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Le transport sanitaire héliporté peine à décoller

Un seul hélicoptère utilisé et 31 personnes sauvées en deux mois




Le transport sanitaire héliporté peine à décoller
Hocine Louardi semble satisfait du travail du premier hélicoptère-ambulance médicalisé au Maroc. Lancé il y a quelques mois, le transport sanitaire héliporté a pu sauver, selon lui, la vie de 31 personnes.  Il s’agit de cas graves comme celui de deux femmes enceintes d’Essaouira victimes d’hémorragie et celui d’un patient de Zagora souffrant d’une crise cardiaque. Un autre de Taroudant dont la main a été amputée figure également sur  la liste des premiers secourus.
Le ministre de la Santé a indiqué en répondant récemment à une question orale au Parlement que ce dispositif actuellement en test à Marrakech sera  élargi aux villes d’Oujda et de Laâyoune ainsi qu’à Tanger et Tétouan en 2015. « S’il faut ajouter d’autres hélicoptères, on ne va pas hésiter. La vie des citoyens n’a pas de prix », a-t-il lancé.   
Pourtant, l’enthousiasme de Hocine Louardi ne semble pas être partagé par tout le monde.  Pour certains spécialistes, le dispositif mis dans le cadre du nouveau plan national de prise en charge des urgences médicales mobilisant un budget de 500 millions de DH, doit mettre beaucoup de temps avant de trouver son rythme de croisière.
Destiné à répondre à la demande d'assistance pré-hospitalière (sur la route, dans la rue, à domicile, sur le lieu de travail...) aux victimes d'accidents ou d'affections soudaines en état critique (malaise, maladie ou femmes enceintes), le transport sanitaire héliporté se heurte à plusieurs contraintes. D’abord, le nombre limité des appareils mis à disposition. Un seul hélicoptère demeure incapable de satisfaire l’ensemble des demandes. Le Maroc semble loin, très loin de  la situation de la France où 37 engins opèrent généralement (24 hélicoptères permanents basés au sein des hôpitaux et 13 utilisés de façon saisonnière).  
L’accessibilité des hôpitaux pose également problème. En effet, de nombreux établissements de soins du Royaume sont encore dépourvus de lieux d’atterrissage balisés. Faute d’une politique clairement énoncée et de l’absence de textes réglementaires, de nombreux établissements  n’en sont pas dotés.
Les hélicoptères  se trouvent obligés de se poser loin des services d’accueil, ce qui nécessite un transfert intermédiaire en ambulance de réanimation et réduit le gain de temps réalisé par l’hélicoptère.
La taille de la cellule sanitaire et la formation spécifique de l’équipe chargée du transport figurent parmi les contraintes à surmonter. La cellule sanitaire est plus réduite que celle des ambulances terrestres. La poursuite de la réanimation intensive durant le transport en est limitée, même si certaines opérations telles que l’intubation ou la défibrillation sont réalisables. Cette contrainte oblige à anticiper les soins et rend nécessaire un conditionnement complet avant le vol.
Une anticipation qui exige une formation spécifique des membres de l'équipe médicale sur les aspects sécuritaires des vols en hélicoptère. Cette formation comprend l'utilisation des moyens de communication, les précautions à respecter lors de l'embarquement, l'éradication des interférences avec les instruments de vol, les conditions d'utilisation du matériel médical et de l'oxygène
Une mention particulière doit être faite pour les vols de recherche et de sauvetage, qui ne relèvent pas des missions des hélicoptères sanitaires civils mais des aéronefs d'Etat (hélicoptères de la Gendarmerie Royale et de la Protection civile). La participation des équipes médicales hospitalières à ces missions doit faire l'objet de conventions accompagnées de formation et d'équipement.
La question du coût risque elle aussi de s’inviter au débat puisque ce dispositif coûte cher.  Les spécialistes estiment que le coût direct opérationnel d’un hélicoptère est onéreux. Dans le cas de la France,  un hélicoptère régional SAMU  coûte  2,5 à 3 M€, soit un coût direct opérationnel équivalent à 8 fois celui d’un airbus A320. A titre d’exemple, l’hélicoptère du SAMU basé à l’hôpital d’Alençon coûte plus de 762. 000 € par an, soit 2.087 € par jour de fonctionnement.
Autre contrainte et non des moindres, la situation déplorable des services des urgences.   Ne faisant objet d’aucune réforme depuis des décennies, ces structures sont restées figées et trouvent aujourd’hui du mal à gérer le flux de plus en plus important des malades. Le personnel médical et paramédical existant n’est pas non plus pour améliorer la situation. Ceci d’autant plus que l’absence de communication et de coordination entre l’ensemble des intervenants  complique davantage la situation. Sachant que l’hélicoptère demeure, selon les spécialistes, un facteur d’amélioration des soins parmi d’autres.  En d’autres termes, il n’est que l’un des moyens usités par la panoplie hospitalière d’urgence.

Hassan Bentaleb
Lundi 10 Juin 2013

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