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Le statut de la Fonction publique sur le gril

Benkirane n’offre aucune alternative crédible aux demandeurs d’emplois




Le statut de la Fonction publique sur le gril
«Tout le monde veut intégrer la Fonction publique. C’est même devenu une sorte de culture  enracinée chez beaucoup de nos jeunes concitoyens.  Je crois qu’il n’y aura pas de refonte du statut  de la Fonction publique si on ne coupe pas court à cet état psychologique et philosophique ». C’est ainsi que le chef du gouvernement a interpellé les participants au colloque national sur « La refonte du statut de la Fonction publique », tenu hier à Skhirat.
Pour lui, cet état d’esprit a conduit à des actions criminelles comme ce fut le cas pour ces jeunes qui s’immolent par le feu pour revendiquer leur intégration dans la fonction publique. Cependant, il a oublié de clarifier les alternatives proposées par son gouvernement et les offres d’emploi qu’il a créées pour ces jeunes.
Benkirane estime, néanmoins, qu’il est temps de rompre avec cette situation,  parce que la Fonction publique va absorber cette année 100 milliards de DH, soit 60% des recettes fiscales estimées à 210 milliards de DH
Pourtant,  Driss Dahak, secrétaire général du gouvernement, pense que la question n’est pas si facile à aborder et qu’elle suscite des interrogations sérieuses voire dérangeantes. Pour lui, revoir le statut général de la Fonction publique s’impose aujourd’hui avec acuité notamment dans un contexte mondial globalisé basé sur une économie de marché et sur le rétrécissement du rôle de l’Etat.  Un contexte marqué également par les performances du secteur privé offrant un service de qualité et attirant de plus en plus de cadres compétents par ses salaires alléchants et ses énormes possibilités d’avancement.    
Mais avant  de détailler son idée, Driss Dahak souligne qu’il faut d’abord s’interroger si la refonte envisagée par le gouvernement  concerne uniquement le statut général de la Fonction publique de 1958 ou les différents statuts décrétés  par l’article 4 du Dahir de 1958.  L’intervenant s’est interrogé également sur le sort de l’article 6 qui a permis à l’administration de signer des contrats de travail conformes au droit privé.Pour le SG du gouvernement, la question de la refonte doit interpeller  le rôle de l’Etat et sa prééminence sur certains secteurs ainsi que la possibilité de faire appel au droit privé pour qu’il soit applicable à la Fonction publique.
Driss Dahak aborde une autre question plus dérangeante, à savoir la possibilité de supprimer le statut de la Fonction publique. Selon lui, plusieurs pays ont opté pour cette alternative tels que l’Italie, la Suisse, les USA, le Canada.  C’est le cas également pour le Vietnam qui a licencié 400.000 fonctionnaires, le Suède qui supprime chaque année entre 2.000 et 3.000 postes dans la Fonction publique.
Des expériences remises en cause par Serge Lasvigne, secrétaire général du gouvernement français,  qui pense qu’il n’y a pas de modèle à importer et que les expériences évoquées  ont montré leurs limites notamment sur le plan éthique. « On n’a pas cessé de faire appel aux techniques de management du privé, mais il s’est avéré que cela ne suffit pas aujourd’hui et que la dimension éthique s’impose comme le montrent les expériences américaine et canadienne », a-t-il précisé.  
Une dimension reprise également par Nizar Baraka, ministre de l’Economie et des Finances qui pense que la refonte du statut de la Fonction publique passe par l’instauration d’un code éthique et de déontologie, la professionnalisation de la Fonction publique, la formation continue ainsi que  l’évaluation des performances et la mobilité.

Hassan Bentaleb
Samedi 22 Juin 2013

Lu 756 fois


1.Posté par Magid le 22/06/2013 20:15
Beaucoup de jeunes veulent intégrer la fontion publique , non par soucie de servir l'intérêt commun mais parce qu'ils y voient un emploie à vie avec ses nombreux avantages et ou l'on ne travaille pas beaucoup. Alors ces jeunes diplomés préferent trainer dans les cafés en attendant un emploie dans la fonction publique plutôt que d'accepter un travail dans le privé. Le Maroc doit aspirer à mieux que de devenir un état bureaucratique miné par la corruption.

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