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Le wali de Bank Al-Maghrib désavoue le gouvernement Benkirane

Révision à la baisse des prévisions de croissance




Le wali de Bank Al-Maghrib désavoue le gouvernement  Benkirane
Après la Banque mondiale qui vient de revoir à la baisse sa prévision de croissance pour le Maroc à 3% au lieu de 5% déclarée en début d’exercice, c’est au tour cette fois-ci de Bank Al-Maghrib (BAM) de mettre au grand jour les vœux pieux du  gouvernement concernant la croissance de l’économie nationale.
S’exprimant à l’issue de la réunion trimestrielle de la Banque centrale, le gouverneur  de BAM, Abdellatif Jouahri, a désavoué le gouvernement en annonçant que le Maroc  devrait connaître un ralentissement de sa croissance économique en 2014, avec un taux qui oscillerait entre de 2,5% et 3% au meilleur des cas.
 L’optimisme affiché au tout début de l’année sur la base d’une bonne année agricole est donc en train de se dissiper. Ce qui semble logique au vu de l’évolution de la situation économique sur les six premiers mois de l’année, notamment avec l’aggravation du déficit commercial et la pluviométrie  moyenne et des perspectives peu brillantes pour la deuxième partie de l’exercice. 
Après avoir tablé sur un taux de croissance qui était déjà inférieur à celui du gouvernement, à savoir 3,5%, BAM, à cause de la détérioration du PIB agricole,  a revu à la baisse sa prévision.
« Nous sommes cette fois en deçà, à cause de la baisse du PIB agricole. Nous maintenons par prudence une fourchette de 2,5-3%» maximum, a déclaré M. Jouahri devant la presse nationale.
Selon la même source, la situation devrait s’inverser au cours de l’actuel exercice par rapport au précédent.
Alors que la croissance a été tirée l’année dernière essentiellement par le secteur agricole, dont la valeur ajoutée avait crû de 19% contre 2,3% pour le secteur non agricole, 2014 devrait connaître une diminution du PIB agricole de l’ordre de 5% et un regain de croissance du secteur non agricole qui pourrait atteindre 4%.
S’agissant des autres indicateurs, BAM précise que le déficit commercial continue de se creuser pour atteindre 84,9 milliards de dirhams (MMDH) à fin mai 2014 contre 83,2 MMDH à la même période de l’année précédente, soit une aggravation relativement légère par rapport aux dernières années, de 2,1 %.
Quant au déficit budgétaire, il ne cesse de s’aggraver. A fin avril 2014, il a atteint 30,7 MMDH contre 20,3 MMDH à la même période de l’année précédente. Une aggravation imputée, selon BAM, à l'augmentation de 10,3% des dépenses globales, suite à une progression de 50,1% de celles d'investissement, alors que les charges de compensation se sont inscrites en repli de 5,5%.  Concernant le marché du travail, la situation s'est dégradée au premier trimestre, a constaté M. Jouahri, soulignant que le taux de chômage a augmenté de 0,8 point de pourcentage à 10,2%, contre 9,4% en début d’année. Cependant, selon le gouverneur de BAM, ces chiffres sont infra-annuels et il faut attendre les chiffres du second trimestre pour avoir une vision plus claire de l’évolution du chômage.
«Dans ces conditions, l'output gap non agricole devrait continuer, selon les estimations de BAM, à évoluer à des niveaux négatifs au cours des prochains trimestres, présageant ainsi de l'absence de tensions inflationnistes émanant de la demande», a-t-il fait savoir.
C’est sur la base de l’absence de tensions inflationnistes que le Conseil de BAM a décidé, comme à l’accoutumée, de maintenir inchangé le taux directeur à 3%. 
A cet effet, le wali a indiqué que l'inflation devrait s'établir à 0,9% en 2014, en soulignant que cette prévision tient compte des décisions prises récemment par le gouvernement concernant les subventions unitaires de certains produits pétroliers et la hausse du SMIG et du salaire minimum dans la Fonction publique. Par ailleurs, M.Jouahri a profité de cette occasion pour confirmer que le Maroc finalisait le déblocage d'une nouvelle Ligne de précaution et de liquidité (LPL) auprès du Fonds monétaire international, étant donné que la ligne actuelle arrivera à échéance en août prochain. «Elle constitue néanmoins un élément déterminant auprès des souscripteurs quand le Royaume se présente sur le marché international, en témoignant de fondamentaux économiques sains», a-t-il affirmé.  Les discussions avec le FMI sont en cours et portent notamment sur le montant qui sera à coup sûr moins élevé que celui obtenu en 2012, à savoir 6,2 milliards de dollars. Une allusion faite au coût élevé de la ligne qui a été souscrite par le gouvernement. 

Mohammed Taleb
Jeudi 19 Juin 2014

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