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Le patronat dresse un tableau sombre de la situation

Selon l’économiste Fouad Ammor, tous les indicateurs sont au rouge




Le patronat dresse un tableau sombre de la situation
Dans son dernier "Baromètre trimestriel de conjoncture auprès des chefs d'entreprises", la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) souligne que la majorité des indicateurs de performance de l'entreprise marocaine ont été plutôt négatifs au 1er trimestre 2014. Selon l’enquête de la CGEM, 46 % des entreprises sondées ont affirmé que leur trésorerie s'est dégradée, au titre des trois premiers mois de l'année en cours, tandis que 39 % des entreprises composant l'échantillon interrogé estiment que leur chiffre d'affaires est en baisse. Pour ce qui est de la situation économique du Maroc, 42 % des entreprises avancent qu'elle n'est pas bonne et 35 % affirment qu'elle s'est dégradée par rapport au trimestre précédent, selon les principales conclusions de la 2ème vague du Baromètre de conjoncture relatif au 1er trimestre 2014. C’est dire, pour le patronat, les difficultés auxquelles fait face l’économie nationale.
Pour Fouad Ammor, économiste et professeur universitaire, «la réaction de la CGEM est tout à fait normale  de la part du syndicat des patrons qui veulent toujours avoir plus d’avantages ». Mais, selon notre interlocuteur, «il est certain que les pouvoirs publics doivent repenser l’économie nationale, qui passe par des moments difficiles». Et l’économiste de rappeler que «le Maroc a signé un certain nombre d’accords de libre-échange sans avoir prévu des mesures d’accompagnement. C’est le cas par exemple de l’accord signé avec l’Union européenne. Dans l’absolu, cet accord est bel et bien devenu opérationnel depuis 2010. Les droits de douane sont quasiment nuls. Et conformément à cet accord, tous les produits en provenance de l’UE ne payent donc pas de droits de douane». Or, quand le Maroc a procédé à la signature de cet accord, il n’a pas prévu des mesures d’accompagnement, dit-il. « Et aujourd’hui, un certain nombre de secteurs économiques sont en souffrance à cause de cela. A ne citer dans ce cadre que le secteur de textile, et les branches affiliées à la filière métallurgique, lesquels secteurs avaient pourtant une certaine longueur d’avance, il y a encore quelques années», soutient-il.
« L’économie marocaine fait donc actuellement face à un certain nombre de difficultés, à la fois conjoncturelles et structurelles», a poursuivi Fouad Ammor. «Quand on voit l’évolution des indicateurs économiques du pays, on constate que la structure économique n’est pas très prometteuse.  Il faut dire que pratiquement  tous les indicateurs sont au rouge», prévient-il. Preuve à l’appui, il tient à souligner que  l’un des  indicateurs  qui attestent de ce constat est le taux de chômage, lequel est des  plus alarmants «surtout parmi les diplômés universitaires».  
De même, a-t-il ajouté, «nous constatons  que le déficit qui continue de se creuser notamment au niveau  de la couverture des importations par les exportations. Le taux est alarmant». Et de poursuivre que les facteurs menaçant l'activité des opérateurs économique du pays sont principalement la crise économiques et le manque de compétitivité, que ce soit sur le marché local ou international. C’est ce qui explique – et c’est là un autre indicateur négatif- qu’un certain nombre d’entreprises marocaines ont dernièrement mis la clé sous le paillasson après avoir licencié leurs salariés, s’inquiète Fouad Ammor. Lequel tient à souligner que le « Maroc a raté l’occasion d’avoir une feuille de route établie entre les pouvoirs publics, les syndicats et la CGEM ».  A ce propos, l'étude de cette dernière relève que 25 % des entreprises interrogées ont diminué leurs effectifs au cours des trois derniers mois et 16 % pensent qu'ils baisseront encore au cours des trois prochains mois, notant que les entreprises du secteur BTP sont celles qui ont le plus réduit les effectifs des salariés (39 % d'entre elles). 
S'agissant de l'investissement, 72 % des entreprises n'ont pas investi au cours du dernier trimestre et 50 % pensent qu’elles n'investiront pas au cours des trois prochains mois, alors que l'accès au financement, la fiscalité et le système judiciaire, demeurent les principaux facteurs significatifs impactant le climat des affaires au Royaume.
 Selon l'étude du patronat, la perception à l'égard des actions économiques du gouvernement est globalement moyenne et moins d'un dirigeant sur deux pense que les solutions proposées sont adaptées à la situation économique ou aux préoccupations des chefs d'entreprises. Et d'ajouter que les facteurs menaçant l'activité de l'entreprise sont principalement la crise économique, les créances impayées et le manque de compétitivité, au niveau national et international.
C’est dire le contexte difficile que traverse actuellement l’économie nationale. 


N. Cherii
Jeudi 8 Mai 2014

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