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Le sommet UE-Turquie ne doit pas être seulement consacré aux migrants











Bruxelles
propose
une aide
humanitaire inédite aux
pays de l'UE


Le sommet extraordinaire entre l'Union européenne et la Turquie prévu le 7 mars à Bruxelles ne doit pas être uniquement consacré à la question migratoire mais aussi concerner les relations entre Ankara et l'UE, a affirmé jeudi un responsable turc.
 Cette rencontre doit permettre de répondre à la crise migratoire la plus grave en Europe depuis 1945, alors que la Turquie est de plus en plus considérée côté européen comme la clé pour résoudre une question qui divise l'UE.
 Les dirigeants européens veulent notamment obtenir d'Ankara une mise en oeuvre plus rapide du plan d'action UE-Turquie conclu en novembre, dans lequel le pays s'est engagé à endiguer les départs de migrants de ses côtes vers la Grèce en échange d'une aide financière et de concessions politiques.
 "Nous ne voulons pas que le sommet soit uniquement consacré aux migrants. Il doit prendre en compte l'ensemble des aspects de la relation entre la Turquie et l'UE", a jugé un responsable turc qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.
 En dehors de l'ouverture de nouveaux chapitres du processus d'adhésion de la Turquie à l'UE, le sommet devrait aussi être l'occasion de discuter de la suppression des visas imposés aux citoyens turcs, une mesure qu'Ankara espère voir entrer en vigueur d'ici octobre prochain, a-t-il précisé.
 Le commissaire européen aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, a prévenu que l'Europe irait "au désastre" s'il n'y avait pas "de convergence et une compréhension" entre l'UE et la Turquie lors du sommet de Bruxelles.
 Le président du Conseil européen, Donald Tusk, devait rencontrer jeudi le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu et vendredi le président Recep Tayyip Erdogan.
 Plusieurs responsables européens ont fait part de leur frustration à l'égard d'Ankara, qui n'arrive pas à stopper le flux de migrants fuyant notamment la Syrie en guerre.
 "Nous sommes déterminés à faire cesser cette immigration illégale, mais il est impossible d'y arriver en une journée", a plaidé le responsable turc.
En acceptant de relancer les discussions d'adhésion, freinées depuis de longues années par plusieurs dossiers, notamment ceux des droits de l'Homme et de Chypre, l'UE fait preuve de complaisance envers Ankara, selon les détracteurs du régime islamo-conservateur turc qui dénoncent sa dérive autoritaire.
L'UE a proposé mercredi une aide humanitaire de 700 millions d'euros pour aider ses Etats membres en première ligne sur la route des migrants qui veulent rejoindre l'Europe du Nord, comme la Grèce, où quelque 10.000 personnes sont toujours bloquées à la frontière macédonienne.
 L'engrenage des restrictions récemment décidées par plusieurs pays des Balkans les a piégés en Grèce, faisant planer, selon l'ONU, la menace d'une crise humanitaire imminente.
 Incapables d'apporter une réponse coordonnée, les Européens n'en finissent plus de se déchirer alors que les flux sont loin de diminuer, avec plus de 130.000 migrants arrivés en Europe depuis début janvier selon le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR), après un million l'an dernier.
 La quasi-totalité sont passés par la Grèce, principale porte d'entrée dans l'Union, à partir des côtes turques où continuent d'affluer des demandeurs d'asile fuyant la Syrie, où un fragile cessez-le feu est entré jeudi dans son sixième jour.
 Donald Tusk a évoqué cette crise mercredi à l'occasion d'une visite en Croatie. Jeudi il devait s’entretenir à Athènes avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras puis se rendre à Ankara pour des discussions avec le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.
 En attendant d'obtenir de la Turquie qu'elle en fasse davantage, la Commission européenne a rendu public mercredi un projet sans précédent: il s'agit de fournir une aide humanitaire d'urgence, non seulement à des pays tiers pauvres, mais désormais à des membres de l'UE.
 Cette aide de 700 millions d'euros sur trois ans pourra être mobilisée pour tout pays en difficulté exceptionnelle. Mais elle "ira, dans une large mesure, à la Grèce, parce que c'est là que nous avons la crise humanitaire la plus grave", a précisé le commissaire européen chargé de l'aide humanitaire, Christos Stylianides.
 La Grèce, qui abrite actuellement 23.000 migrants, a évalué ses besoins à 480 millions d'euros pour gérer, le cas échéant, l'accueil de 100.000 réfugiés au total.

 

Vendredi 4 Mars 2016

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