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Le gouvernement Benkirane veut mettre 2M au pas : Menaces sur la démocratie cathodique




Le gouvernement Benkirane veut mettre 2M au pas : Menaces sur la démocratie cathodique
Rien ne va plus entre Abdelilah Benkirane et 2M. Le chef du gouvernement ne cache plus sa colère contre la deuxième chaîne publique à qui il reproche de ne pas passer ses activités et prises de parole en intégralité. La dernière colère du patron de l’Exécutif contre 2M a éclaté le 19 septembre dernier, lors de la rencontre de la CGEM avec le gouvernement. En présence de plusieurs ministres et de membres du patronat, A. Benkirane a exigé que sa déclaration accordée à la télévision casablancaise passe dans son intégralité. «Sinon, je ne vous accorderai plus aucune déclaration ni interview», aurait-il menacé. Deux ministres du PJD auraient ensuite abondé dans le même sens de la mise au pas d’une télévision que les islamistes au pouvoir jugent visiblement trop indépendante. «2M doit rentrer dans le droit chemin», aurait répliqué l’un ; «le traitement des activités du chef du gouvernement par 2M est tout simplement dangereux», aurait renchéri l’autre.
Quelques jours auparavant, le chef du gouvernement avait reçu la réponse des Sages de la Haute autorité de la communication audiovisuelle au sujet des cahiers des charges des médias publics revus et corrigés par la commission ministérielle Benabdallah.
On le sait, les cahiers des charges qui  ont été officiellement transmis à la HACA pour examen et validation par le patron de l’Exécutif ne sont pas passés comme une lettre à la poste. La Haute autorité a fonctionné comme une institution de régulation, à tous les niveaux. Deux points importants ont été introduits par les Sages et il est ici important de les relever. D’abord la question de l’indépendance éditoriale des télévisions et radios publiques a été érigée au rang de principe. Ce qui signifie en clair que les médias publics ne prennent pas leurs ordres de l’autorité gouvernementale. Autre principe que les gardiens du temple audiovisuel ont tenu à  ajouter à  la copie des cahiers des  charges qui leur a été soumise, celle du nécessaire respect du pluralisme politique dans les médias du pôle public tel qu’édicté par la HACA. Ce qui signifie en clair que  pour ses passages à la télévision, le chef du gouvernement doit se soumettre aux règles  et aux quotas imposés aux partis politiques et syndicats. Autrement dit, les activités et autres prises de parole de M. Benkirane ne sauraient être diffusées dans leur intégralité par les télévisions publiques, au nom justement des règles du pluralisme instaurées par l’instance de régulation de la communication audiovisuelle.
«Benkirane durcit le ton contre 2M au moment même où la HACA a envoyé ses remarques et propositions relatives aux nouveaux cahiers des charges. Est-ce là la réponse du chef du gouvernement quand la HACA en appelle au respect du pluralisme et de la nécessaire indépendance des télévisions et radios publiques?» se demande ce spécialiste des médias. La Haute autorité de la communication serait, semble-t-il, en train d’étudier la réponse de l’Exécutif au sujet des propositions des Sages concernant les cahiers des charges. 
Et en attendant la validation de ces cahiers des charges qui ne saurait se faire sans l’imprimatur des Sages, c’est toute la clarification des rapports entre l’Etat et les médias publics qui reste encore à faire. « C’est à travers l’instauration de règles professionnelles que nous pouvons assister à des relations claires et apaisées entre pouvoirs publics et télévisions. On est loin du professionnalisme et des règles journalistiques quand une télévision généraliste, fût-elle du service public, diffuse une activité ou une déclaration du chef du gouvernement dans son intégralité ! », s’exclame ce professionnel de la télévision en pointant un doigt accusateur vers le JT d’Al Oula qui diffuse entièrement les déclarations  d’Abdelilah Benkirane.
 
