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Le musicien Mohamed Ziat : "Les médias ont tort de sous-estimer les compositeurs"




Le musicien Mohamed Ziat : "Les médias ont tort de sous-estimer les compositeurs"
On évoque souvent la crise de la chanson marocaine moderne à la lumière d’un manque de compositeurs de la trempe de ceux qui ont disparu. Certes leur disparition a porté un coup à la chanson. Ceux qui défendent cette idée parlent de la chanson moderne sous un angle qui ne l'est plus. Pourtant, le décès de certains compositeurs, aussi importants soient-ils, n'a pas empêché l’apparition d'autres, quoique jeunes, mais qui font preuve d'un talent indéniable.
En effet, une nouvelle vague de compositeurs a investi la scène de la chanson récemment et a montré un talent assez prolifique. A titre d'exemple, on peut citer Mohamed Ziat et Nouaâmane Lahlou.
Pour parler de Mohamed Ziat, on évoque forcément une nouvelle vision et une conception moderne de la chanson. En fait, ce qui était considéré comme moderne il y a quelques années, ne l'est plus aujourd'hui. Et c'est cette nouvelle modernité, si l'on veut, que ces jeunes compositeurs sont en train de développer. C'est une approche plutôt académique de la composition; capable, au demeurant, de traiter avec tous les genres et styles de musique.
Mais, le problème c'est la médiatisation de ces compositeurs, dans laquelle les médias ont une grande responsabilité.
Pour Mohamed Ziat, "les médias sont responsables dans la mesure où, à chaque fois qu’ils parlent d'une chanson, ils évoquent seulement le nom du chanteur et ignorent ceux du parolier et du compositeur".
A ce problème s'ajoute un autre, beaucoup plus grave, selon Mohamed Ziat. "Actuellement, les chaînes de télévision et les ondes radio sont envahies par une génération de chanteurs de passage qui n'ont aucune consistance ni profondeur. Les soirées télévisées sont décorées de troupes musicales et de chanteurs qui répandent la médiocrité et délaissent la chanson et l'art, d'une façon générale", souligne-t-il.
Cette situation porte un coup au moral des compositeurs de qualité qui se voient marginalisés dans un monde où la belle phrase musicale n'est plus recherchée. "A cela, il faut ajouter, relève Mohamed Ziat, la quasi-inexistence du bureau des droits d'auteur. Les reprises de chansons connues sont de plus en plus fréquentes mais tout cela se fait sans aucun respect des règles de la propriété intellectuelle".
Et le rôle des syndicats ? Mohamed Ziat n'y va pas par quatre chemins. "Les syndicats sont aussi nombreux que divisés et dans ce cas-là, il ne faut rien espérer de leur part".
D'autre part, il dit ne pas comprendre la façon dont les responsables de l'organisation des festivals traitent avec les chanteurs arabes invités.
"Ceux-là, dit-il, font à peine plaisir au public en chantant un morceau d'une chanson marocaine connue. C'est seulement par complaisance, alors que les Marocains qui se déplacent en Orient chantent en dialectes locaux. Le seul qui a échappé à cette règle et qui a vraiment rendu hommage au Maroc, c'est le chanteur irakien Kadem Saher dans sa chanson sur le Maroc "Wa nassitou daïai" qui a connu un grand succès.
Il faudrait, d'autre part, pour pouvoir toucher le marché arabe, en produisant marocain, faire appel à des noms connus. « Si je dois toucher le monde arabe à partir du Maroc, je dois compter sur un chanteur connu et ne pas tenter l'expérience avec un jeune, si talentueux soit-il », a  encore indiqué  Mohamed Ziat.
Heureusement que le Maroc est riche en rythmes et en genres musicaux, ce qui donne à des compositeurs tel que Mohamed Ziat, une marge de liberté que ne peuvent avoir d'autres musiciens sous d'autres cieux.

Abdessalam Khatib
Samedi 12 Novembre 2011

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