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Le vélo s’installe à Buenos Aires et provoque déjà des polémiques




Le vélo s’installe à Buenos Aires avec 65 kilomètres de pistes cyclables et une première série de 500 bicyclettes en libre service déjà disponibles, mais la nouveauté suscite des polémiques dans une ville où la voiture et les bus restent rois.
La mairie de Buenos Aires, une ville de 3 millions d’habitants, a annoncé un plan pour atteindre les 100 km de pistes cyclables. “Notre plan est un succès, surtout chez les jeunes : nous sommes en pleine phase d’augmentation des pistes cyclables”, déclare à l’AFP le ministre du Développement urbain, Daniel Chain.
Buenos Aires a lancé aussi le “bicing”, le vélo gratuit en libre-service comme dans d’autres capitales, avec une première série de 500 bicyclettes jaunes disponibles dans douze stations.
“Nous avons enregistré 11.000 usagers en quatre mois”, a précisé M.Chain, tandis que la dernière “grande randonnée” à vélo organisée par la mairie a réuni 500 fans.
Pourtant les fanatiques du vélo trouvent à redire.
“La piste, ça aide, mais nous devons éviter des piétons et des motos en permanence : ils ne la respectent pas !”, explique, quelque peu énervé, Carlos Callari, 37 ans, juché sur un vélo de son entreprise.
Pour Graciela, la cinquantaine, “tout cela ne sert à rien”. Des pistes, “nous en avons besoin sur les avenues et il n’y en a pas !”, dit-elle.
“Dans les petites rues, on tombe sur des voitures garées, c’est l’enfer”.
Un peu plus loin, Ezequiel Acosta, 19 ans, prend tout cela avec le sourire.
“Le centre-ville est tout simplement impossible : on risque sa peau en permanence”, note-t-il. “Je prends la piste, mais j’arrive au coin de la rue et je sais que les bus qui ne respectent rien, peuvent me tuer”, fait-il valoir.
Les accidents de la route constituent en Argentine l’une des premières causes de mortalité avec 21 morts en moyenne par jour, surtout des jeunes, et 7.659 décès au total en 2010.
Les bus, énormes, polluants faute de pots catalytiques, conduits comme s’ils étaient des voitures de course en pleine ville, sont la grande hantise des cyclistes. Or, il s’agit du principal moyen de transport public en raison de l’insuffisance des lignes de métro.
“Le développement du vélo c’est positif”, estime Gonzalo Herrera, secrétaire général de l’Association des cyclistes urbains de Buenos Aires (ACU). “Mais la construction de pistes exclusives est dangereuse car les conducteurs ne voient plus les cyclistes”, juge-t-il. Les critiques viennent surtout, en pleine campagne électorale, de l’opposition.
Le maire de droite, Mauricio Macri, qui cherche à être réélu en juillet, ayant fait du vélo son cheval de bataille il se fait photographier régulièrement sur sa bicyclette, ses rivaux y sont devenus allergiques.
“Beaucoup de pistes cyclables devront être retirées”, affirme Daniel Filmus, le candidat du parti péroniste au pouvoir au niveau national.

AFP
Lundi 6 Juin 2011

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