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«Les Chevaliers du Temple d'Europe». Fiction ou réalité?




«Les Chevaliers du Temple d'Europe». Fiction ou réalité?
En avril 2002, neuf militants européens d'extrême droite se réunissent dans le plus grand secret à Londres pour fonder les «Chevaliers du Temple d'Europe»: ils s'engagent à prendre le pouvoir et éradiquer l'islam du continent européen.
Neuf ans plus tard, l'un des participants, Anders Berhing Breivik, commet le plus grand massacre en Norvège depuis la Seconde Guerre mondiale en tuant 76 personnes. Il atteint au passage l'un des objectifs évoqués près de dix ans auparavant.
C'est du moins la version des événements livrée par les 1.500 pages du manifeste d'Anders Breivik, qui a reconnu être l'auteur de l'explosion d'une bombe devant les bureaux du Premier ministre à Oslo et du massacre sur l'île d'Utoya, proche de la capitale norvégienne, vendredi dernier.
Depuis lors, les services de sécurité européens tentent de déterminer si Breivik fait partie d'une organisation d'extrême droite ou s'il a agi seul.
Selon les experts, aucun élément ne permet de confirmer l'existence de ces «Chevaliers du Temple d'Europe» ou la tenue d'une réunion dans la capitale britannique il y a neuf ans.
«La prudence s'impose», souligne Martin Feldman, spécialiste reconnu de l'extrême droite britannique qui dirige le groupe de recherche sur les nouveaux médias et l'extrémisme à l'Université de Northampton. «Ce n'est pas parce qu'ils sont peu nombreux et passent inaperçus qu'ils n'existent pas». Dans son manifeste «2083: une déclaration européenne d'Indépendance», Anders Breivik affirme que les Templiers, ordre religieux qui a participé aux croisades au Moyen-Age, se sont reformés en 2002 pour combattre «le djihad européen en cours.» La réunion de Londres s'est tenue chez un «protestant anglais», en présence de ressortissants de France, d'Allemagne, des Pays-Bas, de Grèce, de Russie et de Serbie.
«Notre premier objectif est de développer les PCCTS (pauvres soldats du Christ et du Temple de Salomon), les Templiers, pour devenir le plus grand mouvement révolutionnaire conservateur en Europe de l'Ouest dans les prochaines années», peut-on lire dans le manifeste.
Anders Breivik, qui ne plaide pas coupable, a déclaré appartenir à une organisation qui comporterait «deux autres cellules» en Norvège et d'autres à l'étranger.
Son avocat a estimé que son client était sans doute frappé de démence. Mais Martin Feldman estime, lui, qu'il est tout de même nécessaire d'enquêter sur ses affirmations: «Il semble urgent de voir s'il y a d'autres cellules en Europe de cet ordre des Templiers d'Europe». Selon une source à la police londonienne, qui prête main forte à son homologue norvégienne dans l'enquête, «nous étudions ces liens mais rien de probant n'est sorti jusqu'à présent qui nous permette de lancer une enquête d'ampleur ici.» Quand bien même les Templiers auraient été reformés en 2002, l'ordre pourrait très bien s'être désintégré depuis, souligne Richard English, du Centre d'étude du terrorisme et de violence politique à l'Université de St Andrews, en Ecosse.
«On ne sait pas trop que faire de ces affirmations concernant l'existence de nouvelles cellules à ce stade de l'enquête», explique-t-il. «Même si cette réunion s'est bel et bien tenue, (les participants) peuvent avoir pris des chemins très différents».
Dans son manifeste, Anders Breivik fait référence à de nombreuses reprises à la Ligue de défense anglaise (EDL), mouvement d'extrême droite britannique.
«Je me demande parfois si l'un des fondateurs de la Ligue de défense anglaise serait l'un des cofondateurs de PCCTS, je pense que je ne le saurai jamais avec certitude», écrit-il.
«J'en suis sûr parce que j'ai plus de 600 membres d'EDL en amis Facebook et j'ai parlé à des dizaines de membres et dirigeants d'EDL.» Selon le magazine anti-fasciste Searchlight, Anders Breivik a échangé des messages avec l'EDL ces derniers mois sous le nom de Sigurd Jorsalfare, du nom du roi de Norvège du XIIe siècle auteur de croisades.
«Le plus grand problème en Norvège est qu'il n'y a pas véritablement de presse libre, il y a un prisme politique de gauche sur tous les sujets politiques, donc la plupart des gens se comportent comme des idiots», peut-on lire sur un des messages, selon Searchlight.
Dans un communiqué publié sur son site Internet, la Ligue de défense anglaise dément tout lien avec l'auteur du massacre d'Oslo. «Je n'ai jamais rencontré personnellement cet homme, je n'ai jamais eu d'interaction avec lui ni de relations avec lui», dit son fondateur, Stephen Lennon.
Le groupe Stop Islamisation Of Europe (SIOE), autre groupe d'extrême droite cité par Breivik, a émis des doutes concernant l'existence des Chevaliers du Temple d'Europe.

REUTERS
Jeudi 28 Juillet 2011

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