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Le manque de dynamisme du marché intra-maghrébin mis à l’index par la CEA




Les échanges représentent 4% du commerce extérieur total des sept pays de la sous-région



La Commission économique pour l'Afrique (CEA) a publié récemment son rapport sur le transport international et la facilitation du commerce en Afrique du Nord. 
Dans cette étude, le Bureau pour l'Afrique du Nord de la CEA analyse les politiques, cadres réglementaires, infrastructures de transport et de commerce de la sous-région et propose également des réformes et mesures pratiques pour la facilitation du transport, du transit, du contrôle et du dédouanement de marchandises entre les principales frontières terrestres de la sous-région, dont le Maroc, l'Algérie, la Libye, l'Egypte, la Mauritanie, le Soudan et la Tunisie, relève la CEA dans un communiqué publié à cette occasion.
«Cette étude vise à soutenir l'accroissement des échanges commerciaux en proposant, sur la base d'une étude-diagnostic de l'existant, une esquisse de plan régional de facilitation du transport-transit inter-Etats et du commerce dans l'espace nord-africain», explique la directrice du Bureau pour l'Afrique du Nord de la CEA, Karima Bounemra Ben Soltane. Et d'ajouter que cette dernière est assortie de mesures et d'actions qui permettraient de relever durablement le niveau de performance des administrations frontalières, la qualité des services logistiques, et accompagner le processus d'intégration économique.
Malgré le doublement du commerce intra-Afrique du Nord entre 2007 et 2013, il reste toutefois très en deçà de son potentiel, ne représentant que 4,8% du total des exportations des pays membres alors que la moyenne continentale africaine se situe à 12%.
Le marché intra-maghrébin reste, pour sa part, l'un des moins dynamiques au monde. Les nombreuses initiatives prises depuis les indépendances pour lancer une dynamique d'intégration économique dans la région  - Union du Maghreb arabe (1989), GAFTA (1996), Accord d’Agadir (2001), conventions bilatérales - n’ont pas encore permis de franchir des étapes décisives vers les objectifs définis, notamment en matière commerciale. Pour l’essentiel, les économies nord-africaines se « tournent le dos », et les échanges intra-régionaux restent très marginaux, de l’ordre de 4% du commerce extérieur total des sept pays de la sous-région (Algérie, Libye, Egypte, Maroc, Mauritanie, Soudan, Tunisie). A titre d’illustration, les exportations de la Tunisie en 2013 vers ses deux voisins (Algérie et Libye) plafonnent à un peu moins de 8% de ses exportations totales, contre 76,87% vers le marché de l’Union européenne (UE), et la part des produits marocains dans les importations mauritaniennes n’a guère dépassé 4%, comparativement aux 65 % détenus par le même partenaire européen.
Le projet de marché commun maghrébin continue d’être confronté à de multiples obstacles qui maintiennent la fragmentation des économies de la sous-région. Plus de deux décennies après la signature du traité de Marrakech, la zone de libre-échange de l’UMA en est encore au stade de projet et le marché intra-maghrébin reste pour l’instant l’un des moins dynamiques au monde, avec un commerce intracommunautaire oscillant autour de 3% des importations totales des pays membres.
Plusieurs facteurs concourent à l’explication de cette contre-performance. Au nombre de ceux-ci, figurent la persistance des barrières tarifaires et non tarifaires au commerce intra-zone et l’importance des coûts connexes. 
Ces coûts, qui ont tendance à limiter les opportunités d’exportation, s’expliquent à la fois par le déficit d’intégration des économies, et les défaillances des cadres réglementaires nationaux. 
Conscients de ces enjeux, les pays d’Afrique du Nord se sont engagés, à des degrés et rythmes divers, dans des politiques et programmes de facilitation du commerce, en particulier depuis le milieu de la décennie 90. Quelques projets d’envergure ont été lancés, notamment au Maroc et en Tunisie, tels que la réforme des procédures douanières, la réforme portuaire, la dématérialisation des documents du commerce extérieur. En Algérie, d’importants investissements ont été mobilisés au cours des deux dernières décennies pour la réalisation d’infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires, et quelques mesures de facilitation du passage des marchandises aux frontières ont été prises en Mauritanie et en Libye. Des progrès ont été enregistrés ici et là. 
Ces quelques avancées n’ont toutefois pas suffi pour inverser sensiblement les grandes tendances observées pour l’ensemble de la sous-région. Le commerce intra-Afrique du Nord reste encore marginal, et la sous-région continue d’être globalement mal classée par les analystes, à travers les divers instruments internationaux de mesure d’efficacité. 
Ce constat est également lié au fait que, malgré leurs efforts en matière de facilitation du commerce et d'amélioration des infrastructures de transport, les pays de la région n'ont pas accordé une attention particulière à la coopération inter-Etats pour la facilitation du commerce et l'approfondissement du processus d'intégration, précise la même source, qui relève que ces aspects restaient souvent circonscrits à l'intérieur des frontières nationales ou dans les relations des pays avec des partenaires commerciaux situés en dehors de la sous-région.

Libé
Jeudi 6 Août 2015

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