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Les Etats-Unis s'indignent de leur mise en cause dans la tentative de putsch en Turquie


Ankara accuse son ennemi juré, Fethullah Gülen et demande son extradition



Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a appelé son homologue turc samedi pour l'assurer du soutien des Etats-Unis après une tentative avortée de coup d'Etat, mais également pour protester contre les allégations d'un soutien américain au putsch.
Les Etats-Unis ont rapidement condamné le putsch militaire contre la Turquie, leur allié au sein de l'OTAN, et ont exprimé leur soutien au gouvernement élu du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan.
Plus tôt dans la journée, le ministre du Travail turc Suleyman Soylu avait fait allusion d’une éventuelle implication des Etats-Unis dans le putsch avorté ayant entraîné des affrontements qui ont fait au moins 265 morts.
Les relations entre les Etats-Unis et la Turquie s’en ressentent et du coup l'aviation civile américaine, la Federal Aviation Administration (FAA) a interdit à toutes les compagnies aériennes d'effectuer des liaisons entre les deux pays, et de proposer des vols à destination des aéroports turcs. 
Par ailleurs le département d'Etat américain a mis en garde 24 heures après la tentative manquée de coup d'Etat militaire ses concitoyens contre tout déplacement en Turquie, évoquant des "risques accrus émanant de groupes terroristes à travers la Turquie".
Le gouvernement d'Erdogan a demandé l'extradition de l'opposant Fethullah Gülen, en exil aux Etats-Unis. Kerry a déclaré que les Etats-Unis examineraient la demande d'extradition si la Turquie fournit des preuves contre Gülen. 
Fethullah Gülen a beau vivre en reclus dans une petite ville des Etats-Unis depuis des années, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, voit dans son ennemi juré le vrai responsable de la tentative de putsch qui a secoué la Turquie dans la nuit de vendredi à samedi.
A peine arrivé à l'aéroport d'Istanbul, le président turc avait accusé l'imam et son mouvement d'être à l'origine du coup manqué qui a tenté de le déposer, ce que l'intéressé nie.
Agé de 75 ans, le prédicateur musulman vit en reclus dans les Poconos, une région montagneuse et boisée de Pennsylvanie au nord-est des Etats-Unis, depuis 1999.
Mais c'est un homme à la tête d'un mouvement puissant en Turquie, qui compte un gigantesque réseau d'écoles (en Turquie mais aussi partout dans le monde), d'ONG et d'entreprises sous le nom d'Hizmet (Service, en turc) et il est très influent dans les médias, la police et la magistrature.
Un point commun avec les mormons, et celui qui fait la puissance financière d'Hizmet, c'est que tous ses sympathisants sont tenus de donner du temps ou de l'argent à l'organisation: des étudiants aux mères de familles, et en passant par les riches hommes d'affaires.
Alors qu’Erdogan reprenait la main samedi matin, M. Gülen a condamné "dans les termes les plus forts" la tentative de putsch.
Mais le président Erdogan avait déjà affirmé que le coup d'Etat était un "soulèvement dans lequel l'Etat parallèle a également une part". Une expression qui fait directement référence au prédicateur.
Les deux hommes ont pourtant été alliés, lorsqu’Erdogan a profité du réseau de Gülen pour asseoir son pouvoir. Mais Gülen est devenu l'"ennemi public numéro un" de l'homme fort de la Turquie après un scandale de corruption de la fin 2013, qui a touché le cercle intime du président. Erdogan accuse depuis l'imam d'avoir mis en place un "Etat parallèle" destiné à le renverser, ce que les "gülenistes" nient.
Le prédicateur installé aux Etats-Unis depuis 1999, mène une vie de reclus, n'apparaissant que très rarement en public et accordant peu d'entretiens à la presse.
Son enseignement d'un islam ouvert à l'éducation et aux sciences ainsi qu'au dialogue interreligieux lui vaut des millions d'adeptes mais aussi les suspicions des défenseurs de la laïcité en Turquie.
La rupture et la réaction d’Erdogan ont été très fortes. Il a purgé les rangs de l'armée de centaines d'officiers y compris des généraux, il a fait fermer des écoles opérées par le Hizmet et aussi renvoyé des milliers de policiers. Il s'en est pris aux médias qu'il soupçonnait d'avoir des sympathies pour Gülen.

Libé
Lundi 18 Juillet 2016

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