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Le plan de relance Obama réussira-t-il?




Le plan de relance Obama réussira-t-il?
Obama va-t-il réussir son pari de relance? Au cours des trois dernières décennies, les six présidents des États-Unis (y compris l’actuel), démocrates et républicains du Congrès, ainsi que la Réserve fédérale (sous quatre présidents) ont essayé différentes politiques économiques avec des résultats très variables. Le Président Obama et le Congrès démocrate sont maintenant engagés sur une nouvelle voie, et pour juger de leurs chances de réussite, il est utile d’interpeller l’histoire.
Le Président Jimmy Carter hérita d’une économie en croissance, mais avec une inflation et un chômage relativement élevés. Il quitta le pouvoir avec une économie en récession, un chômage élevé et une inflation et des taux d’intérêt à des niveaux records (le taux directeur avait attient un moment 21%). Les politiques de Carter, avaient pour objectif de maintenir à un niveau très élevé les taux marginaux d’impôt sur le revenu, et une légère expansion de la taille relative du secteur public. M. Carter avait nommé G. William Miller comme président de la Réserve fédérale, qui avait engagé une expansion monétaire très rapide provocant une inflation désastreuse, ce qui poussa Carter à le remplacer par Paul Volcker à la fin de son mandat.
Le Président Reagan hérita d’une situation économique encore pire que celle dont a hérité le Président Obama. Quand Reagan prît ses fonctions, l’économie était en récession depuis près d’un an, le taux de chômage était presque identique à celui d’aujourd’hui, mais le taux d’activité était plus faible, et l’inflation hors de contrôle. Les marchés du crédit étaient au plus mal, et les entreprises et les consommateurs n’empruntaient pas car ils ne pouvaient pas se le permettre aux taux d’intérêt de l’époque. Reagan, contrairement à ses détracteurs, avait un plan pour relancer l’économie qui comprenait : une politique monétaire restrictive pour stopper l’inflation, d’importantes réductions des taux marginaux d’imposition pour réhabiliter les incitations à travailler, à épargner et à investir, ainsi qu’une réduction de la part des dépenses publiques non militaires dans le produit intérieur brut (PIB). Ce plan permît à Reagan de tenir ses promesses, entraînant une forte croissance (7,2% pour la seule année de 1984) et d’importantes réductions du chômage et de l’inflation. Il resta fidèle à M. Volcker et sa politique monétaire restrictive, car il comprenait que l’inflation devait être maintenue sous contrôle, même s’il savait aussi que cela prolongerait la récession à court terme. Combien d’hommes politiques aujourd’hui seraient prêts à prendre ce risque pour le bien commun à long terme?
Le premier président Bush avait promis de ne pas augmenter les impôts et de maintenir la croissance des dépenses publiques inférieure à celle du PIB nominal. Il a presque immédiatement abandonné ses promesses sur les dépenses et, sur la fin, ses promesses fiscales. Le résultat a été un recul de la croissance par rapport aux années Reagan, y compris une brève récession en 1990, et une hausse du chômage.
Le Président Clinton fût élu en 1992 sur un programme qui ressemble aux promesses de Bush en 1988 : pas de nouveaux impôts ; restriction des dépenses. M. Clinton revint rapidement sur sa promesse concernant les impôts mais honora, finalement, son engagement de modération des dépenses (grâce à une forte impulsion du nouveau Congrès républicain après l’élection de 1994). Par ailleurs, la Fed réussit à maintenir un faible taux d’inflation pendant les années Clinton, jusqu’en 2000. Il en résulta une forte croissance économique jusqu’à la fin de l’administration Clinton lorsque les dépenses grimpèrent et l’économie entra en récession, juste au moment où son successeur prît ses fonctions.
Le deuxième Président Bush promît de freiner le rythme de croissance des dépenses publiques et de réduire les taux d’imposition. Il avait en partie appris de l’erreur de son père et a gardé les taux d’imposition relativement faibles, mais (comme son père) il ne parvînt pas à limiter les dépenses, notamment les dépenses non militaires. Le Président de la Fed, Alan Greenspan, maintînt les taux d’intérêt trop bas après la récession de 2001, ce qui alimenta de manière prévisible la bulle immobilière. D’où la récession, avec un taux de chômage de plus de 7%, et d’où, en grande partie, le désordre financier actuel.
Le Président Obama avait promis de limiter la croissance des dépenses, mais a augmenté les impôts des groupes aux revenus les plus élevés. Déjà, l’adoption du projet de loi du plan de relance, à elle seule, représente la plus grande croissance dans les dépenses du gouvernement depuis la Grande Dépression. S’il augmente les impôts, y compris en laissant les réductions d’impôt de George W. Bush courir jusqu’à la fin de 2010, ses politiques économiques ressembleront à celles du premier Président Bush. (Rappelons que les présidents Herbert Hoover et Franklin D. Roosevelt ont tous deux augmenté les impôts et les dépenses publiques. Résultat : les années 30 ont été la seule décennie sans croissance économique dans l’histoire des États-Unis.)
Encore une fois, au cours des années Reagan, les taux d’imposition ont baissé substantiellement, la croissance des dépenses publiques a été modérée, et l’économie a crû rapidement. Durant les années Clinton, les taux d’imposition les plus élevés ont été augmentés, mais les dépenses du gouvernement ont été restreintes pendant la majorité de son mandat, et l’économie a crû rapidement jusqu’aux derniers mois de son mandat. Mais durant les années Carter et Bush père et fils, les dépenses publiques non militaires ont augmenté par rapport à l’économie, les taux de croissance ont baissé et le chômage a augmenté. Pourquoi devrions-nous nous attendre à un résultat différent cette fois-ci ?

Analyste au Cato Institute et président de l’Institute for Global Economic Growth.
Article publié avec l’accord de www.unmondelibre.org


Richard Rahn
Jeudi 2 Avril 2009

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