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Le redressement du Costa Concordia, un pari fou




Le redressement du Costa Concordia, un pari fou
La société Costa, filiale de l’armateur géant américain Carnival, devait tenter hier de redresser le Concordia, ce paquebot de 290 mètres et de 114 500 tonnes échoué sur les côtes de l’île du Giglio depuis le 12 janvier 2012.
Depuis le naufrage qui a fait trente morts et deux disparus, deux entreprises travaillent  jour etr nuit pour préparer cette manœuvre très délicate. Les Américains de «Titan Salvage», leaders mondiaux dans ce genre d’opérations, et les Italiens de «Micoperi», spécialistes des soudures et constructions sous-marines, travaillent d’arrache-pied depuis des mois. Ce chantier géant qui emploie près de 500 personnes sept jours sur sept aura coûté plus d’un demi-milliard d’euros, soit 50 millions de plus que le prix du Concordia.
C’est la première fois de l’histoire qu’un tel sauvetage est tenté, sur un bateau aussi grand et aussi complexe. D’habitude, il s’agit de pétroliers ou de porte-containers dont la structure est beaucoup plus solide. Pour le Concordia, il a fallu faire appel à l’ingéniosité de ces travailleurs de l’extrême pour imaginer cette opération rebaptisée «parbuckling» et qui a consisté à placer sur le flanc émergé une quinzaine de caissons métalliques de 30 mètres de hauteur et dix mètres sur dix qui, une fois remplis d’eau allaient pouvoir faire basculer cette ville flottante sur une plate-forme sous-marine de la longueur du bateau. Une fois redressé, d’autres caissons devront être installés côté tribord. Une fois vidés de leur eau de mer, l’ensemble devrait servir de flotteurs géants et faire remonter toute la structure de quelques mètres afin qu’elle puisse être tractée dans un port pour y être démantelée.
Les nombreux plongeurs engagés sur le chantier n’ont jamais réussi à identifier les dégâts de la coque lorsqu’elle s’est accrochée sur les rochers de l’île à 300 mètres du port et il faudra sans doute colmater les brèches lorsque le bateau aura effectué cette rotation de 65 degrés, en espérant que sa structure ne se brise pas. Quand à l’intérieur du bateau, aucun responsable n’a voulu prendre le risque d’envoyer des plongeurs en éclaireurs à l’intérieur de la carcasse, tant le labyrinthe est inextricable et les repères déroutants. A l’intérieur pourtant, il reste assez de victuailles pour plus de 3500 personnes, qui a dû se dégrader naturellement en plus d’un an. En ce qui concerne les produits toxiques (peintures et autres objets polluants), les observateurs chargés par Costa de l’étude de l’impact du navire sur l’environnement, assurent que ces produits se trouvent toujours dans des containers a priori scellés et étanches.
La manœuvre qui devrait durer une bonne douzaine d’heures, sera observée par les TV du monde entier mais aussi par webcam live. L'agence Reuters a également mis en place un direct vidéo autour des opérations.

Libé
Mardi 17 Septembre 2013

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