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Le massacre des rhinos sud-africains touche désormais les réserves privées




Près de 280 rhinocéros ont déjà été tués par des braconniers pour leur corne dans la seule Afrique du Sud cette année, essentiellement dans les parcs nationaux jusqu'à présent, mais les attaques contre les parcs privés, moins bien défendus, se multiplient depuis quelques semaines.
L'une des dernières victimes du massacre est un énorme rhino, que des hommes ont tenté en vain de soigner: des braconniers avaient laissé une plaie béante sur son nez en sciant sa corne à vif. Il est mort jeudi après six jours de souffrances.
La corne arrachée se revendra quasiment au prix de l'or sur le marché de la médecine traditionnelle asiatique.
"Je suis en guerre", déclarait à l'AFP Searl Derman, le propriétaire de la réserve d'Aquila, proche du Cap (sud-ouest), où le rhino a été mutilé, alors qu'il tentait de venir en aide à l'animal avec un vétérinaire.
Une guerre qui coûte cher: Searl a dépensé des fortunes pour surveiller les bêtes par hélicoptère et déployer des mesures de sécurité au sol, mais il n'a pas les moyens de lutter contre des braconniers qui revendent la corne autour de 50.000 euros le kilo, selon une estimation des Nations unies.
"Nous avons dépensé plus que nous ne pouvions, et maintenant il nous faut dépenser le double", ajoute cet homme épuisé, qui offre 100.000 rands (10.000 euros) pour tout renseignement sur cette dernière attaque, dans laquelle un autre mâle a été tué.
"Mais j'aimerais pouvoir offrir plus. Je voudrais offrir autant que le prix d'une corne de rhino", soupire-t-il.
Les attaques contre les réserves privées, qui hébergent environ un quart des rhinocéros du pays, explosent: "Le premier trimestre de cette année a été relativement calme dans les réserves privées, mais maintenant elles sont attaquées massivement", explique Pelham Jones, de l'association des propriétaires privés de rhinos, qui estime qu'au rythme actuel, de 450 à 500 de ces animaux seront tués en 2011.
"C'est sans précédent. Il y a trois ans, on n'avait jamais vu un rhino braconné dans une réserve privée, mais maintenant ça arrive de plus en plus souvent", précise-t-il.
"Les scènes de massacre sont horribles. J'ai vu des types endurcis, des vrais coureurs de brousse pleurer devant une carcasse. Le lien affectif avec ces animaux est énorme. Et tu te rends compte que tu protèges un animal très vulnérable." Le gouvernement, dans ses parcs, déploie d'énormes moyens et est allé jusqu'à déployer l'armée pour protéger les rhinos, dans le célèbre parc Kruger, au nord-est du pays.
"Le secteur privé ne peut pas se permettre ça et les braconniers le savent. Le privé est devenu une cible facile", déplore M. Jones.
La réserve de Kariega, dans la région du Cap oriental (sud), a fait décorner certains animaux pour les préserver. Elle paie des gardiens pour surveiller les autres, qui ont été déplacés vers une zone moins facile d'accès.
"Mais je ne crois pas que les réserves privées puissent se permettre de financer cette lutte", admet le propriétaire de Kariaga, Graeme Rushmere, qui estime que la seule solution est que les gouvernements asiatiques agissent pour tarir la demande.
"Au rythme actuel, l'espèce va entrer dans une phase de déclin d'ici à environ dix-huit mois", estime M. Jones.
"Donc nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous." 

Par Justine GERARDY (AFP)
Lundi 29 Août 2011

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