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Le sport a déserté le « Nid d'oiseau »




Si le "Cube", lieu des exploits du nageur américain Michael Phelps aux JO de l'an dernier, est partiellement devenu piscine publique, l'emblématique "Nid d'oiseau" n'a plus été utilisé depuis pour des compétitions.
"Pour la Chine, les installations devaient avant tout servir pour accueillir un moment capital pour son prestige mondial qui allait au-delà de l'économie", explique Seth Grossman, directeur exécutif pour l'est de la Chine de Carat, une agence de communications.
Pour ce dernier, les stades, gymnases et vélodrome, dont certains entièrement neufs, devaient surtout "refléter le prestige de l'Etat".
Même si ces lieux olympiques n'ont pas été pensés comme des projets rentables sur le long-terme, leur valeur immobilière n'est pas négligeable, ce qui a provoqué des spéculations sur leur destination.
Le stade olympique, entré dans l'histoire sous le surnom de "Nid d'oiseau" en raison de son architecture particulière, peut être visité par le public.
Un an après la cérémonie d'ouverture, le stade, qui peut recevoir 80.000 personnes, a accueilli sa première compétition sportive depuis la fin des JO le 24 août 2008: la Supercoupe de football d'Italie opposant le champion, l'Inter Milan, et le vainqueur de la Coupe, la Lazio Rome. Les autorités de Pékin souhaitent réserver au "Nid d'oiseau" un traitement de luxe en n'y permettant que des compétitions de prestige ou des concerts de musique. Le football local est exclu.
"Le gros problème c'est la taille. Avec moins de 80.000 spectateurs, le stade semblera vide", dit Greg Paull, responsable de R3, une société de consultants basée à Pékin.
Le "Cube" voit également passer un flot continu de visiteurs et une piscine d'entraînement est ouverte au public pour ceux qui veulent payer un peu plus, mais les compétitions se comptent également sur les doigts d'une main.
Pour certains, Pékin souhaite garder une image immaculée de ces lieux de la mémoire du prestige retrouvé, en particulier dans l'esprit des Chinois.
"Le souci (des autorités chinoises) est de faire en sorte que les installations olympiques gardent l'image de réussite des jeux de Pékin", juge Paul Renner, président de Helios Partners China, une société de consulting spécialisée dans le marketing sportif.
Certaines installations ont cependant réussi, dans une certaine mesure leur passage à l'ère post-olympique.
Le Palais omnisports de Wukesong est au centre de la stratégie de la NBA pour s'implanter dans le géant asiatique: en octobre, la ligue américaine de basketball y organisera un match de pré-saison entre les Denver Nuggets et les Indiana Pacers. Des concerts doivent également s'y tenir.
Le stade des ouvriers, entièrement rénové pour les JO, se porte bien aussi et a été le mois dernier le théâtre de plusieurs matches amicaux de football avec des équipes anglaises. Le "Nid d'oiseau" retrouvera aussi un jour la saveur de la compétition, disent des observateurs. "En tant que premier stade du pays, le +Nid d'oiseau+ recevra certainement les prochains Liu Xiang du monde dans les mois ou les années à venir", affirme Grossman.
De toute façon, Pékin doit faire face au même syndrôme que beaucoup de villes olympiques, le pire exemple étant Athènes.
"Habituellement les villes où le sport est enraciné dans la culture populaire ont mieux réussi", souligne Paull, donnant les exemples de Sydney, Atlanta et Los Angeles.
Pour Renner d'Helios Partners, le comité international olympique (CIO) devrait prêter plus d'attention à ce problème.
"C'est quelque chose sur laquelle le CIO devra se pencher à l'avenir lors de l'attribution des Jeux à une ville, surtout en raison des inquiétudes de plus en plus grandes sur la viabilité", dit-il.

AFP
Jeudi 13 Août 2009

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