Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Les Etats-Unis se retirent d'Afghanistan avec un goût d'inachevé


Dans l'armée, ils ne sont que 23% à penser que la mission a été accomplie



Les Etats-Unis se retirent  d'Afghanistan avec un goût d'inachevé
Après 13 ans d'une guerre usante, les Etats-Unis réduisent drastiquement la voilure en Afghanistan, accablés par les doutes quant à une mission qui aura coûté la vie à des milliers de soldats et laisse un pays en proie à l'insurrection des talibans.
A l'approche de la fin de l'année et de la fin de la mission de l'Otan, c'est sans aucun triomphalisme que le gros de l'armée américaine quitte l'Afghanistan, théâtre du plus long conflit dans lequel les Etats-Unis ont jamais été engagés.
La force de l'Otan en Afghanistan (Isaf), qui a compté plus de 140.000 hommes au plus fort de sa présence, doit être remplacée en 2015 par 12.500 soldats étrangers, principalement américains, cantonnés théoriquement à un rôle d'assistance.
Depuis fin 2001 et l'invasion du pays, plus de 2.300 soldats américains y ont perdu la vie et la facture avoisine les 1.000 milliards de dollars. Publiquement, l'état-major assure haut et fort que les forces de sécurité afghanes, formées par les Etats-Unis, sont tout à fait capables de tenir bon face aux talibans. Mais en privé, certains responsables confient leur crainte de voir un effondrement semblable à celui qu'a vécu l'Irak, dont l'armée s'est avérée incapable de contenir l'avancée des jihadistes de l'organisation de l'Etat islamique. Aux Etats-Unis, la couverture médiatique du retrait des soldats est quasi inexistante, sans doute par crainte d'échauder une opinion publique très largement sceptique quant à la réussite du conflit. Dans les rangs de l'armée, ils ne sont que 23% à penser que la mission a été accomplie, selon un récent sondage.
Mais ce serait oublier qu'au début des hostilités, les Américains voyaient d'un très bon œil le déclenchement de l'offensive, destinée selon le président d'alors, George W. Bush, à "court-circuiter l'utilisation de l'Afghanistan comme base terroriste".
Car l'armée américaine a su très vite parvenir à des résultats fulgurants. Les camps d'entraînement d'Al-Qaïda ont été rayés de la carte, tandis que les combats de l'Alliance du Nord, soutenus par les bombardements américains et les forces spéciales, ont réussi à renverser le régime des talibans en un mois. La guerre semblait ainsi avoir été remportée sans trop d'efforts. Impression en trompe-l’œil, puisque les talibans se sont d'abord réfugiés dans leurs sanctuaires du Pakistan voisin, pour ensuite harceler l'armée afghane et les forces de la coalition à coups d'attentats et d'attaques-surprises.
Washington a certes parié sur la dissuasion armée pour défaire l'insurrection, mais un autre pan de sa présence, et non des moindres, a consisté à s'essayer à la construction d'un pays "démocratique et stable", en combattant une corruption endémique, en favorisant le développement économique et en défendant les droits de l'Homme.
Mais pour quels résultats? L'aide internationale a bien permis de construire des routes et des écoles, mais le flot de dollars a aussi servi à alimenter la corruption et, par des moyens détournés, à financer les insurgés.
Sur le front, Washington n'a cessé d'envoyer des renforts, "dans l'espoir vain que les choses finissent par s'améliorer", explique le général à la retraite Daniel Bolger dans son livre "Why We Lost" (Pourquoi nous avons perdu).
AFP

Lundi 29 Décembre 2014

Lu 159 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs