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Les abolitionnistes marocains interpellent Benkirane

“Le gouvernement doit avoir le courage politique de supprimer la peine de mort”




Les abolitionnistes marocains interpellent Benkirane
Le combat pour l’abolition de la peine de mort pèse de plus en plus lourd au Maroc. Après la Coalition marocaine contre la peine de mort, le Réseau des parlementaires contre la peine de mort au Maroc,  celui des avocats contre la peine de mort est venu s’adjoindre à la liste des abolitionnistes. Aux 220 députés et conseillers se sont ajoutés les hommes et les femmes à la robe noire dont le réseau compte déjà des sections à travers six barreaux du Maroc. Les trois partenaires, résolument impliqués dans le droit à la vie, font désormais front commun pour que la peine capitale soit abolie en terre marocaine. C’est ensemble donc que la Coalition marocaine contre la peine de mort, le Réseau des parlementaires contre la peine de mort et le Réseau des avocats contre la peine de mort ont tenu, mercredi 8 octobre à Rabat, une conférence de presse pour annoncer leur plan d’action alors qu’approche l’échéance d’un nouveau vote sur le moratoire relatif aux exécutions devant l’Assemblée générale des Nations unies.
Au Maroc comme dans le reste du monde, les activistes ont choisi de se faire rappeler au bon souvenir des décideurs en rencontrant la presse à la veille de la Journée mondiale contre la peine de mort, célébrée tous les 10 octobre. 
Cette année, la Coalition marocaine a placé sa mobilisation sous le thème de : « Protégez ceux qui souffrent de troubles mentaux, ne les exécutez pas ».
«Pour nous, il est important   d’attirer l’attention sur la gravité de la situation inhumaine, de personnes souffrant de maladies ou de troubles mentaux  et qui risquent  une condamnation à mort ou une exécution », explique le bâtonnier Abderrahim Jamaï, coordonnateur de la Coalition marocaine contre la peine de mort. Mais pas seulement. Les abolitionnistes marocains n’ont de cesse à tirer la sonnette d’alarme devant les conditions de détention de ceux et celles condamnés à mort au Maroc. Dans les couloirs de la mort des prisons marocaines –essentiellement à Kénitra-, font valoir les activistes de la coalition marocaine, « les condamnés à mort vivent dans des conditions inquiétantes et souffrent de graves troubles mentaux et psychiques ». D’ailleurs les trois partenaires – coalition marocaine, Réseau des parlementaires et Réseau des avocats- comptent présenter plus longuement et plus en détail la question de la santé mentale et la peine de mort au cours d’une journée d’études qui sera organisée ce 17 octobre.
 
Du lobbying au Parlement 
et à l’ONU
En attendant, les abolitionnistes marocains vont de nouveau interpeller le chef du gouvernement à travers un mémorandum qu’ils vont lui adresser vendredi 10 octobre. « Il faut que cet Exécutif assume ses responsabilités et fasse montre d’une volonté politique forte pour se mettre en conformité avec la nouvelle dynamique enclenchée par l’article 20 de la Constitution qui proclame le droit à la vie.  Il faut que Benkirane et son gouvernement aient ce courage !» s’exclame Me Jamaï. Et de poursuivre : «Nous rappelons au chef du gouvernement qu’au Maroc, la loi pénale ne procède pas de la Charia’a mais du droit positif. Des pays  musulmans comme la Turquie qui elle aussi est dirigée par les islamistes du PJD ou encore la Somalie ont bel et bien aboli la peine de mort.  Aujourd’hui, environ 160 Etats sur les 193 Etats membres de l'ONU, ont soit aboli, soit décrété un moratoire sur la peine de mort, en adoptant une  législation dans ce sens ou en instaurant un moratoire de fait », rappelle le coordonnateur de la Coalition marocaine contre la peine de mort.
Les abolitionnistes marocains ne vont pas s’arrêter au mémorandum adressé au chef du gouvernement. Des actions de lobbying vont être menées par la Coalition, le Réseau des parlementaires ainsi que celui des avocats contre la peine de mort. Dans la perspective de la présentation devant le Parlement du projet de Code pénale, les activistes ont bien l’intention de se mobiliser et faire du lobbying auprès des groupes parlementaires. « Il y a quelques semaines, ne l’oublions pas,  le Code de justice militaire a été adopté de manière consensuelle par le Parlement alors qu’il maintient la peine de mort dans six cas », précise ce fervent défenseur de la suppression de la peine capitale.
Et en décembre prochain, ceux et celles de la Coalition marocaine ainsi que des deux réseaux contre la peine de mort vont faire le voyage à New York pour faire du lobbying –encore et toujours- au moment du vote concernant les résolutions relatives au moratoire sur les exécutions qu’abritera l’Assemblée générale des Nations unies. « Le Maroc s’est abstenu de voter  lors des 62ème, 63ème, 65ème  et 67ème sessions de l’AG de l’ONU. Nous avons toutes les raisons de nous en inquiéter. Le Maroc n’a pas appliqué la peine de mort depuis plus de 21 ans, ce qui montre qu’il est capable de l’abolir, s’il y a une volonté politique. Son soutien à la résolution onusienne sera considéré comme une déclaration officielle et universelle de ne pas rompre le moratoire en vigueur depuis 1993 », conclut A. Jamaï.


Narjis Rerhaye
Jeudi 9 Octobre 2014

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