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Le modus operandi de la crise

La propagande du PJD ne parvient plus à cacher la faillite du gouvernement Benkirane




Au PJD, on voit désormais rouge. Le retour des joueurs «prêtés» à leurs équipes cause des ennuis. A Marrakech, Fès, Safi et Meknès… des dirigeants locaux expriment, haut et fort, leur mécontentement. Pas de démocratie interne, dirait l’un. Le secrétariat exécutif exerce une forte mainmise sur les choix des militants, rétorquerait l’autre. Mais la meilleure c’est quand les militants de base pensent être libres de prendre une décision et passent des journées à la concevoir avant d’être surpris de voir une autre parachutée d’en haut. Rien à dire, il faut se soumettre aux ordres venus des «Ayatollah». Du coup, ceux et celles qui ont cru à la propagande malencontreuse cherchent ailleurs.
Les hommes d’affaires ébahis par les slogans de la lutte contre la corruption reviennent également à la raison. L’on ôte la crédibilité et le cautionnement à un parti qui a failli à ses engagements sur le plan économique. Le changement ne passe pas par le PJD, semblent-ils dire. Il suffit de constater sur qui tombe la plupart des appels d’offres des collectivités, des régions et des ministères pour s’en rendre compte. Si l’on rajoute l’utilisation de l’arme du pouvoir de nomination à des postes de responsabilité, l’on réalise quel sens ils donnent à l’honnêteté et à la transparence! Une moralisation qui tourne en passe-droits.
Une attitude qui n’a d’égale que l’insolence d’affronter les réalités par des mensonges. Rien qu’au niveau du taux de croissance, l’on voit, nonobstant les gonflements tentés à maintes reprises, que le gouvernement n’a pas pu imposer ses chiffres promus! De 7% avancé par Abdelilah Benkirane, l’on réalise un modeste 2,5% … et encore!  Le chef du gouvernement s’en prend à Bank Al-Maghrib et au Haut-commissariat au plan en leur reprochant de jouer le jeu de l’opposition. Une victimisation qui n’en finit pas de se manifester. La reddition des comptes n’est pas encore un principe des actes politiques d’un chef de gouvernement, d’un parti et d’une pensée qui fuit tout ce qui est statistique, analytique, arithmétique et rationnel. On épouse, en revanche, la phraséologie populiste. On flirte avec le verbe religieux. Et on adopte un ton de communication passionnel.
Entre un «je» ostentatoirement confirmé et assumé au début du mandat et un «je» honteusement anéanti et supprimé vers sa fin, on découvre un bilan clairement négatif, on assiste à un désengagement politique par rapport aux déclarations faites devant les députés début 2012 et on remarque également une fuite en avant, cherchant les prétextes d’un fiasco manifeste à travers un langage animalier. Sauf qu’il n’emprunte aucune valeur positive aux principaux acteurs, notamment le courage, l’honnêteté et l’humilité. A écouter donc celui qui a tenu le cap ces cinq dernières années, l’on irait vite recueillir les fruits de son verbe dans la vie quotidienne des populations. Le Maroc va de plus en plus mal, et Benkirane et son manque de vision en sont sans aucun doute la cause.

Nouri Zyad
Mardi 9 Août 2016

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