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Le mollah Mansour, bras droit du mollah Omar, lui succède à la tête des Talibans afghans


Un deuxième round de pourparlers de paix avec Kaboul reporté



Les Talibans afghans ont annoncé vendredi avoir choisi le mollah Akhtar Mansour, bras droit du défunt mollah Omar, pour les diriger, un homme réputé pour son pragmatisme au moment où les rebelles s'engagent dans d'ardus pourparlers de paix avec Kaboul et subissent la concurrence de l'organisation Etat islamique.
La direction des Talibans lui a adjoint deux lieutenants, le mollah Haibatullah Akhundzada, ancien chef des tribunaux des talibans, et surtout Sirajuddin Haqqani, le fils de Jalaluddin Haqqani et leader du réseau du même nom, une influente branche de la rébellion talibane proche d'Al-Qaïda, du Pakistan et auteur de nombreuses attaques contre les forces de sécurité afghanes et américaines.
"Après la mort (du mollah Omar), le conseil de direction et des dignitaires musulmans de tout le pays ont nommé son proche ami et ancien bras droit le mollah Akhtar Mansour à leur tête", expliquent les rebelles islamistes dans un communiqué. Le mollah Akthar Mansour, pachtoune, tout comme son prédécesseur, "était considéré comme digne de confiance et la personne idoine pour prendre de lourdes responsabilités", à l'époque où le mollah Omar était en vie, ajoutent les Talibans. Il est en faveur des négociations de paix engagées avec Kaboul au début du mois de juillet, selon un responsable intermédiaire installé au Pakistan.
Les Talibans ont finalement annoncé son décès jeudi, confirmant une annonce faite la veille par le gouvernement afghan. Les circonstances du décès du mollah Omar, désigné "émir des croyants" en 1996, restent encore controversées.
Kaboul assure qu'il s'est éteint en avril 2013 dans un hôpital de Karachi, au Pakistan. De leur côté, les Talibans évoquent une mystérieuse "maladie" qui l'aurait emporté très récemment, dans son fief du sud de l'Afghanistan.
Le mollah Mansour, critiqué par certains Talibans qui dénoncent sa trop grande proximité avec le Pakistan, reprend le flambeau à un moment charnière. Les Talibans viennent en effet de s'engager dans d'inédits pourparlers de paix avec le gouvernement afghan, et subissent les assauts de l'organisation Etat islamique (EI) sur leurs terres, à l'est de l'Afghanistan, zone frontalière du Pakistan. 
Un deuxième round de pourparlers devait avoir lieu au Pakistan vendredi, mais il a été reporté par Islamabad en raison de "l'incertitude" causée par la mort du mollah Omar et "à la demande de la direction des Talibans afghans". 
Le décès du mollah Omar risque d'accentuer les lignes de fracture entre talibans, divisés sur la question des pourparlers de paix et menacés par l'émergence de la branche locale de l'EI, groupe jihadiste qui tente d'étendre en Afghanistan son califat proclamé sur des pans de la Syrie et de l'Irak. 
Le mollah Mansour, nouveau chef des Talibans, avait d'ailleurs adressé en juin une mise en garde au chef des djihadistes, Abou Bakr al-Baghdadi, l'enjoignant de s'abstenir de toute implantation en Afghanistan, sous peine de "réaction" des Talibans.

Libé
Samedi 1 Août 2015

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