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Les Amazighs voient rouge contre l’Exécutif


Levée de boucliers à propos du projet de loi relatif à la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe



Les associations amazighes se mobilisent pour faire front contre le projet de loi organique n°16-26 relatif à la mise en œuvre du caractère officiel de l’amazigh. 
En effet, le Collectif civil pour la mise en œuvre du caractère officiel de cette langue a épinglé ce projet de loi qui reste, selon un communiqué de presse rendu public avant-hier, en-deçà des aspirations des associations amazighes. 
Alors que la note de présentation de ce projet prétend qu’il a été préparé en concertation avec la société civile, le Collectif dément cette assertion, en arguant du fait que «la Primature a monopolisé la préparation de ce texte sans consulter de manière effective les associations de la société civile dans l’élaboration de la mouture de ce projet de loi organique », a assuré la même source.
Un autre aspect a été critiqué par le Collectif. Il s’agit en l’occurrence du fait que le projet en question ne garantit pas le principe d’égalité entre les deux langues officielles, et qu’il fait référence à d’autres institutions comme le Conseil national des langues et de la culture marocaine ou le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique concernant les grandes orientations relatives à l’enseignement de l’amazigh alors que celles-ci doivent être définies par ce projet de loi organique. Le Collectif a  considéré que cette référence est  anticonstitutionnelle et qu’elle pourrait entraver la mise en œuvre du caractère officiel de l’amazigh. Selon la même source, la logique aurait voulu que le Conseil national des langues et de la culture marocaine ou le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique s’inspirent des grandes orientations fixées par la loi organique relative à la mise œuvre du caractère officiel de la langue amazighe.
Le Collectif a également critiqué le fait que ledit projet de loi adopte une approche progressive dans la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe. Il s’est demandé si l’Etat va allouer ou non les fonds nécessaires à l’application de l’agenda fixé par la loi, alors que la réalité a démontré qu’il a échoué dans l’intégration de cette langue au cursus primaire durant les 13 ans écoulés. Pour cette raison, le Collectif rejette cette périodisation fixée par ce projet de loi organique.
Il convient de rappeler que préalablement à l’élaboration de ce texte de loi que la Fédération nationale des associations amazighes (FNAA) avait adressé un mémorandum au gouvernement, aux partis politiques et aux groupes parlementaires.
Ce mémorandum comprenait plusieurs revendications. En effet, les associations signataires exhortent les décideurs politiques à «donner la priorité au sein des lois organiques à la mise en œuvre du statut officiel de la langue amazighe, reconnaître explicitement le fait que la langue amazighe et la langue arabe sont égales sous diverses formes, communication et plaidoyer, dans toutes les institutions de l'Etat et dans les différentes sphères de la vie publique, renforcer le bilinguisme officiel qui caractérise le Maroc dans les divers secteurs et domaines de la vie publique, et insister sur le fait que la langue arabe et la langue amazighe sont dans l'égalité d'accès aux ressources financières et humaines qualifiées dans divers domaines et secteurs ».
Le mémorandum comprend également la création des institutions appropriées pour diriger et accompagner la mise en œuvre des étapes des lois organiques relatives à l’amazighité dans les différents ministères et secteurs gouvernementaux, le renforcement des acquis éducatifs et didactiques, en particulier ceux liés à la langue amazighe standardisée,  généralisée horizontalement et verticalement, obligatoire dans tous les cycles, et transcrite avec son alphabet originel «tifinagh», la création des départements et des filières, la mise en place des spécialisations et des formations dans les différentes universités et facultés, les centres de formation et les divers instituts nationaux avec des programmes conformes à la Constitution, en particulier ceux liés à la reconsidération de l'enseignement de l'histoire du Maroc selon une nouvelle lecture scientifique et objective, et la fixation des échéances précises afin de mettre en œuvre le statut officiel de la langue amazighe et d’évaluer son application.






T. Mourad
Mercredi 3 Août 2016

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