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Le prisme tactique WAC-Al Ahly : Un succès en trompe-l'œil




Au terme d'un match irrespirable, le Wydad de Casablanca
s’est relancé dans sa quête à la qualification aux quarts de finale de la Ligue des champions. Un
succès crucial acquis face au récent champion d’Egypte, méconnaissable et apathique. Mais cette victoire est une petite cachottière, elle dissimule les points négatifs récurrents qui
accompagnent les Rouges depuis
la prise de fonction
de Houcine Ammouta.


Le dessin du début de match fut marqué par un étouffant pressing tout terrain des deux équipes et une bataille de tranchées dans l’entrejeu. Le milieu de terrain disposé en triangle inversé du Wydad a été au centre des attentions. Inédit par ses hommes, composé de S. Saidi et A. El Asbahi, en milieux relayeurs, puis J. A. Ben-Idir en pointe basse, il a perdu face au pressing et la supériorité numérique de son vis-à-vis égyptien. Le milieu défensif franco-marocain n’a pas la même capacité créatrice dans cette zone du terrain que les vraies sentinelles devant la défense. Ce n’est pas une vraie rampe de lancement basse. Il aurait fallu davantage de mouvement, de vitesse et de créativité pour sortir de la tenaille du milieu à 5 Egyptiens.
Ces derniers ont déployé leur habituel 4-2-3-1, lors des rares incursions dans le camp du WAC. Puis, à la perte du cuir, ils s’organisaient en 4-1-4-1 et un bloc défensif bas et compact, avec par moments, huit, neuf... onze à vingt-cinq mètres du but. La réplique du Wydad s’est présentée sous la forme d’une animation offensive s’articulant autour d’un 4-3-3, singularisée par une grande distance de soutien entre les joueurs afin d’étirer le bloc défensif dense et compact des Egyptiens et ainsi réduire la pression sur le trident offensif, composé de M. Ounajem, A. Bencharki sur les côtés, et F. Onadama dans l’axe.  
Anas Al Asbahi a ponctué par un tir hors cadre, des 30 mètres, 20 premières minutes intenses et engagées. Utilisé avec une parcimonie d’épicier par son coach, le jeune milieu de terrain a éclairé l’entrejeu tout le long du match par sa justesse dans la passe, surtout dans le camp adverse, ainsi que sa complicité avec M. Ounajem et  A. Bencharki.
A la pause, il fut clair que le Wydad ne cherchait pas trop à prendre de vitesse le bloc adverse, immédiatement à la récupération, préférant s’engluer dans des phases de possession stériles (58 %), A. Bencherki venant assez peu, lui qui a le profil, dans le grand espace vide entre l’unique milieu défensif égyptien et la ligne de 4 qui le devance.
Alors que quinze minutes plus tôt, l'agonie les guettait, F. Ondama dans la surface, a permis aux Rouge et Blanc d'estoquer d’entrée de seconde période, un opposant recroquevillé devant sa surface (47’). Bien qu’elle soit empreinte d’une pointe de hasard et d’une grande dose de léthargie de la part de la défense d’Al Ahly, l’ouverture du score consécutive au second tir des Wydadis, nous rappelle que le Congolais a été décisif, l’une des rares fois où il s’est retrouvé dans la surface de réparation, sans «dézoner».
La dernière demi-heure a coïncidé avec le réveil des Cairotes, en accentuant leur tenaille et emprise sur le milieu du Wydad à partir de la ligne médiane. Une option risquée, qui a mis en exergue les velléités offensives privilégiées du WAC et qui passe par l’utilisation de la vitesse de son trident offensif.
Le second but en est un modèle. Car si El Karti a fêté son but avec un regard de gladiateur et des points brandis vers la foule, tout le mérite est à mettre à l’actif de M. Ounajem. Cette inventivité permanente, dans le déplacement, la passe, le dribble ou la feinte ouvre la voie inexplorée d’un repositionnement dans l’axe. Il peut régler le déficit récurrent de l’attaque du Wydad à accélérer et déstabiliser les défenses campées devant le but.
En fin de compte, pouvait-il vraiment en être autrement ? Ce résultat pointe principalement le côté «Docteur Jekyll et mister hyde» des joueurs d’Al Ahly et éclaire un mal récurrent post-célébration : le phénomène de décompression (3 tirs/ 0 cadré). Surtout, malgré la victoire, le Wydad reste une équipe qui mélange les sujets d'inquiétude et les promesses. Par-delà la priorité d'une qualification, le reste de cette phase de groupe doit permettre au Wydad d'avancer, et dans le sens de l'ascension si possible. Car même si le ciel semble s'éclaircir pour les Rouge et Blanc, ils sont loin d’être tirés d'affaire.

Chady Chaabi (Stagiaire)
Jeudi 22 Juin 2017

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