paraissent en-deçà de la réalité.  
En dix ans, le bilan des accidents s’est, en effet, alourdi de 53% malgré le fait que les autorités publiques aient resserré les règles de conduite, normalisé le contrôle technique ou mis en place des campagnes de sensibilisation…
En plus clair, nos routes sont toujours aussi meurtrières de l’avis même du Comité national de prévention des accidents de la circulation.
Ses statistiques de l’année 2016 comparées à celles de l’année 2015  ont attesté du fait que le nombre d’accidents de la circulation s’est établi à  81.827, soit  +3,76%, qu’il y a eu  3.163 accidents mortels, soit -0,13%; 78.664   accidents non mortels, soit +3,92%; 3.593 tués, soit : +0,79% ; 8.950 blessés graves  soit -10,11% et 109.304 blessés légers, soit  +5,48%.
Le renforcement de la sécurité et de la prévention routière par des spots télévisés de sensibilisation et l’installation de dizaines de radars sur les routes n’auront donc pas suffi à mettre fin à l’hécatombe.
Les chauffeurs sont les premiers à être mis à l’index pour la justifier. Ce qui n’est, en fait, qu’une partie d’une vérité que les autorités publiques ne semblent pas vouloir révéler dans toute sa laideur parce qu’elle aurait éclairé de son vrai jour une politique volontariste de laisser-faire pour que l’économie de la rente puisse continuer à prospérer comme si de rien n’était.
En effet, comment peut-on expliquer autrement le fait que l’on fasse légalement obligation aux propriétaires des autocars de transport de doter leurs véhicules de ceintures de sécurité et aux Centres de contrôle technique d’y veiller scrupuleusement tout en tolérant que ni les uns ni les autres ne s’y conforment ?
L’absence de ceinture de sécurité dans les autocars est certes considérée comme une contravention de première classe passible d’une amende entre 700 et 1.400 dirhams, mais entre l’existence d’une telle disposition et sa stricte application, il y a les mondes interlopes de l’économie de la corruption et de l’économie de la rente dont personne ne semble vouloir égratigner les privilèges. En attendant qu’il en soit fait ainsi, nos routes continueront à être létales et notre PIB à perdre 2,5%  de son montant.

 * (Stagiaire)

Zakaria Aajal *
Mercredi 29 Mars 2017

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