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Le port de Tan Tan dans les sables mouvants

Demande d’ouverture d'une enquête parlementaire sur les erreurs de conception et leurs conséquences




Le port de Tan Tan dans les sables mouvants
 
De plus en plus de voix s'élèvent en faveur de l’ouverture d'une enquête parlementaire sur la situation du port de Tan Tan. Pas plutôt qu’avant-hier, un sit-in a été organisé devant la délégation de la Pêche maritime de la ville pour exiger une intervention rapide de la part des pouvoirs publics afin d’éviter une autre catastrophe comme celle causée par le « Silver »,  pétrolier battant pavillon marocain qui a drossé, le 23 décembre, les bancs de sable situés à l’entrée  du port de Tan Tan. 
Les protestataires estiment que le port s’est transformé en vrai cimetière pour les marins et leurs bateaux.  Ils demandent ainsi la restructuration du port actuel ou la construction d’un nouveau à même de répondre aux normes et aux conditions de sécurité en vigueur dans les ports nationaux et internationaux. 
Mieux, ils réclament l’envoi d’une commission d’enquête parlementaire afin de mettre en  lumière ce qu’ils qualifient de détérioration de la situation dans le port de cette ville du Sud du Maroc.  
Des revendications qui n’ont rien de farfelu puisque ce port est le second en importance après celui de Laâyoune, selon Najib Cherfaoui, ingénieur des Ponts et Chaussées, et ce par le volume des poissons débarqués par la pêche côtière (qui a représenté près de 12% du tonnage national en 2012) et de la pêche hauturière dans laquelle il se spécialise sans compter les nombreuses unités de transformation qui s'activent dans cette région et  emploient environ 4.000 personnes.
De ce fait, le complexe Tan Tan-El Ouatia reçoit d'importants flux migratoires et abrite une grande population.
Les nombreuses activités tournant autour du port et de la pêche - transformation du produit, construction et réparation navales, congélation, fabrication de glace - contribuent au développement du tissu urbain d’El Ouatia, qui n'était qu'un site portuaire sans agglomération urbaine.
Cependant,  bien qu'elle soit chef-lieu de sa province, la ville de Tan Tan dispose d’un port  handicapé par l'avancée des sables qui l'empêche de se développer vers l'Ouest.
«L’échouement du navire Silver a été la goutte qui a fait déborder le vase. Du fait que cet incident a provoqué la paralysie totale du port. Pour l’opinion publique de la ville, il est grand  temps de procéder à un changement de la situation», nous a expliqué une source proche de ce dossier avant de poursuivre : «Plusieurs rapports ont désigné le port de la ville comme un point noir et sa situation a été à plusieurs reprises débattue au Parlement sans qu’aucune solution ne soit trouvée ».   
Des propos qui font remonter à la surface un vieux débat sur la justesse de la décision de construire le port sur son emplacement actuel et la série de mauvais choix concernant la lutte contre l’ensablement de cette importante infrastructure de base. Najib Cherfaoui estime que la passe d’entrée du port de Tan Tan présente un gros problème depuis son édification. D’après lui, il s’agit bel et bien d’une erreur qui dure depuis 40 ans et qui est due à l’ignorance des choses de la mer et à l’absence totale de culture portuaire.
Najib Cherfaoui et Hamadi Doghmi ont expliqué, dans leur livre commun : « Ports du Maroc, fulgurances, des origines à 2020 », que le tâtonnement des responsables a fait « entrer le port dans un labyrinthe digne de Kafka » avec au final, un résultat qui ressemble étrangement à un tableau de Malevitch ».
Les deux experts citent les travaux amorcés en 1985 et qui consistent à améliorer la passe d’entrée en prolongeant la digue longitudinale sur 225 m et en démolissant le musoir de l’éperon. L’idée consiste à éloigner la flèche principale vers le Sud et à éliminer la flèche secondaire. Une fois le chantier achevé en 1987, on s’est rendu compte que la plage adossée à la jetée grossit de manière démesurée. Le sable s’y entasse à raison de 70.000 m3 par an. 
En 1997, d’autres travaux ont été amorcés consistant à imposer le principe de construction d’un dispositif d’arrêt des sables composé d’un épi de 700m et d’un tenon de 350m. Mais, là aussi, les objectifs fixés ne sont pas atteints et la situation ne fait que s’aggraver». Les sables envahissent la zone délimitée par la digue transversale et le tenon, à telle enseigne que la plage ainsi formée est à son tour remblayée et convertie en terre-pleins. Mais, rien n’y fait, un deuxième remblaiement s’avère nécessaire. Quant à l’épi, il s’est rapidement enlisé dans les sables». Une série donc d’erreurs qui ont fini par transformer le port de Tan Tan en  un plan d’eau de moins de 20 hectares, totalement ensablé. Une réalité qui ne dérange pas l’actuel gouvernement qui semble avoir d’autres priorités. 
 

Hassan Bentaleb
Samedi 4 Janvier 2014

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1.Posté par tantan24.com le 07/01/2014 11:11
port de tantan il faut faire extention ou bien cree nouveau port pour eviter les problem du sable

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