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Le retour en force de l’USFP




Le retour en force de l’USFP
Le samedi 5 octobre est un jour qui fait date dans l’histoire de l’USFP voire de la  vie politique nationale. Dès le matin, la salle couverte du complexe sportif Moulay Abdallah à Rabat, était archicomble. Des milliers de militants ittihadis en provenance de toutes les régions du Royaume, de sympathisants et même de citoyens ordinaires y ont afflué. Un seul objectif les unit: prendre part au grand meeting  organisé par l’USFP pour dénoncer la politique de chantage politique et de paupérisation des masses menées par le gouvernement Benkirane.
 « Votre présence aujourd’hui dans cette salle et en ces circonstances est la meilleure réplique à tous ceux qui espéraient la fin de l’USFP », a lancé, d’emblée, le Premier secrétaire du parti, Driss Lachgar dans son allocution en l’occasion. « Nous sommes ici réunis et non pas dispersés, unis et non pas désunis, engagés et non pas désengagés... Nous sommes déterminés à continuer la lutte », a-t-il clamé sous les applaudissements nourris de l’assistance, ses ovations incessantes et les slogans ou l’hymne du parti qu’elle ne cessait  de chanter sans relâche. Le dirigeant ittihadi a passé au crible la politique antisociale et antipopulaire du gouvernement Benkirane tout en comparant son bilan avec celui du gouvernement de l’Alternance dirigé à l’époque par Abderrahman El Youssoufi qui disposait  pourtant de moins d’attributions que Benkirane. Un chiffre montre clairement le bilan positif du gouvernement de l’Alternance : la dette extérieure qui était de l’ordre de 24 milliards de dollars au moment de son investiture avait été réduite à 9 milliards de dollars en 2006. « Ce contrôle de la dette extérieure a permis au pays de récupérer ses capacités de décision souveraine au niveau financier et économique vis-à-vis des institutions financières internationales. Nous connaissons tous les répercussions négatives des conditions imposées à notre pays par le FMI et la Banque mondiale durant  les années 80 et au début des années 90», a expliqué Driss Lachgar. Et d’ajouter : «Aujourd’hui, ce gouvernement reproduit le même scénario. Il applique les recettes des institutions financières internationales sans conditions. Les partis le composant n’ont de souci que de rester au pouvoir sans se préoccuper de léguer aux générations futures une économie criblée de dettes ».
La question qui préoccupe les  dirigeants ittihadis, selon Driss Lachgar, n’est pas « qui gouverne aujourd’hui? », mais plutôt « comment il gouverne ? ». «Nous ne sommes pas les seuls à nous poser cette question », mais elle est posée tant par l’opinion publique qu’au sein de l’administration, dans le secteur privé, la société civile et le mouvement syndical. Elle l’est aussi bien dans les villages que les villes. Tout le monde est convaincu que le gouvernement actuel utilise des méthodes qui participent du chantage politique, de l’intimidation et de la menace », a précisé le leader ittihadi.
Il est inconcevable, dans un système démocratique, a-t-il poursuivi, que le gouvernement et son chef passent sous silence la crise gouvernementale qui perdure depuis la démission des ministres istiqlaliens il y a quatre mois sans que le chef de l’Exécutif n’informe officiellement l’opinion publique de tout ce qui se passe et de sa vision des choses comme l’exigent les traditions démocratiques. Au lieu de tout cela, Abdelilah Benkirane se contente de « faire des déclarations lors de  meetings de propagande de son parti semant davantage de confusion et de trouble ».
Le Premier secrétaire a, en outre, sévèrement critiqué la Charte de la réforme de la justice qui constitue, selon lui, une régression.
Pis encore, le gouvernement dont le chef dispose de larges prérogatives manque de visibilité comme en atteste le flou qui entoure la date des échéances électorales. Et c’est là que le bât blesse, car il a bafoué un principe que les démocrates et à leur tête les Ittihadis ont instauré depuis le gouvernement de l’Alternance,  stipulant que l’agenda électoral est défini et connu à l’avance par tous les acteurs politiques en vue d’en garantir la transparence.  
Il a passé ensuite en revue toutes les décisions prises par le gouvernement Benkirane et qui portent atteinte à tous les acquis réalisés depuis le gouvernement El Youssoufi. Il s’agit notamment du gel du dialogue social, de l’instauration d’une réforme unilatérale de la CMR, des directives contenues dans la lettre de cadrage de la loi de Finances 2014 concernant le gel de toutes les augmentations des salaires et des promotions sous prétexte de bonne gouvernance. « C’est une situation sociale sans précédent caractérisée par un attentisme mortel. Depuis des mois, le gouvernement est occupé par des bisbilles sans se soucier des intérêts du pays », a précisé le dirigeant ittihdi. Et d’ajouter :  «Ce sont des bombes à retardement qui peuvent exploser à court terme, et personne nous ne convaincra  de céder face à cette décadence au prétexte que le Maroc est un îlot de stabilité dans un océan agité dont ils se prétendent  être garants ». « C’est tout simplement du chantage politique visant à conférer à la stabilité, l’apparence d’un épouvantail pour porter atteinte aux acquis et aux droits des citoyens », conclut-il.
Des dirigeants des principales organisations syndicales ont pris part à ce grand meeting politique. Il s’agit respectivement de la Fédération démocratique du travail, de l’Union générale des travailleurs du Maroc, de l’Organisation démocratique du travail, du Syndicat national des commerçants et professionnels …, outre  des membres dirigeants du Parti de l’Istiqlal, en l’occurrence Abdellah El Bakkali, Adil Benhamza, et Abdelkader El Khihl et la Chabiba istiqlalya qui a marqué ce meeting par sa forte présence.
A ce sujet, il convient de rappeler que Driss Lachgar a fait allusion lors de son allocution à « l’alliance stratégique » entre l’USFP et le PI en affirmant : « Nous allons au-devant dans notre alliance stratégique avec nos frères du Parti de l’Istiqlal pour  une renaissance du message du Mouvement national marocain ».
Conforté par le succès du meeting, le président de la Commission administrative de l’USFP, Habib El Malki, a ainsi salué les participants aux travaux de la session ordinaire du Conseil national de l’USFP tenue samedi après-midi.
« Nous avons vécu ce matin a-t-il dit, un événement national porteur de plusieurs messages » politiques  adressés aussi bien aux alliés du parti qu’à ses adversaires. Et ajouter : «Je n’exagère pas si je dis que nous avons vécu une fête ittihadie qui nous rappelle un passé glorieux. Nous avons vécu aujourd’hui un tournant que nous devons exploiter pour nous diriger avec confiance vers l’avenir ».

Mourad Tabet
Lundi 7 Octobre 2013

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