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Le moral des ménages reste à plaindre

Depuis l’investiture du gouvernement Benkirane, l’ICM n’est jamais revenu à son niveau de 2011




Il n’y a pas vraiment de quoi brandir les banderoles de gloire, à la vue des résultats de la toute dernière enquête permanente de conjoncture auprès des ménages, menée par le Haut-commissariat au plan (HCP). En effet, même s’il est vrai qu’elle dévoile qu’au quatrième trimestre de 2015,  l’Indice de confiance des ménages (ICM) continue sa tendance haussière, il n’en demeure pas moins que ledit indice n’a plus jamais su remonter la pente, soit rattraper le niveau positif qu’il avait atteint juste avant l’investiture de Benkirane et de son team, au dernier trimestre de 2011.    
Quoi qu’il en soit, les analystes du HCP viennent de faire ressortir dans la note d’information parvenue à Libé, que l’ICM s’est établi à 77,1 points au quatrième trimestre de 2015 contre 76,3 points un trimestre auparavant  et 71,6  points le même trimestre de l’année passée. Dans ce  sillage, ils ont relevé qu’il aura enregistré une hausse de 0,8 point à la même période par rapport au troisième trimestre 2015 et de 5,5 points par rapport au même trimestre de l’année 2014.
Et de montrer, au passage, que bien qu’au quatrième trimestre de 2015, les perceptions par les ménages de l’évolution passée du niveau de vie se soient améliorées de 1,3 point par rapport au trimestre précédent, il s’avère, néanmoins, que pour ce qui est des perspectives d’évolution du niveau de vie, elles ont connu une détérioration de 0,4 point par rapport au trimestre précédent.
Autre bémol relevé par les services d’Ahmed Lahlimi Alami et qui dénote que l’actuel gouvernement a encore du pain sur la planche et qu’il ne doit surtout pas s’en défausser, c’est la question du chômage endémique au Maroc dont les indices ne prêtent pas du tout à la joie.
Ainsi, l’enquête du HCP fait savoir qu’au quatrième trimestre de 2015, 72,8% des ménages s’attendent à une hausse du nombre de chômeurs pour les 12 mois à venir contre seulement 8,7% qui pensent le contraire.  
En clair, tandis que la majorité de ces ménages sont loin d’avoir le moral au beau fixe et ne cessent de l’exprimer clairement, le gouvernement mené par le PJD semble ne pas être familier avec l’expression « Quand le vin est tiré, il faut le boire !». Traduction pour les néophytes : il faut aller au bout d'une affaire dans laquelle on s'est engagé, en l’occurrence et dans ce cas d’espèce, il s’agit de la fameuse Stratégie nationale de l’emploi, présentée comme étant la panacée au chômage alors qu’elle semble plus contenir du plomb dans l’aile et de la poudre de perlimpinpin qu’une sortie de l’ornière…
Pis encore, dans le sondage du HCP, la liste est loin d’être exhaustive de la perception négative ou peu favorable des ménages marocains.
Ainsi, à titre d’exemple, l’enquête met en exergue une conjoncture qui est toujours perçue comme peu favorable à l’achat des biens durables avec un peu plus de 57% des ménages marocains qui considèrent, au quatrième trimestre de 2015, que le moment n’est pas opportun pour faire des dépenses dans ces biens durables notant que le solde relatif à cet indicateur s’établit à -37,5 points en dégradation de 3,3 points par rapport au trimestre précédent.
Pêle-mêle, l’on signale également de même source, qu’en ce qui concerne notamment la qualité des prestations administratives, il y a le ressenti d’une dégradation. En effet, à en croire le sondage, en 2015, les ménages ont été moins nombreux, à percevoir une amélioration de la qualité des prestations administratives (53,6% contre 55,5% en 2014). Et de préciser qu’inversement, ils sont plus nombreux à ressentir sa dégradation (18,8% contre 14,9% en 2014).  
Et le tableau continue de s’obscurcir avec 84,6% des ménages qui estiment, au quatrième trimestre 2015, ne pas pouvoir épargner au cours des 12 prochains mois doublés, de 86,2% des foyers qui pensent, à la même période, que les prix de produits alimentaires ont augmenté durant les 12 premiers mois.
 De même, l’on indique du côté du HCP, que l’opinion des ménages sur l’évolution de la qualité de la situation en matière de protection de l’environnement, qui s’est, elle aussi, détériorée en 2015 par rapport à 2014.
Mais ce n’est pas tout. Un sentiment d’une forte dégradation a été ressenti quant à la qualité des services de l’éducation et des services de santé. Ainsi, le HCP souligne qu’alors que plus de trois ménages sur dix (35,4%) pensent que la qualité des services de l’enseignement s’est plutôt détériorée et que 34,3% estiment qu’elle n’a pas connu de changement, l’opinion des ménages concernant la qualité des soins de santé est plus négative en 2015 qu’en 2014.  En décodé, 33,6% pensent que les prestations sanitaires sont restées au même niveau (contre 38,4% en 2014) alors que plus de la moitié (51,4%) affirment qu’elles se sont plutôt détériorées (contre 42,5% en 2014).
C’est dire qu’entre le pessimisme des ménages marocains qui a atteint presque son paroxysme et leur forte opinion négative,  ces derniers se sentent inéluctablement sur le fil du rasoir.

Meyssoune Belmaza
Mercredi 3 Février 2016

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