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Le ministre de la Communication en avocat de l’indépendance des médias publics : «Le suivi des cahiers des charges fait partie de mes attributions »




Le ministre de la Communication en avocat de l’indépendance des médias publics : «Le suivi des cahiers des charges fait partie de mes attributions »
Ce vendredi 9 mars, Mostafa El Khalfi se veut rassurant. C’est bien pour l’indépendance des médias publics que se base sa stratégie. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement dément catégoriquement toute forme d’interventionnisme dans l’élaboration des grilles des programmes des télévisons publiques. En revanche, il revendique haut et fort son droit de regard sur l’élaboration des cahiers des charges. « Un nouveau cahier des charges est en élaboration. Il doit être validé en avril. Et pour sa conception, j’ai adopté une démarche participative à l’intérieur des chaînes », explique l’ancien directeur d’Attajdid et membre de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux.
Un nouveau cahier des charges est donc en préparation et c’est M. El Khalfi qui le précise, sa première application se fera au mois de Ramadan. Le mois sacré est à l’évidence vécu comme un test par le ministre de la Communication qui affirme que «les orientations du cahier des charges doivent avoir un impact sur les programmes ramadanesques».
Ce responsable gouvernemental n’hésite pas à  déclarer  être responsable de «la qualité des produits offerts par les télévisions publiques». «Je ne parle pas en termes de contenu car ce n’est pas à moi de le faire. Je fais référence aux grands principes. Il faut aussi savoir qu’il est de ma responsabilité de réunir les conditions, essentiellement financières, pour donner à voir des programmes de qualité», soutient-il.
Si celui qui porte la parole du gouvernement Benkirane s’interdit toute immixtion dans les programmes télévisuels, il se dit par contre être responsable politiquement du pôle public, au nom de la reddition des comptes instaurée par la nouvelle Constitution. Le suivi des cahiers des charges fait désormais partie de ses attributions ministérielles. «Je suis responsable politiquement au même titre que le président de la  HACA qui a, lui, une responsabilité déontologique. Mais que l’on se rassure, c’est bien la SNRT qui s’occupe du contenu», précise-t-il avant de nous assurer qu’il a la ferme intention de procéder à «l’activation de la commission consultative de déontologie et des programmes», prévue par le cahier des charges de la SNRT, laquelle «n’a jamais réellement fonctionné».
M. El Khalfi rendra des comptes devant le Parlement mais en connaissance de cause et pas seulement sur des questions financières. Il défend, dit-il, une vision nouvelle des médias publics et parle volontiers d’une refondation basée sur la Constitution et tout particulièrement ses articles 154, 155 et 156 consacrés au service public. Dans la foulée, celui qui ne jure que par qualité des programmes et professionnalisation, annonce  une réforme dans les rapports avec  les boîtes de production  qui aura lieu, dans les toutes prochaines semaines. « Une réforme axée sur les principes de bonne gouvernance et d’égalité des chances», promet-il.


El Khalfi manipulé ?

Les journalistes de 2M n’en reviennent toujours pas. La pétition remise, il y a une dizaine de jours, au ministre de la Communication par une petite poignée de journalistes de cette télévision et  affiliés à l’UMT, a été confectionnée dans la plus grande des clandestinités. «Un peu comme s’il y avait quelque chose à cacher. Des collègues ont cru bon de faire une pétition et de solliciter le ministre de tutelle. Nous l’avons vécu comme une trahison. Mais le plus grave, c’est qu’il y a faux et usage de faux dans cette affaire», a déclaré à Libération Youssef Lahmidi, journaliste de la rédaction avant de nous apprendre que ceux et celles qui avaient cru signer une pétition relative à des revendications salariales et de promotion ont appris, sur les colonnes d’un quotidien de la place, qu’ils avaient, à l’insu de leur plein gré,  signé un texte demandant le départ de la directrice générale adjointe de la chaîne casablancaise. L’affaire fait grand bruit à 2M et la crédibilité du bureau de l’UMT de cette télévision, surpris en flagrant délit de falsification, est largement entamée.
« C’est pourquoi nous avons décidé de réagir. Pas question pour nous de participer à des règlements de comptes purement personnels qui n’ont rien à voir avec le professionnalisme. Et Samira Sitail est d’abord et avant  tout une professionnelle. Nous avons écrit une lettre au ministre de la Communication pour dénoncer cette mascarade. Elle est signée de 40 journalistes sur les 56 que compte la direction  de l’infomration. Parmi les signataires figurent d’ailleurs deux membres du bureau de l’UMT. Nous nous adressons à M. El Khalfi en tant que journalistes »

Narjis Rerhaye
Samedi 10 Mars 2012

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