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Le règne de la terreur




Le règne de la terreur
Du déjà-vu hélas (et même beaucoup trop vu), que l’hallucinant spectacle de rues dévastées, d’immeubles éventrés, de carcasses d’automobiles en flammes, de survivants ensanglantés et hagards, dont nous gratifie la terreur, à chaque fois qu’elle s’acharne sur sa proie libanaise.
Même les plus aguerris pourtant auront été glacés d’effroi par le bilan exceptionnellement lourd de l’attentat à la voiture piégée perpétré jeudi dans la banlieue sud de Beyrouth. Exceptionnel, cet attentat l’était aussi parce qu’il a visé le quartier populeux de Roueiss, fief du Hezbollah et donc un des secteurs les plus strictement gardés de la capitale. Tout aussi consternant cependant que l’ampleur de l’hécatombe est le fait que de telles violences étaient à craindre, pour ne pas dire qu’elles étaient annoncées, et cela à la lumière des nombreux actes criminels et autres accès de violence observés tout récemment en divers points du pays.
En effet, ces événements étaient presque tous en rigoureux rapport avec la guerre civile de Syrie, conflit dans lequel s’est profondément impliqué le Hezbollah, mais aussi d’autres boutefeux locaux de moindre envergure. La fatalité n’a rien à y voir : ce déjà-vu, c’était en somme du prévu, même si la responsabilité de l’attentat de Roueiss a été attribuée tantôt à Israël et tantôt à la fraction salafiste de la rébellion syrienne. Ou encore aux deux tout à la fois, comme a paru le faire acrobatiquement Hassan Nasrallah, au cours de son apparition télévisée d’hier.
La contradiction découlant de ce curieux amalgame n’est d’ailleurs pas la seule que renfermait son allocution. Admirable de lucidité était ainsi l’appel à la coopération de tous qu’a lancé le chef du Hezbollah pour faire échec à un complot terroriste, visant à initier une guerre sunnito-chiite qui entraînerait la destruction du Liban. Appel qu’est venu aussitôt infirmer la suite de son discours. Car si Nasrallah exige – à juste titre – que soient neutralisés par les services étatiques les groupes salafistes suspects ou convaincus de menées terroristes il n’a pas fini, en revanche, d’exonérer sa milice de la politique de distanciation du conflit syrien décrétée par l’Etat. Mieux encore, il s’engage à jeter, au besoin, tous ses effectifs, lui-même en tête, dans la bataille de Syrie.
A l’évidence, le pays est gravement menacé d’un blitz terroriste, d’une inhumaine campagne d’attentats aux explosifs. Mais il serait illusoire de croire que l’on peut parer à ce péril en s’attaquant à un seul des volets de la question. C’est seulement en se rassemblant derrière les institutions, avec toutes les astreintes et contraintes que cela comporte, que pourront, comme le souhaite Hassan Nasrallah, coopérer tous les Libanais. Trêve de faux-fuyants : hors de l’Etat, point de salut.

*Editorialiste, conseiller
du PDG de L’Orient-Le Jour


Par Issa Goraieb*
Lundi 26 Août 2013

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