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Le professeur Marcelo vainqueur dès le premier tour des présidentielles portugaises




Grand favori de l'élection présidentielle au Portugal, le candidat conservateur Marcelo Rebelo de Sousa a été élu dimanche dès le premier tour, porté par sa popularité comme commentateur à la télévision, face à une gauche divisée. Ce professeur de droit haut en couleur, âgé de 67 ans, recueille 52% des voix, devançant nettement son principal rival, l'indépendant de gauche Antonio Sampaio da Novoa, qui obtient 22,89% des suffrages, selon des résultats quasi complets.
Enjeu clef du scrutin, le chef de l'Etat dispose du droit de dissoudre le Parlement, une arme décisive alors que le gouvernement socialiste en place depuis novembre dépend d'une alliance fragile avec la gauche radicale.
Un an et demi après la sortie du Portugal de son plan de sauvetage international de 78 milliards d'euros, l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement minoritaire soutenu par le Parti communiste et le Bloc de gauche avait divisé le pays et suscité des inquiétudes en Europe.
"Je veux rétablir l'unité nationale", alors que "notre pays sort d'une crise économique et sociale profonde", a déclaré dimanche soir Marcelo Rebelo de Sousa, s'engageant à "être un président libre et indépendant".
Parmi les premiers à féliciter le futur chef de l'Etat, l'ancien Premier ministre de droite Pedro Passos Coelho a estimé que "cette victoire dès le premier tour lui confère une autorité politique incontestable".
Populaire au-delà de son camp politique comme commentateur vedette à la télévision, Marcelo Rebelo de Sousa a mené une campagne très personnalisée, sans affiches ni tracts, privilégiant le contact direct avec les électeurs.
"Il a mené une campagne consensuelle, à l'écart de son camp politique, visant à capter des voix à gauche et à droite", a expliqué à l'AFP le politologue José Antonio Passos Palmeira.
"Le professeur Marcelo est expérimenté, il inspire confiance", estime Cesario Correia, un retraité de 69 ans, après avoir voté dans un quartier populaire de Lisbonne.
Un avis que ne partage guère José Nascimento, comptable de 57 ans, qui a choisi une candidate de gauche : "Marcelo fait du spectacle, c'est une personnalité du "showbiz" qui promet tout à tout le monde".
Cette élection a mobilisé davantage de Portugais que lors du dernier scrutin présidentiel, avec un taux d'abstention se situant à 51,2%, contre un record de 53,5% en 2011.
Divisé, le Parti socialiste, qui n'a donné aucune consigne de vote, apparaît comme le grand perdant de cette élection. L'ancienne ministre de la Santé socialiste Maria de Belem Roseira a ainsi dû se contenter de 4,24% des voix, devancée par la candidate du Bloc de gauche, Marisa Matias (10,13% des voix).
"C'est une défaite pour la gauche", a reconnu Catarina Martins, porte-parole de ce parti frère du Syriza grec et allié du gouvernement socialiste.
Président du Parti social-démocrate (PSD, centre droit) de 1996 à 1999, Marcelo Rebelo de Sousa passe pour un électron libre de la politique portugaise, connu pour son indépendance d'esprit.
Si sa candidature disposait du soutien officiel du PSD et du CDS (droite), il a pris ses distances avec des partis associés à quatre ans d'austérité budgétaire.
A part la couleur politique, tout le distingue du président sortant, Anibal Cavaco Silva, qui achève à 76 ans son deuxième quinquennat consécutif, dont la fin a été marquée par la crise née des élections législatives du 4 octobre.
Ce conservateur à l'allure rigide n'a jamais caché sa réticence à nommer un gouvernement socialiste appuyé au Parlement par des partis de gauche radicale anti-européens et opposés à l'Otan.
Cette alliance inédite en quarante ans de démocratie avait évincé du pouvoir la coalition de droite, arrivée en tête des élections, mais sans majorité absolue.
A l'inverse de M. Cavaco Silva, le "professeur Marcelo" s'est montré plutôt conciliant envers le gouvernement dirigé par Antonio Costa, son ancien élève à la faculté de droit de Lisbonne.
"Il ne sera pas l'ennemi politique du gouvernement socialiste", a déclaré à l'AFP le politologue Antonio Costa Pinto. Mais en cas de crise, "il n'hésitera pas non plus à convoquer de nouvelles élections, s'il est convaincu qu'elles déboucheront sur une majorité stable".
Au grand dam des ténors de la droite, qui misent sur leur candidat pour leur faciliter le retour au pouvoir, M. Rebelo de Sousa a qualifié d'"absolument absurde" l'hypothèse d'une dissolution du Parlement dès son arrivée au palais présidentiel.

Mardi 26 Janvier 2016

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