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Les Marocaines plus aptes à prendre l’ascenseur social que les Marocains

Selon le HCP, le taux de mobilité est de 78,6% pour les femmes et de 63% pour les hommes




Les Marocaines plus aptes à prendre l’ascenseur social que les Marocains

En 2011, une personne âgée de 35 et plus sur trois (32%) a une position sociale identique à celle de son père, ou bien deux quadras sur trois ne sont pas dans le même groupe social que leurs parents, soit un taux de mobilité sociale de 68%. Ce constat a été dressé par la première enquête sur «la mobilité sociale intergénérationnelle» réalisée par le Haut-commissariat au plan (HCP) et dont les résultats ont été présentés mercredi à Rabat.
Cette étude, qui résume en quelque sorte les différents changements de statut des Marocains depuis l’aube de l’indépendance ainsi que les différences entre le statut social des parents et celui de leurs enfants, conclut que la mobilité sociale au Maroc est plutôt féminine et urbaine.
En effet, le taux de mobilité  parmi les femmes est de 78,6% contre 63% pour les hommes et de 75,% pour les citadins contre 59,2% pour les ruraux.
Ce qui veut dire que seule une femme sur cinq (21,4%) a la même position sociale que ses parents contre plus d’un homme sur trois (37%). Cela signifie encore que les femmes prennent l’«ascenseur social» plus que les hommes au Maroc.
S’agissant de la mobilité sociale entre les villes et les campagnes,  trois citadins sur quatre ont réussi durant les dernières décennies à améliorer leur situation sociale par rapport à leur père, au moment où moins de deux personnes sur trois issues du monde rural ont pu  améliorer leur statut social.
 Ce phénomène de «mobilité sociale intergénérationnelle», sujet de cette étude, est un concept se rapportant aux déplacements des individus ou des ménages sur l’échelle sociale, qui touche la majorité de la population marocaine (61,2%) avec des différences entre le milieu  rural et le monde urbain ainsi qu’entre hommes et femmes, il est dû essentiellement à des changements socioéconomiques à caractère structurel, nous a expliqué le Haut-commissaire au plan, Ahmed Lahlimi en marge d’une conférence-débat consacrée à la présentation des résultats de cette enquête.
Analysant les différentes évolutions et parcours des Marocains sur la pyramide sociale, afin de montrer comment se transmet le statut social entre des générations successives, cette enquête précise, selon M. Lahlimi, qu’en termes de mobilité sociale ascendante, c’est-à-dire la promotion sociale, les hommes et les citadins sont plus favorisés par rapport aux femmes et aux ruraux.
En fait, 43,7% des hommes ont connu l’ascension sociale, alors que ce taux ne dépasse guère les 39% chez les femmes, ce qui veut dire que 61% des Marocaines ont connu une mobilité sociale descendante, qui se traduit soit par un «déclassement», soit par une reproduction sociale, c’est-à-dire qu’elles ont gardé la même situation que leurs parents.
Ce phénomène d’ascension sociale qui a touché  plus de la moitié des citadins   (51,1%), n’a toutefois concerné que moins de la moitié des habitants de la campagne marocaine (44%), nous a expliqué M. Lahlimi.
En ce qui concerne les facteurs d’ascension sociale, ladite enquête souligne que l’école demeure le principal moteur de promotion sociale, en précisant  qu’une année de scolarité de plus améliore les chances d’ascension sociale de 13,7% de personnes.
Le taux de mobilité ascendante passe à 84,3% parmi les diplômés des écoles et instituts supérieurs avec 86% parmi les hommes et 78,9% parmi les femmes, fait savoir l’enquête.
Outre l’école, l’étude du HCP relève deux autres facteurs d’ascension sociale, à savoir le lieu de résidence et l’expérience professionnelle. En ce qui concerne le lieu de résidence, elle montre que les habitants des villes ont plus de chances que ceux des villages. S’agissant de l’expérience professionnelle, elle indique qu’une année d’ancienneté de plus dans la vie active améliore de 12% les chances de mobilité sociale ascendante. Et de préciser que «cet effet s’annule aux alentours de l’âge de 50 ans, seuil à partir duquel l’âge commence à handicaper les chances de mobilité sociale ascendante».
En dépit  de la forte mobilité structurelle des femmes, leur faible accès à une mobilité sociale ascendante (18%) semble être surdéterminé par une discrimination de type genre, selon M. Lahlimi.
«C’est ainsi qu’avec les mêmes critères d’âge, de milieu de résidence, de niveau d’études et de statut socioprofessionnel du père, un homme a 7,1 fois de chances de plus qu’une femme d’occuper une position sociale supérieure à celle de son père», a-t-il relevé.
Certes cette étude, réalisée auprès d’un échantillon important de personnes âgées de 20 ans et plus, membres de 60.000 ménages, est louable du fait qu’elle est la première du genre au Maroc, mais elle ne doit être appréhendée que comme un premier pas au niveau des études sur la mobilité sociale.
D’autres études doivent lui succéder pour  renseigner non seulement sur la reproduction des élites, l’exclusion et les inégalités sociales mais aussi sur la redistribution des richesses et du patrimoine.

Mohammed Taleb
Vendredi 29 Novembre 2013

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