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Le vieux Jeddah, un "musée à ciel ouvert", commence à renaître

Beaucoup reste à faire pour rendre au vieux Jeddah son lustre d'antan




Le vieux Jeddah, un ensemble unique de vieilles demeures et de mosquées historiques commence à renaître grâce au classement de ce quartier au patrimoine de l'Unesco et à un tout nouveau festival organisé pendant le ramadan. L'Organisation de l'ONU pour l'éducation, la science et la culture a inscrit en 2014 le vieux Jeddah, au coeur de la cité portuaire de l'ouest de l'Arabie Saoudite, au patrimoine de l'humanité.
Elle a ainsi reconnu son style architectural unique forgé par la longue histoire de cette ville multiculturelle en tant que centre commercial et porte d'entrée pour les musulmans effectuant le pèlerinage à La Mecque, premier lieu saint de l'islam.
Ce quartier est décrit sur le site officiel du tourisme saoudien comme "un musée à ciel ouvert" et les efforts pour restaurer le vieux Jeddah coïncident avec une campagne pour la promotion du tourisme en Arabie Saoudite, notamment auprès des millions de pèlerins qui visitent le pays chaque année.
Parmi ses monuments figure la Maison Shabatly construite en corail et qui accueillit en 1919 le fameux espion britannique T.E Lawrence. Comme d'autres demeures, cette maison était tombée en décrépitude.
Mais le classement au patrimoine de l'humanité ainsi que la création d'un festival à la fois culinaire, littéraire, ludique... suscitent une véritable renaissance du quartier.
Inaugurée au début du mois de jeûne musulman du ramadan (qui s'achève le 17 juillet), la première édition de ce festival du vieux Jeddah a attiré des dizaines de milliers de visiteurs.
En sept jours, quelque 130.000 visiteurs l'avaient déjà fréquenté, indique à l'AFP Mohammed al-Wafi, vice-gouverneur de Jeddah au milieu de la foule des festivaliers. "Nous avons voulu faire revivre cette partie de la ville et nous avons réussi". Les organisateurs ont installé au milieu des ruelles quelque 80 stands et une douzaine de "restaurants" qui proposent produits et plats de la région de Hijaz, autour de Jeddah.
Pâtissier, Samir Jastania explique en proposant des tahinia (pâtes de sésame) et d'autres spécialités du Hijaz que sa famille "tient depuis près de 150 ans ce commerce, considéré comme l'une des plus vieilles professions du royaume".

Traditions et restaurations     
Un visiteur, Osman al-Rosaïni, 45 ans, voit dans ce festival "une occasion de faire découvrir à (ses) enfants les vieilles traditions". Et dans un des stands, un vendeur propose cornichons et épices, reflet du caractère multiculturel de cette ville considérée comme relativement libérale, dans un royaume qui suit une version rigoriste de l'islam.
"Je suis heureux que des gens de la région animent ce festival", se réjouit Ali Jazar, 39 ans, un habitant de Jeddah, en sirotant un gamardeen, un jus à base d'abricot. Peu à peu, le vieux quartier change à Jeddah, deuxième ville du royaume avec plus de trois millions d'habitants.
Selon le vice-gouverneur, "un certain nombre de demeures ont été restaurées par des entreprises et le nombre de propriétaires qui veulent faire ce genre de travaux augmente".
Mais beaucoup reste à faire pour rendre au vieux Jeddah son lustre d'antan.
Certes, plus de 700 permis de restauration ont été accordés ces cinq dernières années, mais certains travaux n'ont pas été achevés, relève Sami Nawar, chef du district Al-Balad.
Il précise que plusieurs dignitaires de la ville ont restauré leurs maisons à leurs propres frais, et que des responsables du secteur du tourisme et du ministère des Finances étudient les moyens d'en aider d'autres à faire de même, en leur proposant des crédits.

Squats de migrants    
En classant Jeddah, l'Unesco a souligné l'importance de "réduire la dégradation de maisons historiques qui sont souvent abandonnées et squattées par de pauvres migrants", tout en mettant en garde contre le risque de défigurer le quartier. Parmi les restaurations considérées comme réussies figure celle effectuée par Maha Baeshn: cette artiste et poétesse saoudienne explique que le festival l'a encouragée, comme d'autres propriétaires, à prendre soin de sa maison, il "a apporté la vie à la maison et à ses alentours".
Dans le vieux Jeddah, les maisons sont construites en pierre et en bois. Certaines comptent plusieurs étages, les façades sont richement décorées et les balcons, appelés Rawashin, sont larges, pour favoriser la circulation de l'air et donner de l'ombre aux passants.
Selon l'Unesco, la conception et la fonction de ces maisons témoignent d'une adaptation au climat humide de la région et du rôle de Jeddah en tant que centre religieux et commercial: chaque maison a des boutiques et des chambres à louer aux pèlerins. Seuls de "maigres vestiges" de cette tradition architecturale de la mer Rouge subsistent en dehors de l'Arabie Saoudite.

Mercredi 15 Juillet 2015

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