Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Le scandale politico-financier persiste en Turquie

Gül se positionne en alternative à Erdogan




Le scandale politico-financier persiste en Turquie
 
Le président turc Abdullah Gül a profité du scandale politico-financier qui fait tanguer le gouvernement pour faire entendre ses différences avec le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, au point d'apparaître comme un rival à huit mois de l'élection présidentielle.
En six mois, c'est devenu un classique de la vie politique turque. Pendant que M. Erdogan déverse à longueur de discours des torrents d'invectives contre ses ennemis de tous poils, accusés de vouloir sa peau et de déstabiliser le pays, M. Gül, lui, ne sort de sa réserve que pour prêcher l'apaisement et le rassemblement. La tempête provoquée par l'arrestation le 17 décembre de dizaines de patrons, hommes d'affaires ou élus proche du pouvoir n'a pas fait exception à ce scénario. Aux quatre coins du pays, le Premier ministre a dénoncé la "conspiration" ourdie contre lui et menacé avec véhémence "l'Etat dans l'Etat" formé par les policiers et magistrats à l'origine de l'enquête qui le menace.
Le chef de l'Etat a semblé prendre systématiquement le contrepied de M. Erdogan. De sa petite voix, il a assuré que la corruption "ne sera et ne pourra pas être étouffée".
Longtemps inséparables, MM. Gül et Erdogan ont fondé ensemble le Parti de la justice et du développement (AKP) en 2001. Mais avec l'élection du premier à la magistrature suprême en 2007, leurs routes ont commencé à lentement s'écarter.
D'abord infimes, sur l'Europe ou le système constitutionnel, leurs différences ont éclaté au grand jour lors de la fronde antigouvernementale de juin dernier.
Même si les deux personnages ont jusque-là évité toute confrontation directe, la crise politique actuelle a encore creusé le fossé qui les sépare, jugent nombre de commentateurs.
D'autant que le chef de l'Etat est réputé proche de la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen, que le Premier ministre juge responsable des ennuis judiciaires qui éclaboussent le premier cercle de son pouvoir.
Certains les décrivent même en rivaux directs pour l'élection présidentielle d'août prochain, qui sera disputée pour la première fois au suffrage universel direct. A ce jour, aucun des deux hommes n'a encore dévoilé ses intentions. "Toutes les options sont ouvertes", a dit la semaine dernière Abdullah Gül. Contraint par une règle interne de son parti à quitter son poste au terme de son troisième mandat en 2015, Recep Tayyip Erdogan, lui, ne fait plus guère mystère de ses ambitions.
Si certains à l'AKP ne veulent pas croire que le président aura l'audace de défier le Premier ministre, d'autres soulignent que le profil modéré du premier pourrait séduire ceux qui, au sein du camp présidentiel, jugent le second décidément incontrôlable.
Avant un éventuel duel au sommet Erdogan-Gül, les élections municipales du 30 mars pourraient servir de juge de paix.
 

AFP
Samedi 11 Janvier 2014

Lu 387 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs