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Le monde arabe confronté à une progression de l'épidémie du sida




L'inaction des gouvernements et l'accès limité à l'éducation et aux soins médicaux dans le monde arabe accroissent le risque d'une expansion de l'épidémie de VIH au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où la maladie est stigmatisée, estiment des experts. "La région Moyen-Orient/Afrique du Nord est l'une des deux régions dans le monde connaissant la plus forte progression de l'épidémie de VIH", déclare à l'AFP Aleksandar Sacha Bodiroza, conseiller sur la question du VIH et du sida au Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).
"Le nombre de personnes ayant besoin d'un traitement dans la région est passé d'environ 45.000 en 2001 à quelque 160.000 en 2010", précise-t-il.
Selon un rapport des Nations unies publié le 30 novembre, le virus du sida a infecté 2,7 millions de personnes en 2010 dans le monde, soit une baisse de 15% par rapport à 2001, tandis que le nombre de décès liés au virus est en recul en raison d'un meilleur accès au traitement. Néanmoins, dans le monde arabe, le taux d'infection et de décès est en hausse. En cause: le manque d'actions gouvernementales, d'accès aux services médicaux et de prise de conscience du public.
Les Nations unies estiment entre 350.000 et 570.000 le nombre de personnes vivant avec le VIH au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, région qui compte plus de 367 millions d'habitants.
L'infection est concentrée dans les groupes à risques: homosexuels, usagers de drogues, prostitué(e)s et leurs clients. Une étude publiée récemment par la Public Library of Science évalue le taux d'infection parmi les hommes homosexuels à 5,7% au Caire et à 9,3% à Khartoum. "En un mot, ma vie est un grand secret", souligne un jeune habitant de Beyrouth, qui a appris il y a trois ans sa séropositivité. "C'est quelque chose que je n'ai pas dit" à ma famille, "je ne pourrais pas leur faire supporter ça". "La vie de ceux qui sont porteurs du VIH est très difficile (...) Ils ne peuvent pas parler librement de leur maladie avec leurs proches. Nous avons eu des cas de personnes mises à la porte par leur famille", note Brigitte Khoury, psychologue clinicienne au centre médical de l'Université américaine de Beyrouth.
"Si certaines familles offrent leur aide, la vie (des séropositifs) est essentiellement faite de secret et de peur", ajoute-t-elle. Cette peur, affirment les experts, conduit souvent les séropositifs à ne pas demander de traitement. "Le fil commun qui relie tous les pays de la région est l'impact de la stigmatisation et de la discrimination, qui sont les principales raisons pour lesquelles les personnes séropositives ou appartenant à des groupes à risques n'ont pas accès aux services essentiels", explique M. Bodiroza.
De nombreux pays arabes exigent, avant de délivrer un visa ou un permis de séjour, que les étrangers passent un test du sida. Un journaliste sud-africain a ainsi été expulsé du Qatar ce mois-ci et licencié par la chaîne de télévision Al-Jazira après avoir été diagnostiqué séropositif.

Libé
Vendredi 9 Décembre 2011

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