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Législatives françaises : Les grands enjeux du scrutin




Législatives françaises : Les grands enjeux du scrutin
Majorité absolue ou pas pour le PS, échapper à l'emprise de l'extrême droite pour l'UMP, confirmer son enracinement pour le FN, et sa dynamique pour le Front de gauche, tels sont les principaux enjeux des élections législatives des 10 et 17 juin.
Les socialistes veulent être majoritaires, si possible seuls. Pour cela, il faut 289 sièges. C'est loin d'être acquis, car selon le politologue Dominique Reynié, "il n'y a d'état de grâce, ni à l'égard du président de la République, ni du Premier ministre". Les sondages donnent toutefois un avantage à la gauche (entre 44 et 46% d'intentions de vote, contre 33 à 35% pour la droite parlementaire).
Etre majoritaire pour le PS est d'autant plus difficile qu'il a réservé 63 circonscriptions aux écologistes d'EELV (dont une vingtaine vraiment gagnables) et quelques autres à ses partenaires du PRG (radicaux de gauche) et du MRC de Jean-Pierre Chevènement.
Le PS peut être majoritaire avec l'appoint des députés d'EELV, partie intégrante de la majorité présidentielle. Sinon, il devra négocier sur chaque mesure à l'Assemblée nationale avec les députés du Front de gauche, qui doit décider juste après les législatives s'il rejoint ou pas le gouvernement et la majorité.
Etre confronté à de multiples triangulaires avec le PS et le FN, qui pourraient lui coûter plusieurs dizaines de sièges, serait un cauchemar pour le parti de Jean-François Copé et François Fillon. Ressurgirait alors entre les deux tours les polémiques face à des tentations d'alliances locales FN-UMP.
Ce cas de figure a néanmoins peu de chances de se produire, car l'abstention (prévue autour de 40% par les sondages) empêchera le plus souvent le FN de participer au second tour (il faut 12,5% des inscrits pour se maintenir et donc autour de 20% des suffrages exprimés).
Ce qui compte pour l'UMP est d'avoir "le plus de députés possible", selon M. Copé. Notamment afin d'empêcher la gauche de totaliser 3/5e des sièges au Congrès (Assemblée et Sénat réunis) et d'interdire toute réforme constitutionnelle, notamment le droit de vote des étrangers aux élections locales.
Pour l'UMP, le grand enjeu, c'est l'après-législatives et, après le retrait de Nicolas Sarkozy, la conquête du leadership en vue de la présidentielle de 2017.
Malgré les multiples zizanies en son sein, son allié du Nouveau centre devrait maintenir son groupe à l'Assemblée (il faut 15 élus).
- Front national: éviter des lendemains de présidentielle qui déchantent
Pour le Rassemblement bleu marine de Mme Le Pen, il s'agit d'abord d'éviter une rechute comme en 2002 puis 2007, avec des contre-performances aux législatives dans la foulée de la présidentielle. Son score du 22 avril (17,9%) n'aurait été qu'un coup d'épée dans l'eau.
Autre objectif: semer la pagaille à l'UMP en provoquant un maximum de triangulaires au second tour qui feraient chuter la droite parlementaire, et provoquer "la recomposition de la droite" que le FN appelle de ses voeux.
Enjeu financier enfin: avec la déroute aux législatives de 2007 (moins de 5%), le FN avait vu sa subvention annuelle passer de 4,5 à 1,8 million d'euros.
- Front de gauche : gagner à Hénin-Beaumont et constituer un groupe à lui seul
Etre battu dans le Pas-de-Calais serait un échec pour Jean-Luc Mélenchon. Encore faut-il qu'il devance le candidat PS au 1er tour pour affronter Marine Le Pen au second.
Le FG a une "double ambition": "augmenter le score de la présidentielle" (11,1% pour M. Mélenchon) et "renforcer de manière très sensible le groupe Front de gauche" à l'Assemblée, selon Pierre Laurent (PCF), en passant de 19 à une trentaine d'élus. Cela paraît à sa portée.
Grâce à l'accord signé avec le PS en novembre 2011, Europe Ecologie-Les Verts peut envisager entre 18 et 24 députés. Mais dans une bonne douzaine de circonscriptions qui lui sont réservées, EELV sera concurrencé par des dissidents PS. De quoi, peut-être, l'empêcher de former son propre groupe à l'Assemblée.
Pour François Bayrou, il s'agira de sauver son siège des Pyrénées-atlantiques, où il aura pour la première fois contre lui à la fois une socialiste et un UMP. L'autre seul député sortant du MoDem, Jean Lassalle, est aussi en position inconfortable, dans le même département. L'objectif de M. Bayrou de constituer un groupe centriste paraît hors d'atteinte.

Libé
Mardi 5 Juin 2012

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