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Le spectre de la crise plane sur le Maroc : Benkirane brise tous les espoirs des citoyens




Le spectre de la crise plane sur le Maroc : Benkirane brise tous les espoirs des citoyens
La situation des finances publiques est très alarmante. Tous les indicateurs économiques sont au rouge. Le contexte nous rappelle déjà le P.A.S (Programme d’ajustement structurel) qui a été imposé par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (F.M.I) dans les années 80 et qui a fini par provoquer des désastres sociaux  sans précédent. Une note de conjoncture de juillet 2012 du H.C.P (Haut commissariat au plan) a bien souligné que la croissance économique nationale, après avoir été de 2,8% au premier trimestre 2012, serait située à 2,6% au second. Aussi, l’explosion du déficit budgétaire met-elle le gouvernement Benkirane à l’épreuve surtout que  celui-ci avait promis aux Marocains un taux de croissance de 5% sans rappeler le programme électoral du P.J.D qui l’avait estimé à 7%. Mensonge politique ou ignorance économique ?
D’ores et déjà, le recul de la croissance économique confirmé par toutes les institutions officielles, et qui a été envisagé par tous les experts économiques à l’exception de l’équipe Benkirane, confirme  l’impact de la crise financière dans la zone euro sur l’économie marocaine. Un paramètre qui a été aveuglément escamoté dans le programme gouvernemental.
Néanmoins, ce gouvernement  qui a créé, par son populisme, un horizon  d’attente sur des chiffres fictifs, mensongers, hasardeux  et incertains doit passer à la facture. Une facture si lourde, si inquiétante… d’autant  plus que le FMI vient d’accorder au gouvernement une ligne de crédit de 6,2 milliards de dollars. Une mesure qualifiée de "cadeau empoisonné "qui finira certainement par alourdir les charges de la dette extérieure. Ainsi, Benkirane renie en clair les engagements qu’il a tenus devant la nation avançant au Parlement, pour justifier la hausse des prix du carburant,  qu’il n’allait pas  recourir aux emprunts étrangers!
Par ailleurs, notre pays doit  faire face aux répercussions négatives  de la forte hausse décidée sur les carburants. Une mesure impopulaire qui pénalise le pouvoir d’achat des couches démunies qui souffrent de fragilité et de précarité. Or, le gouvernement Benkirane qui a  joué  sur un discours éminemment social, et qui se lance aujourd’hui dans une politique de rigueur et d’ajustement dans un contexte politique délicat, pourrait entraîner le pays dans des tensions sociales aux conséquences fâcheuses, surtout  que les réserves de l’idéal  politique du parti barbu qui étaient alimentées par des slogans moralisants et outrageusement populistes s’épuisent de jour en jour. Pis encore, le chef du P.J.D, qui croit avoir récolté, à sa manière, les fruits de la mouvance sociale, déclare à la chaîne qatarie «Al Jazeera», 200 jours après l’installation de son gouvernement, que «Dieu pardonne les corrompus»!
Une déclaration qui va à l’encontre des revendications de toutes les forces vives de la nation, et contre les orientations  même de la nouvelle Constitution. Notre société en crise, menacée de tourner mal sous le poids de l’appauvrissement, de l’inégalité, du chômage, de la marginalité, de la violence, ne peut tolérer de tels dérapages médiatiques. 
Dans un contexte mouvant, nous rappelons qu’après n’importe quelle expérience politique malheureuse, le risque d’une rupture politique entre les citoyens et les institutions, augmente. En quelques mois, le gouvernement Benkirane  a brisé les espoirs des citoyens. Le chef de l’Exécutif évoque l’image d’un rat pressé d’embarquer sur un navire  qui coule.
L’on peut imaginer la suite. Nous savons qu’en politique les enjeux populistes ont une fin malheureuse et aujourd’hui  la chute de la popularité de ce gouvernement risque de créer la conviction que le vide s’installe au pouvoir et que les élections, après «Alhirak Almaghribi», ont engendré un simple mensonge politique exploité par le  parti barbu. Et si les dérives médiatiques de l’équipe Benkirane confirment la montée d’une image négative contre la démocratie, nous avons le  droit de rappeler que la dynamique enregistrée après l’approbation de la nouvelle Constitution risque d’être altérée.


Abdelmoutaleb Amiyare
Lundi 13 Août 2012

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1.Posté par ALAMI le 13/08/2012 13:57
Voici plusieurs mois qu'un gouvernement à dominante islamiste a vu le jour au Maroc suite à des élections démocratiques qui ont porté au devant de la scène politique le PJD.
Nous n'allons pas polémiquer sur la kyrielle de partis, qui vont de la droite traditionnelle au parti communiste (dont on ne comprend plus les fondements idéologiques) qui composent ce nouveau gouvernement, on ne peut plus disparate. Un des atouts politiques de ce chamboulement est la mise en oeuvre effective de la nouvelle constitution qui propulse le chef du parti majoritaire au poste de premier ministre. De ce point de vue, le nouveau jeu politique a été respecté à la lettre, sans que le partage des pouvoirs n'est trouvé son compte, celui du premier ministre restant très subalterne par rapport à celui du monarque qui garde la mainmise sur les rouages institutionnels et politiques les plus importants.
Le PJD et les autres partis semblent tout à fait satisfaits de la nouvelle donne politique, mais qu'en est-il des profonds changements attendus par le peuple marocain suite à l'installation de ce nouveau gouvernement et compte tenu du "printemps arabe" qui continue de bouleverser le Maghreb et le proche et moyen orient?
Il nous semble que très peu de résultats concrets ont vu le jour pour améliorer le pouvoir d'achat et les conditions de vie de la population dans son ensemble. Ne parlons pas de la situation de l'emploi qui reste une tache noire dans le panorama social du pays. La corruption (qui était un cheval de bataille électoral du PJD) continue à faire des ravages, et les injustices toujours aussi criantes. La jeunesse, fer de lance de l'avenir du pays, reste marginalisée et désespérée quant aux perspectives d'emploi, de formation et d'insertion sociale. Les diplômes obtenus sont bradés, et le désespoir grandit. Nombre de jeunes diplômés ne voient plus de salut que dans l'immigration quand celle-ci est possible. Quant aux autres, ils vont de sit-in en manifestations pour revendiquer leur dû et une dignité bafouée.
Alors, le Maroc est-il destiné à rester inamovible, et profitant toujours aux mêmes, malgré les changements politiques intervenus?
Attention au désenchantement qui menace et au changement factice qui ne leurre qu'un certain temps.

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