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Le système pénitentiaire pointé du doigt


La création d’une Instance centrale pour le contrôle des prisons s’impose



Le système pénitentiaire pointé du doigt
Encore une fois, le système pénitentiaire du Maroc est pointé du doigt. En effet, l’approche punition continue à provoquer l’ire des associations des droits de l’Homme. La dernière en date est celle de l’Observatoire marocain des prisons qui a présenté, ce mercredi à Rabat, son  rapport pour les années 2011 et 2012. L’occasion pour les responsables de cette association de rappeler que la société civile a toujours assumé ses responsabilités et a attiré à maintes reprises l’attention sur la situation dramatique qui sévit à l’intérieur des prisons marocaines. L’Association n’a pas manqué d’appeler avec insistance à la réforme de la situation conformément à l’Etat de droit. Mais elle bute constamment contre le silence hégémonique des autorités. Jusqu’à quand ces dernières continueront-elles à se soustraire à leurs responsabilités ?
Justement  pour les y acculer et afin de mettre en œuvre un principe constitutionnel qui lie la responsabilité à la reddition des comptes, l’Observatoire propose l’instauration de mécanismes indépendants de contrôle, efficaces et crédibles afin qu’il n’y ait pas dans les prisons d’autorité absolue. Ce sera le cas d’une Instance centrale dont le rôle est le suivi du contrôle et de la gestion des prisons ; un univers connu pour être très fermé, ce qui rend difficile toute intrusion étrangère. Cette instance  comprendra des représentants de l’institution Al Wassit, de l’Instance centrale de la prévention de la corruption, de l’Observatoire marocain des prisons, de l’Instance nationale des médecins du secteur privé et de la Fondation Mohammed V.
Par ailleurs, il va sans dire que la promiscuité est l’origine de tous les maux dont souffrent  les prisons. Des conditions déplorables en l’absence du respect de la dignité humaine. « Un détenu est avant tout une personne », s’est écrié Me Jamai. Nos prisons constituent le terreau de maladies, de pratiques inhumaines et  de toutes sortes de violence. Il est incontestable que le recours exagéré à la détention préventive explique en partie cet état de fait. « Prévue pour des cas exceptionnels, on a tendance à l’adopter comme règle générale », s’est encore indigné Me Jamai.  D’après les chiffres fournis par le ministère de la Justice et des Libertés, les prisonniers en détention préventive représentent, à eux seuls, 46% de l’ensemble de la population carcérale. Un chiffre qui avoisine parfois les 80%. Selon lui, les contours qui limitent l’adoption de ce mécanisme juridique sont très flous. A qui la faute ? Est-ce celle du parquet ou plutôt celle du juge d’instruction ?
Mais n’est-il pas temps de réfléchir à une autre alternative ? s’est interrogé Me Jamai. En effet, les peines alternatives ont fait leurs preuves dans d’autres pays. Alors autant s’en inspirer afin d’utiliser à bon escient des compétences qui ne manquent pas en prison. Le travail d’intérêt général en est le meilleur exemple. Tout le monde y trouvera son compte.

Nezha Mounir
Jeudi 4 Avril 2013

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