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Le gouvernement Benkirane ressasse les mêmes rengaines : Des vœux pieux pour la




Le gouvernement Benkirane ressasse les mêmes rengaines : Des vœux pieux pour la
moralisation de la vie publiqueLe gouvernement n’a toujours pas fini de faire part de bonnes intentions qui tardent trop à prendre forme dans le vécu des citoyens. Cette fois, c’est de mesures pour lutter contre la corruption et moraliser la vie publique au Maroc que l’on parle. Abdelâdim El Guerrouj, ministre délégué auprès du chef de gouvernement chargé de la Fonction publique et de la Modernisation de l'administration, a annoncé avant-hier une série de mesures destinées, selon lui, à renforcer la bonne gouvernance dans les institutions étatiques.
Le gouvernement n’a toujours pas fini de faire part de bonnes intentions qui tardent trop à prendre forme dans le vécu des citoyens. Cette fois, c’est de mesures pour lutter contre la corruption et moraliser la vie publique au Maroc que l’on parle. Abdelâdim El Guerrouj, ministre délégué auprès du chef de gouvernement chargé de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration, a annoncé avant-hier une série de mesures destinées, selon lui, à renforcer la bonne gouvernance dans les institutions étatiques. Parmi ces mesures annoncées figurent l’adoption d’une stratégie nationale et la mise en place d’une Charte nationale de lutte contre la corruption. Des actions qui viennent s’ajouter aux nombreuses dispositions déjà en place et qui ont démontré leurs limites.
En effet, le processus de réforme ne date pas d’aujourd’hui. Il a été lancé depuis 1999 avec des réformes importantes qui ont été engagées en vue de faire de la moralisation de la vie publique un vecteur de modernisation de l’administration et d’amélioration de l’environnement des affaires et la qualité des prestations rendues aux citoyens.  Ainsi, deux approches semblent avoir été privilégiées : la première visant le renforcement du cadre juridique et institutionnel et une deuxième qui a mis l’accent sur l’aspect managérial et le recours aux nouvelles technologies de l’information et de la communication.
 Dix ans après, le processus semble bien atteindre ses limites. A preuve, la 80ème  place sur 97 occupée par le Royaume dans le dernier rapport de World Justice Project (WJP). Une place attribuée  également par l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2011 de Transparency international qui a révélé que le Maroc est passé de la 85ème  à la 80ème  place avec une note de 3,4 sur 10, comme c’était le cas en 2010. Pire, le rapport a indiqué qu’entre 2007 et 2011, le Maroc a reculé de 8 places dans ce classement.
Une régression synonyme d’échec du processus de la réforme  et de l’incapacité des gouvernements successifs à lutter contre la corruption. Un fléau que le PJD qui conduit la coalition gouvernementale a promis, à son tour, d’éradiquer. En effet, le gouvernement Benkirane considère la lutte contre la corruption comme «un axe prioritaire» et il a promis de mener un combat acharné contre ce phénomène et de promouvoir la bonne gouvernance et la moralisation de la vie publique.
Une volonté qui se trouve  en totale contradiction avec le peu d’enthousiasme manifesté à l’intervention d’Abdelâdim El Guerrouj devant la Chambre des conseillers,  qui a laissé sceptique plus d’un.  En effet, les mesures prévues ressemblent étrangement à celles annoncées par le gouvernement sortant. Mieux, le ministre s’est contenté d’évoquer uniquement le volet  de «lutte contre la corruption» sans piper, pour autant, mot sur les autres chantiers, à savoir l’adoption par les institutions publiques des normes de la transparence et de la responsabilité conformément aux dispositions de la nouvelle Constitution.  Ces institutions sont soumises aux principes et valeurs démocratiques consacrés par la Constitution qui exige également que les établissements publics soient soumis à l’obligation de contrôle et d’évaluation et qu’ils rendent compte de leur gestion des deniers publics.
Abdelâdim El Guerrouj n’a pas trouvé également opportun d’évoquer les règles de bonne gouvernance relatives au fonctionnement des administrations publiques, des régions et des autres collectivités territoriales et des organismes publics. Comme il n’a pas jugé utile de parler de  l’indépendance des instances en charge de la bonne gouvernance ainsi que le statut des agents et fonctionnaires de l’Etat. Un silence qui en dit long sur l’incapacité et le manque de détermination du gouvernement Benkirane à entamer le chantier de moralisation de la vie publique et de rompre avec les pratiques du passé.

Hassan Bentaleb
Jeudi 6 Décembre 2012

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