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Le troisième âge de plus en plus dégoûté de la vie au Maroc

Une personne met fin à ses jours toutes les 40 secondes dans le monde, selon un rapport inédit de l’OMS




Le troisième âge de plus en plus dégoûté de la vie au Maroc
 
Le suicide est devenu un problème majeur de santé, alerte l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un rapport inédit sur la prévention de ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur y compris dans la région Afrique où le taux de suicide a progressé de 38%. Egalement concerné par ce phénomène, le Maroc a recensé en 2012, 1628 suicides tous âges confondus dont 1431 hommes. 
Selon la répartition par tranches d’âge au Maroc, le taux de suicide représente globalement 5% (pour 100.000) dont 8,9% chez les hommes. Ce taux était de 0,9% dans la tranche d’âge comprise entre 5 et 14 ans, 5,9% chez les 15 et 29 ans, 6,4% chez les 30 et 49 ans, 7,2% chez les 50 et 64 ans et 14,4% chez les +70 ans.
En ce qui concerne le taux de suicide entre 2000 et 2012, les données sur le Maroc soulignent une variation de l’âge de 97,8% (soit 2,7% pour 100.000 en 2000 contre 5,3% en 2012).
Publié jeudi 4 septembre courant à Genève, le rapport de l’OMS indique que plus de 800.000 personnes meurent chaque année de suicide dans le monde, soit une toutes les 40 secondes. Un chiffre « inacceptable » pour l’organisation qui estime qu’environ 75% des suicides sont commis dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
L’analyse des données recueillies par l’organisation onusienne, montre aussi que le suicide touche le monde entier et presque toutes les tranches d’âge. 
Les experts de l’OMS révèlent qu’au niveau mondial, les taux de suicide sont supérieurs chez les personnes âgées de 70 ans ou plus.
Qu’à cela ne tienne, « dans certains pays, c’est chez les jeunes qu’ils sont le plus élevés. Fait notable, le suicide est la deuxième cause de décès chez les 15-29 ans dans le monde », expliquent-ils.
Globalement, notent les auteurs du document, les décès par suicide sont plus nombreux chez les hommes que chez les femmes. Dans les pays riches, ceux-ci sont trois fois plus touchés. Les hommes âgés de 50 ans ou plus sont particulièrement vulnérables.
Les observations dans ce domaine révèlent que « les taux de suicide chez les jeunes adultes et les femmes âgées sont plus élevés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire que dans les pays à revenu élevé. Les femmes âgées de plus de 70 ans risquent deux fois plus de mourir de suicide que celles de la tranche des 15-29 ans ».
Si le taux de suicide en Afrique, était jusqu’ici proche de la moyenne mondiale (de 11,4 pour 100.000 habitants en 2012), les choses ont évolué dans le mauvais sens puisque le taux de suicide dans cette région a progressé de 38% entre 2000 et 2012. Particulièrement chez les personnes âgées et les jeunes, constatent les auteurs du document.
D’après l’organisation, « l’ingestion volontaire de pesticides fait partie des méthodes les plus courantes de suicide dans le monde et ce problème est particulièrement préoccupant dans les zones rurales agricoles de la région africaine ». 
Outre l’intoxication par pesticides, l’OMS indique que la pendaison et les armes à feu comptent aussi parmi les méthodes les plus fréquemment utilisées au niveau mondial pour se suicider.
Pour l’OMS, il est inadmissible que ce phénomène prenne autant d’ampleur dans la mesure où il existe des moyens pour réduire le nombre de suicides dans le monde. 
Ainsi, par la voix de sa directrice générale, le Dr Margaret Chan, l’OMS « appelle à agir face à ce grave problème de santé publique qui est depuis trop longtemps resté tabou» et à prendre des mesures efficaces visant à renforcer la prévention du suicide.
Un des moyens de faire baisser le nombre de décès est de réduire l’accès aux moyens de se suicider, suggère le rapport. «D’autres mesures efficaces existent, comme une couverture responsable du suicide par les médias, notamment en évitant de céder au sensationnalisme et de décrire de manière explicite les méthodes employées, ainsi que le diagnostic et la prise en charge précoces des troubles mentaux et liés à l’usage de substances psychoactives chez les communautés, en particulier par les agents de santé », poursuit le rapport.
Par ailleurs, les experts de l’OMS estiment qu’il est essentiel que ceux qui ont déjà essayé de mettre fin à leurs jours bénéficient d’un suivi par les agents de santé ainsi que d’un soutien communautaire, car ils risquent davantage de faire de nouvelles tentatives.
 

Alain Bouithy
Lundi 8 Septembre 2014

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