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Les 27 réunis à Rome pour tracer l'avenir d'une UE menacée

La rencontre et la déclaration s'inscrivent dans la réponse des dirigeants européens au Brexit




Les dirigeants européens se retrouvent vendredi et samedi à Rome sans la Première ministre britannique pour adopter une déclaration traçant l'avenir d'une Union européenne chahutée par les tensions internes et les pressions extérieures.
Signe des difficultés, à quelques jours du lancement du processus de sortie du Royaume-Uni de l'Union, la colère des autorités polonaises à propos de cette déclaration, que la Première ministre, Beata Szydlo, a menacé de ne pas signer.
Au cœur des tensions, l'affirmation dans le texte de la possibilité pour un groupe de pays de pouvoir avancer plus vite sur certains sujets sans risquer le veto d'un autre Etat membre.
La version la plus récente du projet de déclaration explique ainsi que les Européens agiront ensemble, parfois à des rythmes et intensités différents, dans la même direction.
"Nous agirons ensemble, à des rythmes et des intensités différents si nécessaire, tout en cheminant dans la même direction, comme nous l'avons fait par le passé, conformément aux Traités et en laissant la porte ouverte à ceux qui voudront nous rejoindre plus tard", peut-on lire.
Cette possibilité, offerte par les traités, d'"Europe à plusieurs vitesses" fait craindre aux pays de l'Est d'être laissés sur le bord du chemin. Les promoteurs de cette solution, notamment les Français et les Allemands, jugent à l'inverse qu'il faut pouvoir avancer plus vite dans certains domaines pour répondre à l'impatience des citoyens.
La déclaration, qui marque le 60e anniversaire du Traité de Rome, fondateur de la construction européenne, insiste dans le même temps sur le fait que toute coopération entre certains serait ouverte aux autres, l'Union étant "indivisible".
Dans les milieux diplomatiques à Bruxelles, on minimisait jeudi la portée de la menace de Beata Szydlo, en soulignant que la Pologne avait approuvé le projet de déclaration, après quelques changements mineurs, et que ses remarques semblaient destinées en priorité à l'opinion publique polonaise afin de lui permettre de revendiquer un succès pour son pays lors du sommet.
La Pologne avait déjà créé un incident lors du dernier Conseil européen, en s'opposant sans succès à la reconduction de son ressortissant Donald Tusk à la présidence du Conseil européen.
La rencontre et la déclaration de Rome s'inscrivent dans la réponse des dirigeants européens au Brexit, amorcée l'an dernier à Bratislava, avec le choix d'accélérer la coopération dans des domaines jugés prioritaires comme la sécurité, la défense et l'économie.
Outre la Pologne, la Grèce avait émis des réserves sur le projet de texte, insistant pour établir un lien entre son approbation et les discussions avec ses bailleurs de fonds sur un train de réformes à mettre en œuvre en échange d'une nouvelle tranche d'aide.
Le gouvernement grec, indiquait-on de source diplomatique à Bruxelles et gouvernementale à Athènes, souhaitait que le texte soit plus précis en matière de droit du travail et de protection des salariés, précisément un des points de friction dans les négociations entre la Grèce et ses créanciers.
Dans une lettre adressée à Donald Tusk et au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le Premier ministre Alexis Tsipras annonce vendredi matin que la Grèce signera la Déclaration de Rome mais réclame une clarification.
"Nous avons l'intention de soutenir la Déclaration de Rome, un document qui va dans une direction positive", écrit-il. "Néanmoins, afin de pouvoir célébrer ces succès, il faut clairement établir, à un niveau officiel, si elle s'applique aussi à la Grèce. Si, en d'autres termes, l'acquis européen vaut pour tous les Etats membres sans exception, ou pour tous sauf la Grèce.
Le texte affirme la nécessité de l'unité, de la solidarité entre Européens et du respect des règles communes, mis à mal notamment par le refus de certains pays de l'Est de participer aux mécanismes européens de réponse à la crise des migrants.
La déclaration de Rome, qui réaffirme les valeurs et les principes européens, peut également se lire comme une réponse aux craintes nées de l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, sur le multilatéralisme ou le protectionnisme, soulignent des diplomates.
Après la notification de l'article 50, ouvrant le processus de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le 29 mars prochain, les chefs d'Etat et de gouvernement se retrouveront pour un conseil exceptionnel le 29 avril consacré au Brexit, entre les deux tours de l'élection présidentielle française.
La cérémonie du 60e anniversaire du Traité de Rome commence aujourd’hui samedi à 10h00, la signature de la déclaration étant prévue une heure après.

Samedi 25 Mars 2017

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