La «sur-couverture» 
de la SNRT et de la MAP
Dès son arrivée au pouvoir, le patron des islamistes s’est régulièrement plaint des télévisions publiques et son ministre de la Communication, Mostafa El Khalfi,  a même essayé d’en faire un enjeu de changement à travers leur contrôle.  «Aujourd’hui  M. Benkirane s’érige en victime de la télévision casablancaise allant jusqu’à  accuser sa directrice de l’information. Mais ce qu’il oublie de dire, c’est que deux médias publics notamment Al Oula et l’agence Maghreb Arabe presse couvrent largement ses activités, n’hésitant pas parfois à frôler l’anti-professionnalisme», souligne un journaliste télé.
Selon nos informations, le chef du gouvernement n’a pas pour l’heure de service de presse qui servirait d’interface avec les journalistes et les télévisions, M. Benkirane ayant choisi de faire lui-même sa propre communication. «Ce qui est en train de  lui jouer des tours. Le chef du gouvernement doit savoir qu’il ne peut pas contrôler lui-même son image et demander la diffusion de telle prise de vue au lieu de telle autre. Il y a des spécialistes pour ce faire», fait remarquer un attaché de presse, passé il y a quelques années par la primature.
En devenant le principal sujet du débat sur les médias publics –«je suis maltraité par 2M qui veut nuire à mon image» - M. Benkirane tente visiblement  de faire diversion, les vrais termes du débat sur l’audiovisuel étant le respect du pluralisme et l’indépendance des médias publics du pouvoir politique. «En investissant la polémique, en choisissant de la circonscrire aux fameuses poches de résistance qui auraient peur du changement, le chef du gouvernement veut faire l’économie d’un vrai débat de fond qui interpelle et intéresse toute la société. La mission de service public de la télévision ne saurait se réduire aux propos rapportés ou pas de celui qui est à la tête du gouvernement ou à une caméra qui le montre en train de sourire. En criant au détournement d’image, Abdelilah Benkirane fait deux choses. D’abord, il surfe sur une vague en s’érigeant en victime des télévisions. Ensuite, et c’est le plus grave, il veut forcer la main au  chef de l’Etat, responsable des nominations des patrons des chaînes de télévision en lui faisant parvenir le message suivant : les responsables des télévisions publiques nuisent à mon action et à celle de mon gouvernement. Comment pouvez-vous les maintenir en place à moins que vous n’encouragiez les poches de résistance?», commente ce député de l’Union socialiste des forces populaires.
Un nouveau bras de fer est-il en train de s’esquisser ? La bataille du contrôle des télévisions ne fait-elle que commencer ? La balle est plus que jamais dans le camp des Sages de la Haute autorité de la communication audiovisuelle.
 


Narjis Rerhaye
Lundi 1 Octobre 2012

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1.Posté par Magid le 01/10/2012 20:32
Avec un taux de croissance de 2.5% cette année,Benkiran ferait mieux de canaliser ses efforts sur les réformes prioritaires même si il est clair que nombre d'institutions désaprouvent ce gouvernement démocratiquement élu par la volonté du peuple marocain simplement parce qu'il est islamique à la base. Pour ma part ,je m'inquiète d'avantage de l'initiative du mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI) qui a invité un bateau néerlandais au large des eaux marocaines pour faire avorter des marocaines. Sous prétexte de liberté,les fondatrices athées de ce mouvement anarchique attaquent constament la religion d'état et encouragent la légalisation de comportement contraires aux bonnes moeures. Ces extrémistes sont un véritable danger pour la cohésion de la société marocaine et curieusement aucune réaction pour interdire ce mouvement.! De quoi ont ils peur? Ne pas recevoir de bons points des pays occidentaux? Alors que ces derniers n'hésitent pas une seconde à intedire tout association qui menace ou porte atteinte à leurs valeures. Après le navire de croisière homosexuel dont les passagers voulaient visiter la mosqué Hasane 2, nous avons droit à ça! Je suis un RME réspectueux des différentes cultures et croyances et pas un extrémiste. Et aussi longtemps qu'on respecte les autres et qu'on se réspecte , on est réspecté.Cependant, je dois constater que Le Maroc ne fait pas preuve d'ouverture, en fait ,il ne se fait plus réspecter car il se respecte de moins en moins pour la plus grande joie de tous islamophobes. C'est cela , la triste réalité!

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