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Le premier président civil de la Birmanie depuis 50 ans prête serment




Le nouveau président birman, un proche d'Aung San Suu Kyi, a prêté serment mercredi devant le Parlement à Naypyidaw, marquant le début d'une nouvelle ère pour ce pays qui a subi des décennies de domination militaire.
"Je promets d'être fidèle au peuple de la république birmane", a déclaré Htin Kyaw, arrivé au Parlement au côté d'Aung San Suu Kyi, tous deux vêtus de longyis, la jupe traditionnelle birmane.
 Le symbole de cette arrivée en duo est fort, Aung San Suu Kyi ayant promis d'être de facto "au-dessus du président".
 Dès le départ, Htin Kyaw a en effet accepté ce rôle de doublure du prix Nobel de la paix, empêchée de devenir présidente en raison d'une Constitution héritée de la junte.
Cet ami d'enfance de la Dame de Rangoun, âgé de 69 ans contre 70 pour elle, se retrouve ainsi à être le premier président civil du pays depuis des décennies, Aung San Suu Kyi n'ayant pas réussi à faire changer la Constitution pour devenir présidente.
 Elle-même sera par défaut à la tête d'un "super ministère" nouvellement créé, comprenant notamment les Affaires étrangères.
 Elle a prêté serment à ce titre, comme les autres membres du gouvernement, après Htin Kyaw. Parmi ce cabinet de sexagénaires, aucune femme à part Aung San Suu Kyi.
En vertu d'un système politique complexe -critiqué pour ses longueurs par Aung San Suu Kyi elle-même -, cette prise de fonction du nouvel exécutif intervient près de cinq mois après des législatives qui se sont révélées un raz-de-marée pour la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti d'Aung San Suu Kyi.
 Ce fut aussi un vote sanction contre le gouvernement de transition composé d'ex-généraux ayant pourtant mené des réformes importantes en cinq années de transition post-junte.
 Cheville ouvrière des réformes, le président sortant Thein Sein a occupé la scène médiatique jusqu'au bout, multipliant ces dernières semaines les visites de terrain sur des projets réalisés sous son mandat. Avec en vue les élections de 2020.
Après l'étape du Parlement, Htin Kyaw, élu président par le Parlement le 15 mars, s'est rendu au palais présidentiel pour rencontrer Thein Sein.
Cette passation de pouvoir est le dernier acte d'une très longue transition politique qui a commencé après les législatives du 8 novembre 2015, le premier scrutin libre depuis un quart de siècle, auquel les Birmans se sont déplacés en masse.
 Ce gouvernement civil est investi d'immenses espoirs dans un pays où un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté.
 La NLD a promis de donner la priorité à l'éducation et la santé, domaines dans lesquels la Birmanie est l'un des plus mauvais élèves au niveau mondial en termes de budget.
 "Le pays est prêt et avide de changement", estime l'analyste politique Khin Zaw Win, ancien prisonnier politique devenu directeur du centre d'analyse politique Tampadipa.
 Selon lui, la pression sera forte sur les épaules du nouveau gouvernement dans les cinq années à venir.
 Le nouveau gouvernement va ainsi être soumis à une forte pression de réformes rapidement visibles et sera tenté de ne pas "reprendre tout à zéro", ajoute-t-il.
Un autre grand chantier attend l'équipe d'Aung San Suu Kyi: les conflits armés ethniques. Dans plusieurs régions frontalières, des groupes rebelles réclament plus d'autonomie et affrontent les forces gouvernementales. Et dans l'ouest du pays, des milliers de musulmans Rohingyas vivent toujours déplacés dans des camps.
 Aung San Suu Kyi et son équipe devront aussi manoeuvrer pour gérer les relations avec l'armée birmane, qui reste très puissante politiquement, avec un quart des sièges au Parlement tenu par des militaires non élus.
 Restent entre ses mains trois positions importantes au sein du gouvernement (Intérieur, Défense et Frontières).
Le puissant chef de l'armée, le général Min Aung Hlaing, était d'ailleurs présent mercredi au Parlement pour le serment du nouveau président.

 

Jeudi 31 Mars 2016

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