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Les ancêtres des peuples d’Europe et d’Asie parlaient la même langue




Les ancêtres des peuples d’Europe et d’Asie parlaient la même langue
Bien avant la naissance du mythe biblique de la Tour de Babel dans lequel Dieu condamne les peuples de la terre à ne plus se comprendre et à parler des langues différentes, il y a 15 000 ans, les ancêtres de la plupart des peuples européens et asiatiques parlaient bien la même langue.
C’est ce que montre une étude scientifique publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences qui bouleverse nos connaissances de la linguistique et de la préhistoire. «Nous pouvons retrouver des échos d’une langue existant il y à 15.000 ans, ce qui correspond à la fin du dernier âge glaciaire» explique Mark Pagel, biologiste spécialiste de l’évolution de l’Université de Reading au Royaume-Uni qui est l’un des auteurs de l’étude publiée par la revue de la National Academy of Sciences américaine. Selon cette étude, des mots phonétiquement proches de l’anglais mother (mère), father (père) et man (homme) étaient prononcés par des populations se trouvant il y a 15.000 ans dans le Caucase.
Jusqu’à la publication de cette étude, d’autres chercheurs avaient réussi à trouver en Anatolie une langue qui remontait entre 8000 et 9500 ans et semblait être l’origine de la plupart des langues indo-européennes modernes.
Pour Mark Pagel, l’évolution des langages s’apparente à celle de l’évolution biologique avec un certain nombre de constantes. Ainsi, les mots les plus utilisés évoluent bien plus lentement que les autres, ce qui signifie qu’on peut trouver des racines communes et les dater. Par exemple, le français et l’anglais ont 50% de leurs mots qui dérivent d’un ancêtre commun (comme mère et mother), mais l’anglais et l’allemand ont 70% de leurs mots qui ont un ancêtre commun, ce qui montre que si ces trois langues sont liées, l’anglais et l’allemand ont un ancêtre commun plus récent.
Les chercheurs ont identifié les mots les plus importants, qui définissent les relations sociales, ceux qui changent le plus lentement dans les langages modernes et les liens entre les différentes langues actuelles. Ils ont ainsi pu remonter dans le temps et reconstituer des mots très anciens, des mots fossiles, en s’appuyant sur la fréquence de changements de certains sons entre différentes langues. Ainsi, le pater (père) en latin est clairement apparenté au father en anglais.
L’ancêtre de pater est selon cette théorie, l’un des 23 mots issus de cette fameuse langue ancestrale d’il y a 15.000 ans. On peut y ajouter I (je), fire (feu), hand (main), to hear (entendre)… Mais il est difficile avec cette technique de remonter au-delà de 15.000 ans. «Même ces mots qui évoluent très lentement ne permettent pas de remonter plus loin» explique Mark Pagel.
Cette étude ouvre en tout cas de nouvelles possibilités de compréhension et de connaissance de la préhistoire. En utilisant la linguistique aux côtés de l’archéologie et de l’anthropologie, on pourra par exemple mieux comprendre les mouvements de population.

Slate.fr
Mardi 14 Mai 2013

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