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Le scoop de Benkirane à la Chambre des conseillers

«Le gouvernement exécute le programme et la politique du Roi»




Le scoop de Benkirane à  la Chambre des conseillers
C’est devant des conseillers qui ont rejeté le projet de loi de Finances 2014 de son Exécutif -l’obligeant à se soumettre à une deuxième lecture de la chambre des représentants- que le chef du gouvernement a passé, ce mercredi 25 décembre, son traditionnel grand oral.  C’est peu dire, alors, qu’Abdelilah Benkirane n’est pas vraiment dans son élément quand il est dans les murs de la Chambre haute. Le sourire du chef du gouvernement se fait crispé, les sourcils froncés,  le regard broussailleux. Ici, l’opposition  est majoritaire et elle ne fait pas de cadeau à ceux et celles qui sont aux commandes du pouvoir. Avant même qu’il ne se prête à l’exercice de l’interpellation, M. Benkirane peine à contenir sa mauvaise humeur.  C’est encore une fois la répartition du temps de parole entre gouvernement et conseillers qui sera le motif d’une colère avortée. «C’est la dernière fois que je cède. Et je ne le fais que parce que vous me l’avez demandé hier soir», lancera-t-il au président de la deuxième Chambre. 
Ce mercredi, à la séance mensuelle d’interpellation du chef du gouvernement, c’est la question du social qui était au cœur des débats et des interrogations des parlementaires. Du velours pour les partis de l’opposition qui dressent le bilan d’un échec annoncé. «Une politique sociale suppose une stratégie, des politiques sectorielles fondées sur l’égalité des chances. Le gouvernement Benkirane s’était engagé à faire du social la priorité des priorités. Mais il a failli à ses engagements. Il faut aujourd’hui parler de recul, de programmes sans contenu ni dimension sociale. Ce gouvernement a une politique impopulaire car antisociale». Au nom de l’opposition, l’Istiqlalien Mohamed Ansari annonce la couleur.  
«Que fait le gouvernement Benkirane 2 pour combler les déficits sociaux?», se demandent les groupes parlementaires de l’USFP, la FDT, le PAM, l’Istiqlal et l’UC. La réponse du chef du gouvernement est une longue litanie de chiffres et statistiques pour affirmer haut et fort que «les secteurs sociaux sont en constante amélioration». Le leader islamiste, devenu patron de l’Exécutif fait un détour par l’histoire, remonte à l’indépendance du pays,  survole les années P.A.S, évoque les politiques sociales d’avant, des campagnes généralisées de vaccination, à la compensation des prix en passant par la distribution des terres. L’électrification, l’eau potable, les routes sont présentées comme des trophées. L’anachronisme est à portée de main. L’auto-gloriole, elle, est bel et bien présente.Des chiffres, des pourcentages volent dans un Hémicycle loin d’être archicomble.  Dans la bouche de Benkirane, l’enseignement est tout d’un coup un secteur sans problème. La formation professionnelle n’est pas à plaindre. Les chiffres en témoignent. Problème, c’est à la question essentielle de savoir s’il y a  une politique de l’enseignement que le chef du gouvernement ne répond pas. Quelle est la vision de l’Exécutif en la matière ? Comment l’école peut-elle devenir un ascenseur social ? Pas un mot de celui qui conduit la majorité.  
Même défaillant, le RAMED est présenté comme un acquis historique. Telles que présentées par le chef du gouvernement, les urgences de nos hôpitaux feraient pâlir de jalousie.
«Vous voulez que je vous parle des lacunes de ce gouvernement. C’est le gouvernement du Roi qui exécute le programme du Roi et la politique du Roi», lance  M. Benkirane aux conseillers, oublieux de la Constitution de 2011, des élections qui l’ont conduit jusqu’au pouvoir, du programme gouvernemental qu’il a soumis aux députés pour décrocher son investiture. La reddition des comptes  en prend un sérieux coup face à un chef de gouvernement qui se défausse et fuit ses responsabilités devant les citoyens et les électeurs sur le mode de «ce n’est pas moi, c’est lui!». 
«L’histoire retiendra qu’avec le gouvernement Benkirane, le Maroc croule sous les dettes.  Ce gouvernement a  emprunté en deux ans ce que les gouvernements précédents ont contracté comme dette en dix ans», réplique le président du groupe parlementaire du PAM, Hakim Benchemass. «Où est la réforme de la Caisse de compensation? Que se fait-il pour lutter contre la mauvaise gouvernance et la corruption?», lance ce parlementaire de l’Union socialiste des forces populaires.
Ce mercredi 25 décembre, Abdelilah Benkirane n’a pas résisté à la tentation de faire son show. « A ceux qui disent que le Maroc n’a pas changé depuis que je suis au pouvoir, je leur demande de se rappeler comment le Maroc était il y a deux ans. Le pays était en ébullition. Des manifestations secouaient une soixantaine de villes marocaines.   Ailleurs, des régimes sont tombés ».
La menace est à peine voilée. La vérité historique est quant à elle dévoyée. Il y a deux ans, à la faveur d’un printemps arabe qui a fait long feu, Abdelilah Benkirane et ses ouailles du PJD ont condamné ceux et celles du Mouvement du 20 février qui appelaient à battre le pavé.  

Narjis Rerhaye
Jeudi 26 Décembre 2013

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