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Le gouvernement égyptien démissionne après un scandale de corruption



Au moins 66 morts dans une attaque contre l'EI dans le Sinai



Le gouvernement égyptien a démissionné samedi après un scandale de corruption et le président Abdel Fattah al-Sissi a chargé le ministre du Pétrole de former un nouveau cabinet.
Une heure après l'annonce de la démission du gouvernement du Premier ministre Ibrahim Mahlab, le chef de l'Etat a confié à Chérif Ismaïl la mission de composer un nouveau cabinet d'ici une semaine.
Il a toutefois tenu à saluer les "efforts accomplis par Mahlab et son équipe durant cette période difficile de l'histoire du pays", une référence à l'instabilité de l'Egypte en matière de sécurité.
Mahlab, un cacique du parti de l'ex-président Hosni Moubarak renversé en 2011 à la suite d'une révolte populaire, avait été nommé au poste de Premier ministre début 2014 et n'avait pas été inquiété lors du précédent remaniement ministériel de mars 2015. Il était vu comme un proche du président Al-Sissi.
Les raisons du départ de ce technocrate n'ont pas été publiquement dévoilées mais un haut responsable a indiqué à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que le remaniement avait pour but "de donner un nouvel élan" à un gouvernement dont l'un des ministres a récemment été rattrapé par une retentissante affaire de corruption. 
Le ministre de l'Agriculture Salah Helal a été arrêté lundi au Caire, juste après avoir été contraint à la démission par le président.
Helal et son chef de cabinet sont soupçonnés d'avoir "demandé et reçu" des pots-de-vin de la part de l'homme d'affaires Ayman al-Gamil --par le biais d'un intermédiaire-- pour "légaliser" l'acquisition de terrains appartenant à l'Etat, selon les autorités. 
La démission de Mahlab intervient à quelques semaines des élections législatives qui auront lieu entre le 17 octobre et le 2 décembre, un scrutin que de nombreux observateurs jugent joué d'avance.
Ces législatives se dérouleront en l'absence quasi-totale d'opposition. Les Frères musulmans qui dominaient l'opposition en Egypte depuis près de neuf décennies, ont été décrétés "organisation terroriste" en 2013 et les principales voix dissidentes laïques et libérales, en particulier les leaders de la jeunesse révolutionnaire qui chassa Moubarak du pouvoir en 2011, croupissent derrière les barreaux.
Les élections législatives avaient été originellement annoncées pour début 2015 mais ont été annulées par une Cour de justice pour des raisons techniques. Depuis 2012, le pays vit sans Parlement après la dissolution de ce dernier par la Cour suprême. 
Les dernières législatives remontent à fin 2011, dix mois après la révolte qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir. Elles avaient été remportées par les Frères musulmans de Mohamed Morsi, qui était devenu six mois plus tard le premier président élu démocratiquement en Egypte. 
En réponse à cette vague de répression, des groupes jihadistes ont multiplié les attentats dans la péninsule du Sinaï, à l'est du pays. Des centaines de policiers et soldats ont été tués.
Samedi, deux soldats égyptiens et 64 combattants jihadistes ont trouvé la mort lors d'une vaste offensive lancée par l'armée contre le groupe extrémiste Etat islamique (EI) dans la région du Sinaï (est), ont annoncé des responsables militaires.
Au total, 296 jihadistes et huit soldats ont été tués depuis le début de cette offensive lundi dernier, a affirmé l'armée. Ce bilan n'a pas pu être confirmé par des sources indépendantes.
Depuis que l'armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013, des groupes jihadistes ont multiplié les attentats visant les forces de sécurité, disant agir en représailles à la sanglante répression lancée contre les partisans de M. Morsi et qui a fait plus de 1.400 morts.
Des centaines de policiers et de soldats ont été tués dans les attaques jihadistes ces derniers mois, en particulier dans le nord de la péninsule du Sinaï, bastion de la branche égyptienne de l'EI.

Lundi 14 Septembre 2015

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