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Le rôle des élus de Casablanca remis en question par la nouvelle vision du développement

Le nouveau wali de la région fait de la com.




Le rôle des élus de Casablanca remis en question  par la nouvelle vision du développement
Khalid Safir, le nouveau wali du Grand Casablanca, a des ambitions pour la métropole. Il veut en faire une ville moins polluée, plus dynamique, où la circulation est plus fluide et où les services publics sont à la disposition de tous les habitants. Bref, une cité où il fait bon vivre.
Pour promouvoir sa stratégie, rien de tel que de mettre la presse à contribution. Il l’a conviée lundi dernier au siège de la wilaya. Un exercice qui en dit long sur la perception que ce polytechnicien  a des médias et du marketing comme leviers facilitateurs du changement.
Une maîtrise qu’il a également manifestée en faisant référence à John Kotter, professeur à la Harvard Business School, considéré comme une autorité en matière de leadership et de changement. Le wali s’inspire de ce best-seller international “Leading Change”, qui décrit les huit phases nécessaires pour transformer une entreprise. Ainsi, il estime que la mise en place de la nouvelle vision de la ville de Casablanca passe par la création d’un sentiment d’urgence comme évoqué dans le discours Royal du 11 octobre et la formation d’une coalition chargée de la mise en œuvre de son projet sur la base d’une vision développée à partir de ce discours et de la volonté de faire de Casablanca un pôle financier international.
Pour produire ses effets, cette vision doit être communiquée et partagée par l’ensemble des intervenants de la ville et doit être capable de mener à des résultats dans le court terme afin d’accélérer le changement et d’ancrer les nouvelles pratiques dans la culture de gestion de la ville.
Une vision stratégique de développement de la région du Grand Casablanca qui veut s’inspirer  également de certaines expériences internationales telles que celles de Barcelone, de Bilbao ou encore du  Québec.
Une grande entreprise de changement qui exige, selon Khalid Safir, la mobilisation de tous les décideurs et l'implication des acteurs responsables, notamment les arrondissements, les communes, les parlementaires, les acteurs politiques et syndicaux, le secteur privé et la société civile pour travailler sur les problèmes qui gangrènent la cité. Habitat insalubre, dégradation de l'environnement, disparités sociales, insécurité, chômage, économie informelle, infrastructures défectueuses, difficultés du transport et de la circulation et la liste est longue. Mais le nouveau wali a-t-il les moyens pour mettre en œuvre sa vision ? Difficile de répondre de manière tranchée. En effet, la ville n’est pas gérée par le seul wali. D’autres intervenants institutionnels et édiles locaux partagent avec lui la gestion de la chose publique.  Une multiplicité de centres de décision qui expose toute vision ou projet porté par un seul homme à l’échec. Cette nouvelle vision traduit-elle un retour des pouvoirs publics comme agents majeurs et quasi uniques du développement local et la relégation des collectivités locales au rôle d’accompagnement de celui-ci? Difficile une fois encore d’y répondre puisqu’aujourd’hui l’Etat apprend, comme l’a expliqué Sabine Planel, chercheur à l’Université Mohammed V, à déléguer ses prérogatives. En effet, «le nouvel esprit des politiques publiques d’une part, suppose l’existence d’un consensus national et de fait la reconnaissance d’autres catégories d’acteurs ; d’autre part, l’ambition des réformes engagées au Maroc, et leur coût, invitent d’autres acteurs à participer au financement du développement national. L’Etat n’est plus seul à participer à la décision politique et à l’instar de l’organisation makhzénienne, il invente de nouveaux relais». Khalid Safir fera-t-il cavalier seul ou assumera-t-il son  rôle d’instigateur, d’intercesseur et de mobilisateur de troupes ? Le temps nous le dira.

Hassan Bentaleb
Mercredi 13 Novembre 2013

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