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Le meilleur des mondes




Un verre à moitié plein est forcément à moitié vide. Entre l’optimisme et le pessimisme, la différence est certes plus qualitative que quantitative mais l’objectivité, que d’aucuns la prennent pour une simple vue de l’esprit, aurait dû induire plus de retenue chez les nombreux adeptes d’Aldous Huxley qui hantent les couloirs du département de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Formation des cadres, de la Recherche scientifique et tutti quanti.  Une dénomination aussi longue qu’une journée sans pain, dirait Fréderic Dard à propos de ce ministère extrêmement budgétivore. Son budget 2009, pour ne citer que celui-là, s’est élevé à 46 milliards de DH mais  les notions de productivité et de rentabilité n’y ont jamais fait leurs classes. A preuve, le nombre de candidats au Bac est inférieur de moitié à celui de l’Algérie et de beaucoup plus à celui d’autres pays arabes à population plus importante que la nôtre. A preuve aussi les résultats de la première session du Baccalauréat qui ont été rendus publics mercredi. Sur 250.829 candidats, seuls 87.605 ont réussi. Soit un sur trois environ. Les deux tiers des postulants ont été donc soit priés d’attendre la session de rattrapage, soit de redoubler. Le hic c’est que cette bérézina a été présentée comme une sorte de victoire contre le mauvais sort qui ne cesse de s’acharner contre ces malheureux adolescents qui savent pertinemment que le Bac n’est plus ni un tremplin  vers l’emploi ni un sésame qui ouvre les portes des hautes écoles et instituts spécialisés. Ceux-là, qu’ils soient publics ou privés, exigent, en effet, des notes tellement élevées qu’ils donnent le tournis et imposent des concours dont les résultats tiennent plus de la roulette russe que d’un système rationnel d’évaluation des connaissances. Pis, l’Etat a tellement laissé faire le secteur privé qu’une véritable bourse aux points y est née. Il est, en effet, de notoriété publique que les parents avisés et qui en ont les moyens, placent leurs enfants dans ce genre d’établissements dès la première année du Baccalauréat, pour leur permettre, via des notes suffisamment « gonflées », de pouvoir franchir l’écueil de l’examen national tant redouté. Il est également de notoriété publique que leurs ouailles font tout ce qu’ils peuvent, y compris la fraude, pour avoir des moyennes à même de leur permettre de s’inscrire aux concours de leurs choix.
Que faire pour mettre fin à toutes ces dérives ? Les solutions abondent certes, mais il faut commencer par ne plus insulter notre intelligence en nous faisant croire que « Le meilleur des mondes » décrit par Aldous Huxley est un paradis. Et surtout éviter, dorénavant, de se complaire dans le mensonge, la manipulation et la désinformation.

Ahmd Saaïdi
Vendredi 19 Juin 2009

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